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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:19

1885-1940 : le Parti Ouvrier Belge

Le POB voit le jour en avril 1885. Sa naissance est le résultat d'un lent processus de regroupement de plus d'une centaine d'associations ouvrières et démocratiques. La plupart d'entre elles, telle le premier Parti socialiste belge fondé en 1879, sont de création récente, mais certaines se présentent toutefois comme les héritières de groupements plus anciens.

Le congrès inaugural du parti eut lieu à Bruxelles, au café Le Cygne. Il prit alors, sur une proposition de César de Paepe, le nom de Parti ouvrier belge (POB) ou Belgische Werkliedenpartij en néerlandais (BWP).

Avant 1885, le mouvement ouvrier connaît, en Belgique, plusieurs phases déterminantes :

- dans les années 1840, le travail de précurseurs accompli par de nombreux intellectuels et beaucoup d'artisans avec l'aide d'exilés étrangers tels Karl Marx ;

- en 1848, l'effervescence révolutionnaire à l'exemple de la France, mais qui s'avère sans lendemain en ce qui concerne la Belgique ;

- à la fin des années 1850, c'est la création des premiers grands syndicats ouvriers ;

- dix ans plus tard, celle de l'Association internationale des travailleurs (AIT).

Issu, en 1885, de la volonté d'organiser toute la classe ouvrière par l'union de ses défenseurs et pour la conquête de réformes progressives, le POB se construit idéologiquement autour de divers courants de pensée socialiste. Cette synthèse sera incarnée par un de ses fondateurs, César de Paepe, puis par le futur président du parti, Emile Vandervelde, principal auteur de la Charte de Quaregnon ; document qui sera longtemps le seul texte doctrinal officiel de l'idéologie socialiste belge.

Dans cet esprit, le parti ouvrier agit dans plusieurs directions. D'une part, il conduit le difficile parcours vers l'égalité politique, en recourant à plusieurs reprises, entre 1890 et 1913, à la grève générale. C'est ainsi qu'entre autre, en 1893, le POB déclenche une grève, dans tout le pays, afin que soit voté le suffrage universel. Des heurts avec la police, lors de manifestations, feront plusieurs morts. A la suite de ces incidents, le vote censitaire (pour celui qui paie l'impôt) est remplacé par le vote plural (valeur ou "poids" différent du votant, suivant son niveau d'imposition). Dans le même temps on voit apparaître l'émergence d'un réseau de mutuelles, de coopératives, de groupes culturels et sportifs et de syndicats…

Dès l'année 1894, le congrès annuel du POB adopte à Quaregnon une charte portant encore son nom, et, qui décrit les fondements et valeurs adoptées par le mouvement socialiste belge. L'organe se définit notamment comme le défenseur de tous les opprimés, quels que soient leur nationalité, leur sexe, leur religion ou "leur race". Durant cette même année, les premiers députés socialistes entrent au Parlement.

Plus tard, le dernier jour de juillet 1914, le parti reçoit à Bruxelles des représentants de plusieurs organisations socialistes étrangères. Lors d'un grand meeting les représentants s'associent dans le but d'une action commune devant empêcher que n'éclate une guerre, celle d'août 1914. Cet espoir sera vain, face à une motion et le vote de crédits de guerre de la part des socialistes tant français, qu'allemands.

Durant la Première Guerre mondiale, alors que l'armée belge combat sur le front de l'Yser, le gouvernement belge s'exile en France, au Havre. Là-bas, le parti socialiste, en ce compris, Vandervelde qui s'est lui-même exilé, suspend son action antimilitariste.

Toutefois, en plein milieu de la guerre (1916), Camille Huysmans participe, à Stockolm, à une rencontre officieuse entre socialistes des pays belligérants ; cela, dans l'espoir de lancer un processus pouvant amener à la paix. Comme on le sait l'exercice s'avèrera sans effet…

Les socialistes prennent part, dès novembre 1918, à un gouvernement d'union nationale, aux côtés des Catholiques et des Libéraux. Ce type de coalition se maintiendra jusqu'en 1921.

