Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 12:47

.

Dimanche 11 novembre 2012 

Par Pierre Havaux

http://www.levif.be/info/actualite/belgique/14-18-l-amer-centenaire-des-anciens-boches/article-4000206251696.htm

.

Ils sont entrés en guerre sous le casque à pointe de l'envahisseur prussien. Ils en sont sortis vaincus, puis décrétés belges malgré eux. Les germanophones abordent le centenaire de la Grande Guerre avec un héritage lourd à porter.

 

Ils passent pour être «les derniers Belges», et ils en sont plutôt fiers. Un siècle plus tôt, ils étaient allemands. Et tout aussi fiers de l'être. En bons et loyaux sujets du Kaiser, casque à pointe sur la tête, ils ont fondu sans états d'âme particuliers sur la pauvre petite Belgique honteusement agressée.

2014-2018 : gros centenaire en vue. La Grande Guerre sera sous les feux de la rampe, durant quatre ans, aux quatre coins du pays. Les Flamands sont à l'offensive depuis longtemps (Le Vif/L'Express du 01/04/2011), Wallons et Bruxellois se mettent en ordre de bataille. A l'Est, rien de nouveau : les germanophones se hâtent lentement, l'arme souvent au pied. «Toujours rien de tangible ne se manifeste de leur côté», observe-t-on au sein du comité organisateur qui supervise les grandes manoeuvres en cours autour des commémorations.

Eviter tout risque de fraternisation

«L'Histoire reste l'Histoire. Jusqu'en 1920, les cantons de l'Est ont fait partie de la Prusse. En communauté germanophone, c'est à des soldats morts sous l'uniforme allemand que nous rendons hommage. C'est la Brabançonne que nous jouons devant nos monuments aux morts, alors que ce n'était pas l'hymne national sous lequel ces soldats sont partis à la guerre. Ces perturbations historiques ne sont pas simples à vivre», soupire Karl-Heinz Lambertz (PS). Le ministre-président de la Communauté germanophone assume l'héritage, au nom des quelque 70 000 Belges qui le sont depuis près de cent ans. «Les soldats de ces régions sont morts aussi pour des guerres inutiles.» Ils n'en sont pas moins partis au combat, d'humeur belliqueuse et en vrais patriotes. «Quand la guerre éclate en août 1914, rien ne distingue les habitants de ces régions frontalières des Allemands. Les journaux d'Eupen et de Malmedy reprennent les articles de la presse de Cologne qui se déchaîne sur les Belges, qualifiés de Serbes de l'Europe occidentale», explique le jeune historien Christof Brüll, sorti de l'université allemande d'Iéna, maître de conférences à l'université de Liège et natif... d'Eupen.

L'envahisseur ne fait pas de quartiers en Belgique. Visé, Tamines, Dinant, Aarschot, Louvain : il sème la mort et la désolation, massacre des civils innocents. Une chance dans tout ce malheur : jusqu'à preuve du contraire, aucun soldat prussien originaire des actuels cantons de l'Est n'a participé aux carnages. «Ces quelque 3 000 hommes, enrôlés dans l'armée impériale, ont généralement combattu sur des théâtres d'opérations extérieurs », souligne Christoph Brüll. On les retrouve sur les fronts français, italien, russe. Par volonté du commandement militaire allemand : il veut éviter tout risque de fraternisation entre les populations frontalières envahies et des soldats d'origine rhénane.

Les Eupenois avaient néanmoins leur unité de référence : le 25e régiment d'infanterie Lützow, du nom d'un général prussien des guerres napoléoniennes. Basé à Aix-la-Chapelle, il est engagé dans l'invasion de la Belgique, mais reste à l'écart des exactions. Saxons et Wurtembergeois se sont chargés de l'épouvantable besogne.

Soulagement. Le centenaire de 1914-1918 échappera à la remontée en surface de haines irréductibles entre descendants de Belges et d'Allemands. Rien ne justifie de maintenir sur la touche l'ancien ennemi devenu compatriote.

Naturellement, les germanophones n'ont pas l'intention de monter en première ligne, entre 2014 et 2018. Ce n'est pas leur heure. « Il est évident que l'essentiel des commémorations liées à la Première Guerre mondiale se passera ailleurs que chez nous», souligne Karl-Heinz Lambertz. Mais le chef du gouvernement germanophone fait assaut de bonne volonté. La contribution de sa communauté au centenaire est toute trouvée : «Nous allons jouer un rôle de pont entre les initiatives du côté belge et celles qui se prendront du côté allemand.»

2014-2018 : profil bas à l'est de la Belgique. Même le centenaire de l'Armistice, en 2018, ne devrait pas inciter à pavoiser. Si ce n'est pour se féliciter, comme tout le monde, de la fin de la boucherie. Mais en gardant en mémoire que, dans les Kreis prussiens d'Eupen-Malmedy, l'arrêt du conflit a eu l'odeur de la défaite. «La capitulation de l'Allemagne a été accueillie avec un sentiment de stupeur incrédule et de résignation», relève Christophe Brüll.

20 septembre 2020 : fête de la Communauté germanophone ?

Passé le centenaire, l'histoire ne fera que commencer pour les germanophones. Une autre date-charnière est déjà bloquée dans leur agenda : 20 septembre 2020. Cent ans, jour pour jour, après l'officialisation de l'incorporation à la Belgique des territoires d'Eupen-Malmedy, décidée un an plus tôt par le traité de Versailles. «C'est l'étape décisive, historiquement fondamentale pour nous», souligne Karl-Heinz Lambertz. Au point que certains caressent l'idée d'en faire la nouvelle date de la fête de la Communauté germanophone. En lieu et place du 15 novembre, qui est aussi jour de la fête du roi, et qui a été retenu en 1990 pour marquer l'attachement au pays et à sa famille royale. Le ministre-président ne rejette pas le débat : «Je n'ai aucune exclusive en la matière.»

