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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 18:12

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Jean Maurice Caillavel a vu le jour à Toulouse, le 11 janvier 1895.
 
Jean est né de l'union de Charles René Caillavel, représentant de commerce, et de Louise, rentière.
 
Jean aura un frère, Marcel, le 13 septembre 1896, qu'il perdra le 18 septembre 1898 ; mais aussi, une petite sœur, le 27 décembre 1908, viendra redonner joie et bonheur à la famille.
 
Jean vécut les premières années de sa vie dans le quartier de la place Belfort ; il poursuivit les cours au Lycée de Toulouse.
 
A la fin de ses études, il entreprend de suivre la voie tracée par son père, dans les affaires (textile industriel, toile de sac, cordage, etc.).
 
En décembre 1914, Jean n'a pas encore 20 ans, quand il lui est donné ordre de rejoindre la 13e escouade de la 27e compagnie du 50e régiment de Périgueux.
 
Il porte au poignet le numéro matricule 13592...
 
Le 18 décembre, à 14 heures, il se trouve en gare de Matabiau. Louise, sa mère, l'a accompagné.
 
Le 20 décembre, il sont installés à 19, dont quelques copains, dans une chambrée de la caserne Bugeaud, à Périgueux.
 
Début mars 1915, il est affecté à la formation des nouvelles recrues (classe 16), en qualité de soldat faisant fonction de caporal.
 
Le 21 juin 1915, Jean arrive à Mesnil-les-Ruitz, près d'Houdain, dans le Pas de Calais.
 
Jusqu'au 8 juillet, il demeurera à l'arrière du front.
 
Le 9 juillet, il monte au feu durant 14 jours, partagé dans le temps, entre la première, la deuxième et la troisième ligne...
 
Le 24 juillet, Jean est au repos à l'arrière, dans un petit village. Il attend de pouvoir partir 6 jours en permission...
 
À compléter...
 
Vendredi le 18 octobre 1915
 
Lettre entre soldats...
 
"Mon cher Caporal
 
Je tan voie set deux mots pour te faire savoir de met nouvelle met je te direz que je suie aussi blessé comme toi. Je suie blessé a la jambe droite. Je suie det ja bien guérie je me lève tout les joure. Je suis étés blessé le 4 dan le chemin creux an remantan dan la tranchet de premier ligne du cotés de Givenchy lonnétés toupré du village et les boches on bonbardets la tranchet. met je panse que tu le set det ja, et je tasure que sa ma fet de la pênne quan ton madie que Caillavel est tuer. et qu’il an restes si peux a la Compagnie. il mondi qu’ill an restée pluque vin…"
 
Bien sûr, Joseph parle surtout de sa blessure, mais son charabia "sa ma fet de la pênne quan ton madie que Caillavel est tuer" ne laisse pas de doute sur le sort de Jean. Cependant, le caporal Boyer attend une confirmation avant d’informer Louise.
 
Cette deuxième réponse il la reçoit le 28, c’est celle du caporal Buffy. Comme Joseph, il est paysan fils de paysan ; mais sa terre à lui, c’est la Bourgogne, sa récolte, c’est le raisin et ça fait toute la différence. L’argent ne manque pas à la maison et lorsque c’est nécessaire on emploie des journaliers. Ainsi, Auguste, comme son frère Firmin et même sa sœur Laetitia vont fréquenter assidûment l’école et obtenir le certificat d’études. Sa lettre, ainsi que celle de Joseph, Boyer l’enverra à Louise, sans attendre, mais aussi sans trop réfléchir."
 
Le 26 octobre 1915
 
"Mon Cher Boyer
 
Je reçois ta lettre à l’instant qui me surprend et en même temps m’ennuie beaucoup car comme tu le sais ces renseignements sont plutôt terribles à expliquer.
 
Mais enfin je vais te donner des détails :
 
1° Mon cher ami Caillavel est mort, comme le plus brave des braves. Je vais t’expliquer. Il y avait deux jours que nous étions relevés du talus de X que tu connais puisque tu y as été blessé. Nous remontons faire la relève des camarades dans une tranchée qu’ils venaient de s’y emparer à l’instant, aussi au jour les boches nous ont contre attaqué et repris cet élément alors c’est en soutenant cette contre attaque que ce cher ami est tombé mortellement. Je pourrai même te dire que je n’ai jamais vu depuis que je fais des attaques des jeunes gens aussi courageux. Car je te dirai que mon camarade Caillavel m’a sauvé la vie avant de mourir car nous ne restions plus que 7 à la Cie et je te dirai que si je l’avais senti blessé que je ne l’aurai pas laisser.
 