En 1919, le suffrage universel est instauré. Le POB obtient d'entrée de jeu septante députés et quatre ministres au gouvernement. Cette période voit se réaliser un ensemble de réformes politiques, économiques et sociales revendiquées de longue date par les socialistes. Ainsi : la liberté syndicale, la journée de huit heures, la pension de vieillesse, l'assurance chômage, une loi promulguée pour contrer l'alcoolisme, la progressivité de l'impôt, en fonction de la hauteur des revenus...

En mai 1921, Joseph Jacquemotte et ses partisans quittent le POB, pour fonder le Parti communiste belge, qui se ralliera, quelques mois plus tard, au Parti communiste, dirigé par War Van Overstraeten. L'ensemble des effectifs formera, ensuite, le Parti communiste de Belgique.

En 1925, le POB devient le premier groupe à la Chambre. Il revient ainsi au pouvoir, allié à l'aile démocrate-chrétienne du parti catholique. Cette coalition de gauche ne durera que quelques mois, et, après une brève tripartite, les socialistes retourneront dans l'opposition jusqu'en 1935.

Face à la crise et à la politique gouvernementale de droite, le POB contre attaque en 1933, en prenant appui sur des théories économiques (Plan du Travail) élaborées par Henri de Man (régime d'économie mixte).

Lors du congrès de la Noël 1933, ce Plan est adopté par le parti. Cette prise de position rompt ainsi, avec plusieurs piliers fondamentaux du marxisme favorables à des socialisations et non à des nationalisations (… des outils de production).

En 1935, le POB revient au pouvoir dans une tripartite avec les libéraux et les catholiques. Le parti ne parviendra toutefois pas à faire accepter ses opinions par rapport au Plan de travail qu'ils ont élaboré…

Des tensions apparaîtront au sein même du groupe.

L'internationalisme et le réformisme de la vieille génération, emmenée par Émile Vandervelde, sont contestés par Paul-Henri Spaak et Henri de Man, qui, pour leur part, proposent un socialisme national visant à restaurer l'autorité.

Les affiliés socialistes ne comprennent pas l'attitude de P.-H. Spaak, en charge du ministère des Affaires étrangères, et, qui désire maintenir la représentation diplomatique belge auprès du gouvernement de droite espagnol. Spaak refuse d'impliquer la Belgique dans la Guerre d'Espagne, faute de représentativité (majorité parlementaire).

En 1936, alors qu'un vaste mouvement de grève bat son plein en Belgique, le gouvernement obtient du patronat la mise en place du régime des quarante heures semaine,  dans certaines industries, ainsi que le paiement de congés payés.

De 1936 à 1940, le parti socialiste participe à plusieurs gouvernements. Il soutient entre autre la politique de neutralité et de réarmement de l'armée. Ces dispositions sont par ailleurs largement soutenues par une majorité parlementaire.

Le 10 mai 1940, lorsque l'Allemagne nazie envahit la Belgique, le parti, unanimement anti-fasciste, fait bloc, avec les autres représentations parlementaires, toutes couleurs confondues.

C'est par ailleurs Paul-Henri Spaak, ministre des affaires étrangères, qui reçoit l'ambassadeur d'Allemagne venu lui signifier la déclaration de guerre de son pays à la Belgique.

Le 28 mai, à l'issue des combats (campagne des 18 jours), et alors que les armées françaises et anglaises sont encerclées (avec des éléments des forces belges, réfugiées à Dunkerque), le roi décide d'une reddition.

Le premier ministre, Hubert Pierlot (catholique) et le ministre des affaires étrangères Paul-Henri Spaak (socialiste) refusent de demeurer en Belgique sous diktat allemand ; ils quittent le pays, sans remettre leur démission au Roi, pour se réfugier en France.

Dans un premier temps installés à Bordeaux, plusieurs ministres, dont le socialiste Camille Huysmans, gagnent l'Angleterre, afin d'y continuer la guerre, avec ce qui demeure des forces belges ayant pu se soustraire aux Allemands.