Sauf que pour y arriver, il faudra tordre le cou à la vérité historique. Car le 20 septembre 1920 n'a pas été jour de délivrance et de liesse parmi les Allemands versés à la Belgique. C'est le couteau sur la gorge qu'ils ont dû trancher. A l'occasion d'une consultation populaire bidon, où tout avait été prévu pour leur arracher un oui franc et massif.

La Belgique outragée exigeait réparation. Elle réclamait ces territoires qu'elle convoitait depuis longtemps. Mais elle voulait les obtenir en sauvant, mal, les apparences. Ce jour-là, le droit des peuples, des Allemands en l'occurrence, à disposer d'eux-mêmes, en a pris un coup. Une vraie «petite farce» belge, dixit Christoph Brüll. «Cette consultation populaire n'a été ni secrète ni vraiment libre. Les populations, alors surtout rurales, devaient se déplacer jusqu'à Eupen et Malmedy pour protester contre l'annexion. Ceux qui faisaient la démarche devaient s'inscrire nommément sur des listes, en présence d'un fonctionnaire belge», rappelle l'historien. Expulsion du logement, perte de la carte de ravitaillement : la peur de représailles achève d'emporter la décision.

Seuls 271 électeurs sur 33 726 osent encore jouer la carte allemande. Dont 202 fonctionnaires d'Allemagne, qui ne comptaient de toute façon plus moisir dans la région en cas d'annexion. Il fallait bien leur forcer la main : «La crainte d'enregistrer un refus important de devenir belge était réelle, et elle s'est avérée fondée : la population est restée plutôt pro-allemande jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.»

Ainsi s'opère en douleur le passage à l'heure belge. Il est «vécu comme une injustice par la plus grande partie de la population locale». Qui n'a d'ailleurs pas fini de souffrir pour devenir belge. Cinq ans de régime autoritaire et transitoire l'attendent, avant le grand saut vers la nouvelle patrie. Le Premier ministre belge de l'époque, Léon Delacroix, a fait passer la consigne au général Baltia, investi sur place des pleins pouvoirs : «Vous serez comme le gouverneur d'une colonie directement en contact avec la métropole.» C'est le traitement que l'on réserve à des « Belges de seconde zone». 2014-2020 : un centenaire au goût amer à l'Est.

Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 09:45

.

Source : http://www.herodote.net/6_avril_1814-evenement-18140406.php

 

L'épopée guerrière de Napoléon 1er, soit la durée d'une dizaine d'années de guerres presque ininterrompues, se termine en 1814 par la campagne de France et les émouvants adieux de Fontainebleau.

 

La campagne de France

Après la «bataille des Nations», près de Leipzig, au coeur de l'Allemagne, du 16 au 19 octobre 1813, Napoléon 1er et ses troupes ont dû se préparer à une invasion du territoire proprement français pour la première fois depuis une vingtaine d'années !

Les armées alliées, au nombre de trois, se partagent les objectifs. L'armée du nord, aux ordres du Prussien Bülow et du Français Bernadotte, un maréchal passé dans le camp ennemi (avec la couronne de Suède), se prépare à entrer en Belgique. L'armée de Silésie, commandée par le Prussien Blücher, franchit le Rhin du côté de Coblence. L'armée de Bohème, avec l'Autrichien Schwarzenberg, traverse le Jura.

Retrouvant la virtuosité de ses jeunes années, l'Empereur, avec des forces bien moins nombreuses, vole de l'une à l'autre.

Il arrête l'armée de Silésie à Brienne-le-château, en Champagne, le 29 janvier 1814, près de l'école militaire où il a suivi ses études ! Il lui livre encore bataille à Montmirail le 11 février et à Château-Thierry le 12. Il bat ensuite l'armée de Bohème à Montereau le 18 février !

Les Alliés en viennent à douter mais le tsar Alexandre 1er leur fait signer le pacte de Chaumont le 1er mars. Anglais, Prussiens, Russes et Autrichiens s'engagent à ne pas conclure de paix séparée et à maintenir un effectif total d'au moins 150.000 hommes jusqu'à la victoire.

C'est reparti ! Napoléon remporte de nouveaux succès sur l'armée de Silésie à Craonne le 7 mars et à Laon le 9 mars. À Méry-sur-Seine, il contraint l'armée de Bohème à la retraite. Là-dessus, remontant sur Saint-Dizier (haute-Marne), il tente de couper les lignes de ravitaillement des Alliés et de les obliger à renoncer à Paris.

Mais les Alliés, à l'initiative - une nouvelle fois - du tsar, jouent leur va-tout. Ils se dirigent vers la capitale et l'investissent le 29 mars. La ville capitule le lendemain sans se faire prier. Déjà Lyon, Bordeaux, Toulouse... se sont livrées à l'ennemi.

 

La chute du "tyran"

Le 31 mars, après la difficile campagne de France, les Alliés entrent en vainqueurs à Paris. Les habitants, stupéfaits, découvrent les Cosaques campant sur le Champ-de-Mars ! Mais la haine n'est pas au rendez-vous et l'on reste entre gens du monde.

Le 3 avril, le Sénat, habilement manoeuvré par Talleyrand, prononce la déchéance de l'empereur, «coupable d'avoir violé son serment (?) et attenté aux droits des peuples en levant des hommes et des impôts contrairement aux institutions».