Son corps est resté puisque cette tranchée a été reprise autrement que ça je l’aurai ramené peut être pas à 10 Km mais en arrière.
 
Mon Cher Boyer voici tous les renseignements que je peux te donner à propos de notre regretté Camarade, tu diras à ses parents qu’il a une citation et a droit à la Croix de Guerre.
 
Quant à toi je n’avais jamais eu de tes nouvelles, je vois que ça va très bien même un peu vite. Je te dirai que je garde toujours ta bague en souvenir. Récris moi.
 
Je termine en bien te serrant la main et bien des choses à la famille de Caillavel."
 
A Buffy, caporal brancardier
 
Lettre à la maman de Jean...
 
Madame Caillavel,
 
"Excusez moi bien si je vous écrit cette lettre au Crayon je suis dans les tranchées alors je n’ai pas d’encre.
 
J’ai reçu votre lettre ce matin, lettre qui m’a beaucoup attristé. Car Madame je prends bien part à tous vos Grands Chagrins et si j’avais su que ma lettre au camarade Boyer vous parvienne je n’y aurait pas décrit si cruellement la Mort de mon Camarade de combat Caillavel aussi excusez moi bien. Puisqu’à présent vous savez tout je vais répondre à toutes vos questions.
 
Pour la date c’est autour du 4 8bre je ne me rappelle au juste et était environ 4 heures du soir, que Jean a été touché en pleine tête et par une balle.
 
Madame je vous dirai que la mort a été instantanée et ne s’est ni vu ni reconnu car je vous promets que s’il avait été que blessé tant grièvement que ce soit je l’aurai ramené tout de suite car lui et Boyer nous nous aimions comme 3 frères. Et je n’aurai jamais voulu me sentir défaillir dans un moment pareil. Car ça n’a jamais été mon habitude.
 
Vous me demandez comment votre fils a bien pu me sauver la vie ; c’est en m’avertissant juste à point contre le danger car j’aurais peut être pu faire comme de nombreux camarades rester là sur le champs de bataille et dire que c’est au moment où nous nous croyons en sécurité que nous sommes été séparés malheureusement pour la vie.
 
Je vous dirai que son Corps n’a pu être relevé car l’élément venant d’être pris par ces sales boches. Maintenant nous avons repris la tranchée mais c’était une autre compagnie qui l’occupait. Sûrement que son Corps a été inhumé car c’est un ordre écrit et qui doit se faire ; c’est pourquoi n’étant pas là je ne peux vous renseigner davantage à ce sujet. Mais je vais faire tout ce que je vais pouvoir pour avoir l’emplacement de sa tombe. Chose qui n’est pas facile mais enfin rien n’est impossible et je voudrais que ça puisse atténuer ces grandes douleurs à toute la famille.
 
Jean est tombé en défendant la tranchée comme le plus brave des braves. Je ne peux m’empêcher de vous le dire : il ne sera pas porté disparu sûrement car son avis de décès a été signé par deux types et ça vous sera envoyé par les soins du régiment.
 
Je vous promets que ça m’ennuie beaucoup de vous faire parvenir cette lettre car ce sont des lignes plutôt terribles à lire pour un Père et une Mère.
 
Je vous quitte en bien prenant part à vos chagrins et je serais très fâché de savoir que vous vous gêniez avec moi car écoutez, ça me fait un grand vide à la Cie depuis que je n’ai plus mes camarades Jean et Boyer.
 
Je vous dirai que vous pourrez avec un grand honneur réclamer la Croix de Guerre gagnée si bravement par un fils digne de tout éloge.
 
Je vais vous quitter Monsieur et Madame Caillavel et excusez-moi de toutes ces paroles si dures. Je vous le refit, je suis tout à vous."
 
A Buffy,
 
caporal brancardier
21e Infie 9e Cie Liaison 3 Bon
 

Remarque...
Dans le récit dont les liens sont donnés ci-dessous, pour des raisons trop longues à expliquer, le patronyme de Jean dans le récit est Cavailles en lieu et place de Caillavel.
 
Plus d'info et références à l'auteur : ici
Le livre : ici

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Published by lpzpictures - dans Personnages historiques
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