Les ministres Pierlot et Spaak s'installent d'abord dans le Sud-Ouest de la France, auprès du gouvernement français avec lequel le gouvernement belge a voulu lier son sort (comme en 1914-18). Ce même gouvernement français, qui par ailleurs a dû quitter Paris face à l'avancée de l'armée allemande, se saborde, au cours d'une séance du parlement ("réfugié"). C'est dans ces conditions que le maréchal Philippe Pétain prendra, très peu de temps ensuite, les rênes d'un gouvernement fantoche et collaborationniste, sous autorité allemande.

Pour les ministres belges, mais essentiellement pour Spaak, "marqué" par sa couleur politique, par les Allemands, le périple sera dangereux, pour rejoindre Londres…

Ainsi, Hitler fait savoir, par l'entremise des autorités françaises, que les représentants du gouvernement belge en exil ont perdu toute protection diplomatique sur sol français. Dans ce contexte, et, comprenant qu'ils pourraient être livrés aux Allemands, Pierlot et Spaak quittent "leur refuge" de Sauveterre-de-Guyenne, pour l'Espagne.

Ils parviendront au Portugal, pays neutre, sans encombre, cachés dans le double fond d'une camionnette, afin d'échapper aux fascistes du général Franco, favorables aux  Nazis.

Durant toute la durée de la guerre, les socialistes siègeront dans le gouvernement d'union nationale exilé à Londres. Dès lors, comme durant la période 1914-1918, la représentation belge participera, loyalement à la politique de guerre de la Belgique et de ses alliés.

Par ailleurs, et, dans le domaine militaire, ce gouvernement chapeautera la mise en place d'escadrilles, parmi lesquelles 28 aviateurs belges opéreront auprès des Britanniques, lors de la prestigieuse et décisive bataille d'Angleterre.

Les soldats belges constitueront des forces déployées en Abyssinie (troupes du Congo Belge), au Proche-Orient, ainsi qu'ailleurs.

Sur le plan purement politique, l'action militaire belge offrira à Paul-Henri Spaak (comme à Charles De Gaulle) le moyen d'imposer la représentation de sa nation au sein des pays alliés. P.-H. Spaak sera, dès 1942, officiellement partenaire de l'initiative du Général De Gaulle (Comité des Français Libres).

Par ailleurs, un ambassadeur belge sera nommé, en 1943, à Alger.

Parallèlement à des initiatives impliquant des responsables politiques influents à l'extérieurs de la Belgique (diplomatie), Spaak sera impliqué dans les accords selon lesquels la Belgique fournira aux Américains du président Roosevelt, les minerais en provenance du Congo (uranium, etc.) ; produits qui contribueront de manière significative, pour part, à la victoire déterminante des USA sur le Japon.

Cette politique économique vaudra ainsi, à la Belgique, un crédit financier particulier auprès des Américains. Ces fonds joueront, dès lors, un rôle majeur dans le redressement économique de la Belgique d'après guerre (Plan Marshall).

 

Evolution des rapports sociaux dans les entreprises belges durant les XIXe et XXe siècles

 

Introduction

 

Au XIXe siècle, les avancées sociales, tant dans les mines que pour l'ensemble des autres secteurs industriels, sont mineures, et, la plupart du temps source de conflits. Les patrons souhaitent réaliser de gros profits en sous-payant les ouvriers (prolétaires), et ce, dans le but d'arriver à moderniser leur outil de production (machine à vapeur, mécanisation…). Le patronat ne souhaite en rien que des libertés soient accordées aux prolétaires, de peur que ces derniers s'instruisent, s'émancipent, et finissent par se rebeller contre leurs patrons.