De son côté, l'empereur, déconfit, revient en hâte vers la capitale et s'arrête à Fontainebleau avec les 60.000 hommes qui lui restent. Las, ses plus fidèles compagnons, les maréchaux Ney, Berthier et Lefebvre, le pressent d'abdiquer en faveur de son fils, le roi de Rome. Il s'exécute le 4 avril. Le tsar, consulté, ne s'opposerait pas à une régence.

Tout d'un coup, patatras. Voilà que l'on apprend la défection des troupes du maréchal Marmont, duc de Raguse, avec 10.000 hommes sous ses ordres. L'homme se montre prêt à capituler sans en référer à l'empereur. Le tsar, voyant qu'il n'y a plus guère à craindre de Napoléon, exige dès lors une abdication sans conditions et se laisse convaincre par Talleyrand de restaurer la dynastie des Bourbons, en la personne de Louis XVIII, frère cadet de feu Louis XVI.

Acculé par ses propres maréchaux, l'empereur se résigne et signe l'acte d'abdication le 6 avril. Il se voit promettre en contrepartie la souveraineté sur l'île d'Elbe, une principauté italienne à la latitude de la Corse, ainsi qu'une pension de deux millions de francs par an versée par la France. Il conserve le titre d'empereur !

À Paris, le Sénat ne perd pas de temps. Il appelle au trône le frère du roi guillotiné, le comte de Provence devenu Louis XVIII (59 ans).
C'est le «retour des lys» ! Louis XVIII, qui se fait appeler le Désiré (!), quitte sans attendre sa retraite anglaise de Hartwell et débarque à Calais. En route vers Paris, il publie le 2 mai à Saint-Ouen une déclaration dans laquelle il promet un gouvernement représentatif et le respect des acquis de la Révolution. Soulagement chez les Français de tous bords, désireux de retrouver enfin la paix.

 

On se quitte

À Fontainebleau, l'ex-empereur, confiné dans le château, attend en vain l'arrivée de sa femme Marie-Louise et de leur fils, mais ceux-ci ont déjà pris le chemin de l'Autriche. Ses proches et ses compagnons de combat le quittent en songeant à leur reconversion. Le fidèle Berthier s'occupe de transférer l'armée sous les ordres du gouvernement provisoire.

 

Résigné, Napoléon fait le 20 avril ses adieux à la Garde impériale dans la cour du Cheval Blanc du château, devant l'escalier monumental. Il baise avec émotion le drapeau que lui présentent les vieux grenadiers, la larme à l'oeil. Une image de plus pour la légende. C'est ensuite le voyage - discret - vers l'île d'Elbe.

Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article
28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 14:01
Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article
20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:52

.

Le récit de M.C., qui suit, sur le combat de Burkel a été publié, en pages 122 et 123, dans "Nos Héros morts pour la Patrie", sous la direction générale de René Lyr, aux Editions Van der Elst, à Bruxelles, en 1920...

.

"Le 19 octobre 1918, la division de cavalerie de l'armée belge opérait dans les environs d'Oedelem, à 7 km au Sud-Est de Bruges. Comme durant la guerre des tranchées, nos cavaliers combattaient à pied; pourtant l'espace était libre, les chevaux suivaient à courte distance... Qu' il eût été bon de charger !

Le jour était à son déclin, nos lignes de tirailleurs avaient repoussé les arrières-gardes allemandes, mais l'ennemi, installé dans le petit bois de Kattine, semblait décidé à défendre cette position. Plusieurs lignes de mitrailleuses étaient en action et forçaient nos hommes à se terrer. L'ennemi avait l'avantage du terrain, de nombreux couverts protégeant son mouvement de repli sur Maldeghem.

A 16 heures 30, le major Van Strydonck, commandant le 2° groupe du 1° régiment des guides, reçoit un ordre de l'état-major : "Franchir par un coup de force à cheval les lignes de mitrailleuses ennemies. A hauteur de Burkel, se rabattre de chaque côté de la route et prendre l'ennemi à revers ; deux auto-mitrailleuses précéderont la colonne."

Le rêve de tout cavalier: la charge! allait-il se réaliser ?  L'ordre est précis, il se répand, un murmure l'accompagne. Les hommes s'agitent, les yeux resplendissent de joie, déjà les mains se crispent sur la garde des sabres à larges coquilles d'acier. Parmi eux un jeune adjudant, au visage plein de douceur, ne peut maîtriser son impatience. Il va, vient, inspecte ses hommes, caresse son cheval, regarde la route sur laquelle on va bientôt bondir.

La charge! Le plein galop, sabre au clair ! Toutes les aspirations de son ardeur juvénile vont se réaliser... Mais le temps presse, déjà les brumes du soir estompent les lointains. Un bruit de moteur; toutes carapaçonnées d'acier, les deux auto-mitrailleuses longent la colonne. Devant Kattine, la fusillade fait rage. Nos lignes de tirailleurs attirent l'attention de l'ennemi que les batteries d'accompagnement arrosent d'obus.

Bride abattue, un cavalier accourt :

-Mon major c'est l'heure!

Le capitaine-commandant comte F. de Meeus, adjudant-major au 1° guides, apportait l'ordre d'attaque.

Le major Van Strydonck se dresse sur ses étriers et d'un geste large tire son sabre; un bruit de ferrailles passe en l'air, strié de blanches étincelles.

Puis serrant les mains du commandant "au-revoir, Meeus."  Pour un cavalier, la tentation est trop forte: "mon major, je me permets de revendiquer l'insigne honneur de charger à vos côtés."

-Soit...