 

1. Les mines liégeoises

 

Dès le XIIe siècle commence l'extraction d'une terre noire propice à produire de la chaleur. Ce matériau portera un nom wallon, la houille. Ce combustible provenant de l'âge du carbonifère contribuera grandement à la prospérité économique de la région liégeoise et de Charleroi. L'exploitation charbonnière ne cessera de se développer durant plusieurs centaines d'années. Grâce aux diverses améliorations techniques apportées dans le sillon de la révolution industrielle, le travail dans la mine s'avère moins dangereux. Toutefois, la nécessité de produire toujours plus, rend l'extraction des minerais plus risquée, en vertu du fait que les ouvriers ont peu de moyen de pression à opposer aux patrons.

La grande grève de 1886 permet toutefois des avancées sociales et matérielles. C'est également à cette époque que démarre véritablement une prise de conscience des laïcs, mais également de certains religieux, tels que l'Abbé Daens à Alost ou l'Abbé Pottier à Liège. Avec l'arrivée au parlement de Daens, les questions sociales relatives au prolétariat font leur entrée au plan politique. Dès lors, une législation sur le travail se met en place ; la représentation ouvrière se structure.

 

2. La situation ouvrière en 1850

 

A cette époque, moitié du XIXe sicle, la politique économique de l'Etat et la question ouvrière se présentent sous deux aspects distincts. D'un côté, il y a les problèmes liés à une législation rétrograde contenant des éléments véritablement discriminatoires à l'égard des ouvriers ; d'un autre côté, en présence de certaines conditions de travail déplorables, la question se pose de savoir s'il ne convenait pas de prendre des mesures prioritairement protectrices au niveau des postes de travail.

C'est dans ce contexte que débutèrent les premières négociations entre patrons et travailleurs, et, que n'acquirent les représentations syndicales.

 

3. Historique des évolutions sociales en Belgique et naissance des syndicats

 

Avant la fin des années 1700 n'existaient seulement que le travail artisanal, les corporations et les guildes ; des organisations structurées par métier et non par positions sociales ; les patrons (maîtres) et travailleurs (ouvriers et apprentis) s'y retrouvaient ensemble.

Seules les associations de compagnons étaient en droit d'exercer une forme de défense professionnelle des travailleurs à l'encontre des patrons.

L'invention de la machine à vapeur, sa mise en production et son commerce à grande échelle (première introduction en Belgique en 1785) permet le recours à d'autres modes et méthodes de production. La mécanisation fait ainsi son apparition en de nombreux secteurs d'activité, où les entrepreneurs, dans un premier temps, font appel à moins de travailleurs ; ces derniers sont dès lors soumis à des conditions de travail et de vie exécrables, inhumaines.

En 1789 éclatent les révolutions brabançonne et liégeoise. Les associations de compagnons prônent des augmentations salariales, la réduction du temps de travail et le paiement des heures supplémentaires… (Déjà !) La loi "Le Chapelier" de 1791, qui doit permettre de libérer l'économie de toute entrave, est promulguée en tous endroits où s'exerce l'autorité française, en ce compris sur le territoire "belge"…

Interdiction est décrétée de constituer des réunions de gens de métier, cela, tant pour les patrons que pour les ouvriers. Toute association ou coalition sera sévèrement punie. Très rapidement, toutefois, des associations, qui souhaitent se prémunir des violences patronales, sont fondées. Ces organes constituent la prolongation des anciennes associations de compagnons, avec une fibre ou une sensibilité sociales marquées par un souci de plus grande solidarité.

 

Avancées sociales et chronologie…

 

1813 : l'âge minimum pour le travail des enfants dans les mines est remonté à l'âge de 10 ans ;

1841 : création du syndicat des mineurs du Centre (Hainaut) ;

1859 : crise économique ; premier syndicat d'ouvriers des tisserands et fileurs de Gand ;

association de quelques mutualités du milieu artisanal et tentative de création d'associations professionnelles à Bruxelles. Apparition des syndicats de la  métallurgie ;

1860 : unification des syndicats de la métallurgie au sein de l'Union des Travailleurs ;

1885 : fondation du Parti Ouvrier Belge (POB) ;

1886 : importantes émeutes à Liège et dans le Hainaut, grève générale et emprisonnement de "meneurs". Alfred Defuisseaux publie son "catéchisme du peuple" en 260.000 exemplaires, afin d'exhorter les travailleurs à s'organiser pour obtenir le suffrage universel ; en Flandre sont créées une série d'associations professionnelles chrétiennes, en réaction au monde socialiste ; les syndicats ont existence légale, toutefois, aucune pression, ni violence ne peuvent être exercées afin d'empêcher le travail d'être exécuté.

1888 : loi portant sur la création de l'inspection du travail ;

1889 : règlement portant sur l'emploi des femmes et des enfants ;

1890 : célébration de la Fête du Travail : à ce propos, en Belgique, ce jour ne sera considéré comme férié, qu'à partir de 1947 (fêter ce jour avant cette date était synonyme de perte de rémunération journalière) ;

1893 : grève générale pour l'obtention du suffrage universel ; le gouvernement accorde le vote plural : seulement les hommes ont droit de vote, sous certaines conditions (propriétaire, dirigeants, statut particulier…) des hommes obtiennent une représentation individuelle comptant 2, voire 3 voix…

1898 : loi portant sur les associations professionnelles et stipulant à quelles conditions les syndicats doivent répondre afin d'obtenir une personnalité juridique. Cette loi contraint le POB et d'autres syndicats, déjà existants, à démanteler leurs structures ;

1900 : premières élections selon le mode du vote plural à la proportionnalité ;

1905 : le repos dominical est instauré ;

1909 : la durée du temps de travail dans les mines est ramenée de 12 à 9 heures par jour ;

16 fédérations flamandes s'associent afin de constituer l'Union des Associations Professionnelles chrétiennes ; quelques mois plus tard, la Confédération générale des Syndicats Chrétiens et libres des provinces wallonnes est créée.

1912 : fusion des ailes wallonnes et flamandes dans une seule et même Confédération des Syndicats Chrétiens, la CSC.

1914 : loi sur l'enseignement rendu obligatoire, qui fait passer l'âge de la scolarité minimum, de 6 à 14 ans : à ce propos, la Guerre 14-18 ne rendra les effets possibles de cette loi, qu'à partir de 1919 ;

1918 : loi sur la journée des 8 heures légales, ainsi que sur la liberté syndicale ; création de la société nationale des habitations à bon marché ;

1919 : le suffrage universel masculin, un homme - un vote, entre en vigueur ;

1921 : instauration de la journée de travail limitée à 8 heures ; la liberté d'association est autorisée par la loi ; la reconnaissance des syndicats est un fait ; le mouvement syndical enregistre des résultats qui font que de 129.000 affiliés en 1914, ses membres passent à 690.000 unités en 1921 ;

1924 : la pension de vieillesse est un fait ;

1925 : création dans chaque commune d'une Commission d'Assistance Publique (qui deviendra plus tard, et, après la fusion des communes, le CPAS (Commission Publique d'Aide Sociale), en 1976 ;

1930 : création du fonds des allocations familiales ; il s'agit en cela d'encourager la natalité et d'augmenter les revenus des travailleurs (ménages), sans toutefois raboter les salaires.

1935 : après les USA et sa grande crise de 1929, c'est au tour du continent européen d'en subir les effets ; le regard porté à l'égard des chômeurs change ; le phénomène apparaît comme une menace potentielle pour tout un chacun ; l'Office National de Placement et de Chômage est instauré ; l'âge de la scolarité obligatoire passe de 14 à 16 ans.