Automatiquement, sabre au poing, grave, menaçante, la masse s'ébranle et s'enfonce au pas dans la grisaille du soir. Dans les intervalles de la fusillade, on perçoit le souffle ardent des chevaux qui, l'oreille dressée, les narines ouvertes, sentent eux aussi l'approche de la bataille.

Le jeune adjudant, caressant l'encolure de son cheval, est en tête de la colonne. Sa douce figure s'est contractée, sa bouche se plisse en un sourire hautain, les yeux sont rivés vers l'horizon... vers l'ennemi... vers la bataille.

L'espace couvert est franchi, la colonne prend le trot. Au frappement alternatif des sabots sur le pavé de la route se mêle le froissement des cuirs, le cliquetis des sabres... Un grand souffle farouche plane sur cette marée d'hommes qui s'avance semblable à un bélier de bronze.

Subitement dans les brumes mauves du soir apparaissent les lisières du bois de Kattine. Brusquement le chef lève son sabre: "En avant, mes enfants... Pour le roi !"

Et dans cette atmosphère de bataille, où ricanent les balles et miaulent les obus, une clameur immense se lève : "Hourra ! Vive le Roi !..."

Comme un ressort bandé se détend subitement, la colonne prend le galop. Une longue file de bras brandissant des sabres s'agite, les cris redoublent, le galop s'allonge, se précipite. C'est la charge avec son frisson d'épopée. La première ligne de mitrailleurs ennemis est dépassée, la course continue vers le second bois qui cache Burkel. Là les fusilliers-marins de la 4° compagnie, blêmes de terreur, voient venir bondir vers eux ce torrent qui mugit... En joue !

Les deux chefs couchés sur l'encolure de leurs coursiers accélèrent encore l'allure. Tout à coup, le bois s'allume d'éclairs rougeoyants, les chevaux de tête s'écroulent, le commandant de Meeus, frappé à mort, disparaît dans l'affreux tourbillon... Le petit adjudant, transfiguré, radieux, d'un bond a pris la place du chef tombé. Et le soldat de 20 ans et l'officier à cheveux gris, côte à côte, bondissent, sabre baissé vers les Allemands.

Une nouvelle décharge crépite des maisons de Burkel, les chevaux se cabrent, piétinent, bondissent au-dessus des fossés... écrasant des corps. L'auto-mitrailleuse de tête est bloquée en travers de la route. "Pied à terre !" Les cavaliers lâchant leur sabre empoignent leur carabine ; en tirailleurs, sous bois, ils harcèlent l'ennemi décontenancé par ce brusque changement de combat.

17 heures... le feu cesse... L'Allemand est en fuite. La nuit enveloppe le contour des choses, une buée laiteuse se lève de terre, de-ci, de-là un coup de feu... un cri... un râle.

Les unités reformées, dans le bois on procède à l'appel :

 

-Adjudant Van der Cruysen ?

 

Une voix grave répond : "Mort au Champ d' Honneur."

 

 

Voir : www.horizon14-18.eu



 


Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article
19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 13:19

.

La Seconde bataille de Champagne, de septembre 1918 : là où la 4e armée française du général Gouraud remporte une victoire offensive sur son adversaire allemand…  
 
Depuis le 8 septembre 1918, des préparatifs sont en place en Champagne et en Argonne. Le front d’attaque allié porte sur 70 kilomètres.
L'armée française aligne pour l’occasion sept corps d'armée en première ligne. Ainsi, les : 3e, 4e, 9e, 11e, 14e et 38e effectifs qui correspondent à 15 divisions françaises, pour 30  kilomètres, soit, la distance séparant Prosnes de Vienne-le-Château.
Derrière cette première ligne, se tiennent en réserve 12 divisions d'infanterie et 3 de cavalerie.
La première armée américaine du général Pershing dispose, quant à elle, en première ligne, de 3 Corps d'armée. Ainsi : les 1ère, 3e et 5e, représentant 7 divisions, plus, en réserve, 8 divisions (représentant à elles seules, en quantité d’hommes... 16 divisions françaises), sont là pour couvrir les 40 kilomètres qui séparent Vienne-la-Ville des berges de  la Meuse.
La gauche de Pershing, tenue par son 1er corps, est dans le "secteur mort" de l'Argonne, là où toute opération militaire est impossible, où précisément l'évacuation doit être obtenue par les succès remportés dans les secteurs avoisinants.
Devant ce front alliés et, derrière des fortifications "en dur", une partie de la première armée allemande du général von Mudra ; la 3e armée de von Einem, appartenant au groupe d'armées du Kronprinz, et, la Ve armée allemande, appartenant au groupe d'armées de von Gallwitz, se tiennent prêtes.
Les Allemands disposent en ce lieu précis du front de : 20 divisions, dont 4 en seconde ligne (équivalent français : 24 divisions).
Notons qu’au moment du déclenchement des hostilités, 4 divisions accourront en renfort depuis Laon, l'Alsace et le front du Nord…
Les effectifs des adversaires sont donc approximativement équivalents en quantité lors du déclenchement des opérations. Les Français bénéficient toutefois d’un moral d’acier par rapport aux Allemands qui ne cessent d’être défaits et abattus moralement…
Nerveux, les Allemands multiplient les reconnaissances par l’aviation, les coups de sonde, les tirailleries de nuit sans motif apparent.
Ils calquent également leur réaction en fonction du dispositif adopté par la 4e Armée française lors de la dernière bataille de Champagne. Enfin, ils évacuent leurs premières lignes et optent pour un dispositif défensif "tout en profondeur".
Côté français, on se conforte à l'idée que les Allemands "se sentent mal" ; les interrogatoires de déserteurs sont là pour apporter de l’eau au moulin en ce sens.
Le général Pétain a réglé tous les détails de l'opération…
Le transport des unités, venues en renfort de loin, parfois même des Vosges, est effectué de nuit, avec d'infinies précautions, du 16 au 25 septembre.
L'attaque est fixée au 26 septembre.
Dans la nuit du 25 au 26, on relève toutes les unités françaises qui se trouvent encore dans le secteur américain, afin que le général Pershing n’ait pas de souci à se faire quant à l’homogénéité de ses troupes disposées entre l’Argonne et la Meuse.
Le maréchal Foch est là, lui aussi pour bénéficier "du spectacle"…
Il fait établir un poste de commandement aux Trois-Fontaines, près de Saint-Dizier.
Pétain est, quant à lui, retranché à Nettancourt (PDF ici), non loin de Revigny, entre Châlons et Bar-le-Duc. Ainsi les deux chefs de guerre se trouvent en retrait et au Sud du centre des opérations, et, en mesure, là, d’intervenir dans le déroulement de la bataille.
Le 25 septembre, à 23 heures, une préparation d'artillerie est déclenchée. Les coups sont portés par delà les avant-postes évacués, sur les positions défensives réellement occupées par les Allemands, et, dont le plan d’installation est parfaitement connu des alliés (relevés aériens). 
Le 26 septembre, à 5 heures 25, l’infanterie française et américaine se lance à l'assaut. Seuls, les obstacles naturels ralentissent l'élan des assaillants ; les Allemands semblent prostrés dans leurs abris, et, leur artillerie ne réagit que faiblement.
Les objectifs fixés sont enlevés par les Français. 
La 22e division française, celle qui a, entre autres, combattu au Chemin-des-Dames, et, dont le général Spire a pris le commandement, s’empare de ce qui reste de la Ferme Navarin ; les divisions françaises des généraux Michel et Schmidt enlèvent brillamment la Butte de Souain (PDF ici) et le Mont Muret, au cours de combats acharnés où les 149e, 158e, 170e, 174e et 409e régiments d'infanterie, ainsi que les 1er et 31e bataillons de chasseurs qui y laissent beaucoup de leurs hommes.
Là-bas, également, les tirailleurs de la 2e division française chassent l’ennemi de la Butte du Mesnil, et les 163e, 215e et 363e régiments d'infanterie, de la division du général Leboucq, conquièrent les hauteurs de la rive nord de la Dormoise. 
Les 87e, 51e et 272e régiments d'infanterie, de la division Nayral de Bourgon, enlevent aussi la Galoche, les Mamelles et le Fourmilier, par-delà la Dormoise, tandis que les 35e, 44e et 60e régiments d'infanterie de la division Baston s'emparent de Tahure et de sa Butte. 
En un autre endroit des combats, les 230e et 299e régiments d'infanterie, renforcés des 50e, 66e et 71e bataillons de chasseurs de la division du général Lardemelle se rendent maîtres de la Main-de-Massiges, alors que les cuirassiers et dragons de la 1ere division de cavalerie à pied avancent vers Cernay-en-Dormois.
Ce jour-là, l'armée française du général Gouraud fait prisonniers 13.000 Allemands. Elle met également la main sur 300 canons, alors qu’elle porte le front à 5 à 6 kilomètres en avant, en direction du Nord.
Les chars d'assaut français, notamment les FT17 Renault, ont rencontré toutes les espérances.
Les Américains ont pour leur part progressé de manière remarquable, eux aussi ; ils ont, en  profondeur, investi les territoires antérieurement occupés par les Allemands.
En Argonne, le 1er corps d'armée a dépassé, dans sa progression forestière, le hameau de Four-de-Paris (doc ici), au Nord de Ste-Menehould.
Le 5e corps US a enlevé Vauquois (et sa bute), ainsi que Varennes ; le 3e Corps a, pour sa part, refoulé l'Allemand depuis Malancourt jusqu'aux abords de Montfaucon.
De ce côté, il a progressé de 7 kilomètres et a fait 7.000 prisonniers.
Le 27 Septembre est une rude journée de combat. Se sentant en danger du côté de Mézières, Le général allemand von Einem fait appel, après avoir mis en ligne ses dernières réserves, à des renforts, auprès de Ludendorff qui accède à sa demande.
Côté artillerie, les Allemands, pour une fois, pêchent par excès de prudence, au bénéfice des Alliés. Les pièces d’artillerie ont été postées tellement en arrière du front, qu’elles ne peuvent efficacement entrer en action… pour soutenir l’infanterie débordée de toute part…
Les Germains bénéficient toutefois d'innombrables mitrailleuses savamment dissimulées, et, qui entrent en action au dernier moment, lorsque les Français sont à portée de tir immédiat.
Face à des tirs de barrage à l’arme automatique, des contre-attaques allemandes vigoureuses empêchent, en certains points de la zone de combats, les Alliés d’avancer comme ils le voudraient. 
Le 21e corps d'armée française réussit néanmoins à progresser de 2 kilomètres en territoire hostile. Dès lors, il parvient au bois de la Pince.
Le 2e corps français, en dépit des difficultés du terrain, se porte à 3 kilomètres en avant, alors que le 9e corps s'empare de Grateuil et de Fontaine-en-Dormois.