1936 : après une grève générale, qui mobilise un million et demi de travailleurs, le gouvernement vote les premiers congés payés (durée : une semaine) ; dans le secteur des mines on décrète la semaine des 40 heures ;

1942 : les instituteurs, les postiers et les fonctionnaires fondent dans la clandestinité le syndicat général unifié des services publics (SGUSP) ;  

1944 : suite à des négociations menées à Londres, durant la Guerre 40-45, entre syndicats, patrons et gouvernement belge en exil, en décembre 44 sont créés officiellement les fondements de la Sécurité Sociale, avec un fonctionnement tel que nous le connaissons actuellement : ce modèle est basé sur la contribution des 3 piliers que sont… l'Etat ; les travailleurs et les patrons ;

1945 : création, en avril, de la Fédération Générale des Travailleurs de Belgique (FGTB) qui succède à la CGTB ;

1948 : les femmes obtiennent le droit de vote aux élections législatives, alors que sous certaines conditions elles pouvaient se présenter comme candidates aux élections, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, sans pouvoir prendre part au scrutin ;

1960 : durant l'hiver 60/61, le vote de "la Loi unique" provoque des "grandes grèves" qui paralyseront essentiellement la Wallonie, et ce, durant près d'un mois. En Flandre, l'opposition nettement affirmée de l'Eglise aura, pour sa part, des effets dissuasifs. Dans le même sens, en Wallonie, le ton fédéraliste infléchi par André Renard à l'égard de la grève en dissuadera plus d'un d'y participer.

1973 : la Belgique subit le premier choc pétrolier ; le taux d'inflation s'emballe ; la frange de travailleurs sous-qualifiés ou de marginaux que compte le pays (+/- 50.000) va être multipliée par 10, pour attendre le demi million de sans emplois.

La manière de faire des syndicats se transforme ; celle du patronat également. La catastrophe qui s'annonce est de taille ; il est impératif d'envisager autrement les relations sociales. Le moment est choisi ; l'Etat se posera dorénavant en arbitre lors des tensions, ou, pour soutenir financièrement vers une solution.

De nombreuses mesures seront prises mettant fin au processus vers un meilleur progrès social.

1983 : grève générale des services publics contre les mesures d'austérité prévues par le gouvernement "Martens-Gol" ; les différents gouvernements emmenés par un premier ministre CVP mettent en place des processus de démantèlement des acquis de la sécurité sociale ; réponse justifiée afin d'atténuer les effets de la dette sur les finances publiques. Le chômage demeure toutefois élevé, alors que le pouvoir d'achat ne cesse de diminuer. 

1986 : en mai de cette année là, grève des travailleurs des services publics à l'égard des mesures d'assainissement prises par le gouvernement, dans le cadre des pouvoirs spéciaux (sans vote au Parlement) ; 

1988 : changement de gouvernement ; reprise de l'activité économique et légère diminution du nombre de chômeurs.

1990 et plus… : ces 20 dernières années ont été marquées par de nombreuses fermetures d'entreprises et par une politique très contraignante de restrictions budgétaires, nécessaires à réduire le déficit chronique de l'Etat et la compétitivité entre les états.

Les nouvelles technologies, la modification de comportement à l'égard du capital, l'unification européenne, l'euro, introduisent une ère visant seulement le maintien des acquis. Les combats syndicaux changent d'orientation. Ils ne peuvent plus guère être menés pour l'amélioration des conditions de travail… mais bien dans le souci d'un adoucissement des conditions de licenciement : qu'ils soient individuels ou collectifs…

Le régime de la pré-pension et l'appel au chômage partiel se répandent dans tous les secteurs d'activés, sauf en ce qui concerne les fonctionnaires et agents de l'Etat, où là aussi des mesures contraignantes sont prises en terme d'économie.

 

 

Bibliographie


B.S.Chelpner, cent ans d'histoire sociale en Belgique, ULB, 1956 CRISP, dossier n°18: Le système de la décision politique en Belgique, 1983. X.Mabille, dossier: les relations du travail: le rôle des associations de travailleurs et syndicats, 23/02/02 R.Proveur, Panorama d'Histoire sociale de 1830 à 1960, UCL, 1982 Th. Jamin, cours d'histoire sociale et politique, syllabus, Liège, 1998

http://www.wallonie-en-ligne.net/wallonie-histoire/hist-econom-sociale/chap8-1.htm
http://www.blegnymine.be
http://www.cgsp.be

http://www.helmo.be/esas/mapage/apropos/bdliege.html

http://www.emploi.belgique.be/defaultTab.aspx?id=497

 

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