Les hommes du 11e corps subissent de puissantes contre-attaques qui retardent leur progression, sans toutefois arriver à l’entraver.
Les Américains avancent eux aussi sur 2 à 3 kilomètres, en dépit également des vigoureuses contre-attaques que l'ennemi déclenche vers Montfaucon.
Le 28 septembre, le général Gouraud est renforcé sur son aile gauche par des éléments du 4e Corps d'armée français qui, malgré une résistance extrême de la part des Allemands, s'emparent d’Auberive... Endroit où le 103e régiment d'infanterie, de ce même corps d'armée, avait laissé tant de ses hommes sur le carreau en 1915... 
De manière générale, l'ennemi s’est ressaisi ; les effets de son artillerie deviennent de plus en plus meurtriers.
Le 11e corps français s’empare malgré tout de Somme-Py (PDF ici), alors que le 9e a investi la localité de Maure ; les Américains parviennent, quant à eux, à Brieulles, au bois des Oignons, à Binarville ainsi qu’à la ferme d'Ivoy.
Les conditions météorologiques deviennent mauvaises ; la pluie commence à tomber en abondance. Le terrain crayeux de la Champagne, gorgé d’eau, se transforme très vite en un bourbier profond, dans lequel les assaillants éprouvent les plus grandes difficultés pour avancer ou déplacer leur artillerie.
Le 29 septembre, le 9e corps français progresse de 4 kilomètres, enlevant, après de durs combats le Mont Cuvelet, Séchault et Ardeuil.
Pour leur part, les Américains se heurtent à une résistance énergique qui les arrête net, tandis qu'une puissante contre-attaque arrive à leur faire perdre Apremont (PDF ici), une bourgade au-dessus de Varennes-en-Argonne. Toujours à cette date, la 10e armée française borde l'Ailette, tenant Pinon, Chavignon et prenant par la même occasion à revers les positions allemandes de l'Aisne. Foch, saisissant tout de suite l'importance de ce succès, pousse en avant sa 5e armée, qui attendait de pouvoir intervenir, alors que postée derrière la Vesle.
Le 30 septembre, les Allemands résistent férocement devant le 14e corps français, qui n’arrive pas à progresser. Toutefois, le 11e corps, qui tient Somme-Py, s’introduit profondément dans le dispositif ennemi. Le 21e corps dépasse brillamment le ravin d'Aure.
Le 2e corps gagne également du terrain. Le 9e occupe Marvaux ; il pousse ses tirailleurs jusqu'aux abords de Monthois. Le 38e Corps, de son côté, prend pied dans le bois de La Malmaison, alors que la 1ère division de cavalerie à pied s'empare vaillamment de Condé-lès-Autry (PDF ici).
Durant cinq jours d’offensive, les Armées de Gouraud et de Pershing ont réussi à progresser de 12 kilomètres en s'enfonçant dans le dispositif ennemi. Elles menacent à présent l'Est du massif de Moronvilliers, où l'armée du général F. von Bülow enserre étroitement Reims, et, avec le massif de Moronvillers sous son contrôle, le flanc oriental du Chemin-des-Dames. 
Depuis le 8 septembre, Ludendorff sait qu’il fait courrir un grave danger à ses divisions engagées dans le saillant de Laffaux.
Ce même-jour, après une tentative d’anéantissement des hommes de Mangin, au moyen d’une violente préparation d'artillerie exécutée au moyen d’obus à charge toxique, von Boëhm a entamé un retrait tactique derrière le canal de l'Oise à l'Aisne.
Le général Mangin, immédiatement averti du départ de l'ennemi par l’entremise d’un déserteur lorrain, a fait avancer son armée. Il talonne et bouscule à présent les arrière-gardes allemandes, et, dans la foulée, s'empare du fort de la Malmaison. 
A 5 heures 30, Berthelot se porte en avant, avec les 3e, 5e et 20e corps, sur un front d'une vingtaine de kilomètres, entre Braine et Jonchery(-sur-Vesles) (PDF ici).
Le soir, malgré une résistance acharnée de la part des forces allemandes, les trois Corps d'Armée ont rejoint l'Aisne. 
Le 1er octobre, le général Berthelot poursuit son avancée et refoule l'ennemi sur une profondeur moyenne de 4 kilomètres, enlevant Maizy et Concevreux. Ses troupes font, en deux jours, plus de 2.000 prisonniers.
Le 2 octobre, le 38e corps, du général Gouraud, s'empare du nœud ferroviaire de Challerange, pendant que la 1ere division de cavalerie à pied parvient aux abords de Vaux-les-Mourons et d'Autry,… débordant par l'Ouest la défense de l'Argonne, alors que Pershing opère quant à lui par l'Est.
A l'Ouest de Reims, Berthelot progresse vers le bois de Gernicourt. Au soir, il atteint les abords de Loivre et de Courcy (PDF ici), au Nord de Reims.
Le 3 octobre, le général Gouraud précipite l'encerclement de la région des monts. Il pousse en avant son corps armé qui, après avoir enlevé le Fort Médéah, les crêtes du Blanc-Mont et de la Croix-Gilles, tout en ayant capturé 3.000 Allemands, réussit, dans la soirée, à atteindre les rives de l'Arne.
Parallèlement, Berthelot commence à faire franchir à ses troupes le canal de l'Aisne, alors qu’il menace, par Berry-au-Bac, les voies de communications allemandes des défenseurs de Brimont.
Le 4 octobre, Gouraud poursuit la manœuvre en franchissant la Py, en enlevant Saint-Souplet et Dontrieu, et en refoulant l'ennemi jusque derrière l'Arne. Par cette action, il arrive à déborder aussi largement qui lui est possible, par l'Est, le massif de Moronvilliers.
L’opération des généraux Gouraud et Berthelot ne se fait pas attendre. Bien que si von Einem résiste encore énergiquement, et qu’il réussit même un moment, par un vigoureux retour offensif, à arracher Challerange ; de son côté, le général von Bülow juge une manœuvre de repli inévitable…
Dans la nuit du 4 au 5 octobre, les autorités allemandes font détruire les approvisionnements en vivres et en munitions accumulés dans le massif des monts et dans les forts de Reims.
Le 6 octobre, au matin, Brimont, Bourgogne, Bétheny, La Pompelle, Beine et Moronvilliers sont évacués. 
Les éclaireurs français ont conservé le contact avec l'ennemi. Tout donne à penser, au vu de la manière dont il se défend, aux incendies qui éclairent la nuit, dans la vallée de la Suippe, que le mouvement de repli allemand n’en est qu’aux prémices…
Le 6 octobre encore, le général von Bülow recule toujours.
Le 7, il est sur la Suippe, où les avant-gardes françaises de Gouraud lui enlèvent Pont-Faverger. 
Les résultats engrangés lors de la bataille de Champagne, grâce aux actions menées par les 4e et 5e armées françaises et par la 1ere armée Américaine, sont des plus profitables. La ligne Hindenburg est disloquée, alors qu’une brèche de 70 kilomètres s’étend de Suippe jusqu'à la Meuse.
Les 1ere, 3e et 5e armées allemandes ont engagé toutes leurs réserves dans la bataille ; ces unités sont sur le point de s’effondrer. 
Face au seul Gouraud, sur 13 divisions allemandes engagées, trois ont été détruites. Les 42e et 103e division, ainsi que celle de l’Ersatz bavaroise, ont abandonné, aux mains des Français, trois-quarts de leurs effectifs…
Trois divisions (+/- 45.000 hommes) sont anéanties…
Sept autres ont éprouvé des pertes considérables, mais luttent encore, avec des effectifs restreints, sans savoir combien de temps elles pourront encore "tenir".
Pendant ce temps Reims est désenclavée, et cela, pour la première fois depuis 1914 !
L’ennemi est enfin refoulé à une distance de sécurité de 30 kilomètres de ses faubourgs.
Ce choc a un prix, à hauteur de... 27.000 prisonniers allemands pour 500 canons tombés aux mains des Alliés.
                              
 


PDF  "1918 : l'année de la victoire ; juin 1918 : la relance des offensives allemandes ; auteur inconnu" ici
PDF  "1918 : l'engagement de la 2e D.I.-U.S.; Le Thiolet" ; auteur inconnu" > ici
Visible sur : www.horizon14-18.eu
Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article
19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 13:13
.

 

(La Marne constitue l’objectif visé par l’opération)
 
Le Chemin des Dames
 
L’offensive du Chemin des Dames de 1918 fait suite aux offensives allemandes dans la Somme et en Flandres (Région d’Ypres, vers Arras,…) en avril de la même année…
Malgré de nouvelles tentatives contre la ville d’Amiens, le général Ludendorff avait dès le début d'avril, tout espoir de percer le front français de ce côté-là du champ de bataille.
Un ordre de la XVIIIe armée, trouvé sur un prisonnier allemand, conseillait de détailler les opérations dirigées contre Amiens, cela, déjà avant le 6 avril…
L’importance de l’information fut telle que Foch, après avoir cru un instant à une offensive décisive, sur Calais et sur les ports de la Manche, décida de porter des effectifs plus à l’Est, afin de renforcer les rangs anglais du maréchal Haig…
 
Les forces allemandes
 
Depuis le début d'avril, Ludendorff vide la poche d'Amiens.
A cette date, le général Oskar von Hutier disposait encore de 27 divisions ; mais au début de mai, il n'y en avait plus que 14.
En revanche, le front entre l'Oise et Reims, tenu par la VIIe armée du général von Boehm, depuis Chauny, jusqu'à Berry-au-Bac, et, par la Ie armée du général Fritz von Bülow, depuis Berry-au-Bac jusque vers Saint-Souplet, en Champagne, était puissamment renforcé à partir du 19 mai.
En particulier, dans la région comprise entre Chauny et Berry-au-bac, face au Chemin des Dames, se trouvaient massées le 26 mai :
- entre Chauny et Leuilly, sur 20 kilomètres de long, 3 divisions en première ligne et 2 divisions en réserve ;
- entre Leuilly et Berry-au-Bac, sur 45 kilomètres, devant le Chemin des Dames, 15 divisions en première ligne ; 7 divisions en deuxième ligne et 8 divisions en réserve ;
- entre Berry-au-bac et Reims, sur 10 kilomètres, 5 divisions en première ligne ; 1 division en deuxième ligne et 1 division en réserve.
42 divisions, -effectif équivalent à près de 55 div. françaises-, étaient donc réparties sur un front de 75 kilomètres de large, et, particulièrement, 30 divisions sur le front de 45 kilomètres correspondant exactement à celui du Chemin des Dames.
Sur ce terrain se trouvait ainsi une division pour 1.500 mètres, soit en moyenne, 5 combattants, par mètre courant.
Le dispositif contera, outre 2 batteries de 77mm d'accompagnement par 100 mètres de front d'attaque, 180 batteries de contrebatteries, destinées à réduire au silence l'artillerie française.
Tout ce matériel, qui comprend un nombre important de pièces à longue portée, est en place depuis longtemps. Cette configuration facilitera grandement, on le verra plus tard, l'effet de surprise sur lequel l'Allemand pourra compter le jour de l’offensive venu.
Côté allié
 
De son côté, la VIe armée du général Duchêne est répartie sur un front d'environ 90 kilomètres de longueur.
Les effectifs comprennent :
- le 30e corps d’armée (55e, 19e et 151e divisions d’infanterie ; la 2e division de cavalerie à pied) qui s’étend de l'Oise jusqu'à la voie ferrée Soissons-Laon ;
- le 11e corps d’armée (61e, 21e et 22e divisions d’infanterie) s’étale de cette voie ferrée jusqu’au bois de Vauclerc ;
- le 9e corps britannique quant à lui (5e, 8e et 21e divisions d’infanterie) est disposé du bois de Vauclerc à Reims ; il compte, sur sa droite, la 45e division française.
Derrière le front, se trouvent disponibles en réserve, les 13e, 39e, 74e, et 157e divisions d’infanterie plus la 4e division de cavalerie à pied.
Notons qu’à ce moment précis de la bataille, plusieurs des unités citées sont éreintées ; elles ont été placées là, "dans ce secteur calme", pour se reconstituer ; s’y reposer (!).
La 22e division, la 39e et la 2e division de cavalerie à pied, ainsi que la 45e  division ont été fortement éprouvées par les combats de la fin mars.
La 151e division vient, quant à elle, de subir de grosses pertes à Coucy-le-château, les 6, 7 et 8 avril. Les divisions britanniques de leur côté ont combattu déjà, par trois fois, depuis les deux derniers mois écoulés. Ces combattants ont d’ailleurs perdu la moitié de leur effectif ; ils sont à bout de souffle.
Outre cela, 4 divisions "fraîches", pour ce qu'elles n'ont pas dû participer à de violents combats, sont disposées dans ce secteur du front, depuis cinq à six mois. Elles, aussi, auraient grand besoin de se reconstituer physiquement…
Au total, ce sont approximativement 16 divisions, en manque de repos qui stationnent en ces lieux de la ligne du front, face à 42 divisions allemandes. Et, parmi celles-ci, pas n’importe lesquelles, puisqu'y figurent les fleurons de l’armée allemande, tels des éléments du Corps alpin, 4 divisions de la Garde et la légendaire division de Brandebourg.
 
Le terrain
 
La position présente tous les avantages entre Ailette et Aisne…
L'Ailette forme le fossé et la forteresse est constituée par un terrain abrupt que barrent des précipices. Outre cela, des creutes (carrières souterraines ou habitations troglodytes en Picardie) immenses permettent de soustraire les troupes au feu de l’artillerie et à la vue de l’ennemi.
La première position de défense comprend : une ligne avancée ; une ligne principale de défense ; une ligne de soutien et une ligne de réduits. Elle est située au pied des pentes, immédiatement derrière l'Ailette.
A six kilomètres en arrière se trouve une position intermédiaire ; une ligne de tranchées qui court à contre-pente, par delà la crête, et, parallèlement au Chemin des Dames ; par conséquent abritée des tirs de l'artillerie.
Au Sud de l'Aisne, qui forme un deuxième et puissant obstacle, une deuxième position est organisée, au pied de laquelle toute attaque, par surprise, depuis la première position aurait à s'écraser dessus.
Malheureusement, pour garder cette région sous contrôle, les moyens en hommes et en matériel sont tout à fait insuffisants.
Chaque corps de l'armée du général Duchêne tient un secteur d'une trentaine de kilomètres.
La 22e division, reconstituée après les combats de la Somme, est devant Craonne, en liaison avec le 9e corps britannique qui couvre Berry-au-Bac et Reims.
Dix mille combattants s’étirent sur un front de 14 kilomètres.
Sur la gauche, la 21e division tient, pour sa part, 11 kilomètres de front.
Ces divisions occupent, de la sorte, la première position de défense, au moyen de la quasi totalité de ses moyens en hommes et munitions. La position intermédiaire est, quant à elle, assurée au moyen de simples garnisons de sûreté, appuyées par quelques compagnies de mitrailleuses.
Etant donné l'étendue du front, la première ligne, en elle-même, n'est pas homogène. Ainsi, elle n’est que simplement tenue par un ensemble de groupes, de sections et de demi-sections installées dans des réduits cerclés de réseaux de fils de fer barbelé, flanqués en profondeur à des distances variables, et, quelques fois, assez conséquentes…
Les défenseurs de ces "îlots" sont équipés d'armes automatiques et de grenades.
Mais, considérant les espaces qui séparent les zones fortifiées, il est évident que la prise d'un seul de ces réduits pourra causer de graves préjudices dans le dispositif de défense français…
L'artillerie, soutien des divisions de première ligne, est installée près des positions intermédiaires. La deuxième position, quant à elle, doit être soutenue par les divisions qui se trouvent au repos, à l’arrière du front, dans la région de Soissons…
Le Haut Commandement allié n'ignore pas la situation, dont la responsabilité ne lui incombe pas, sachant que pour soutenir le front britannique, qui représente au plus fort de la guerre 1/3 du front global, et, qui est sur le point de céder ; il lui a été urgent de dégarnir en hommes l’ensemble du front français.
On sait que pour protéger efficacement les axes vitaux de connections entre Paris et les ports de la Manche, les Alliés avaient dû masser, à toute fin utile, et, de ce côté-là du front, la majeure partie de leurs réserves.
La Champagne, la Lorraine, l'Alsace étaient, tout autant menacées que le Chemin des Dames, alors qu’aussi dégarni en défenseurs…!...
Le Chemin des Dames avait toutefois l'avantage d'offrir, à la défensive, de remarquables positions, susceptibles d’ébranler la confiance que l’ennemi aurait pu encore avoir en ses propres troupes, à ce moment précis de la guerre.
Foch sait à l’instant même qu’il se trouve face à une armée plus imposante et mieux équipée que la sienne, que le temps presse en attendant les renforts américains...
 
Les préparatifs
 
De part et d’autre du front, on a conscience de l’imminence d’une grande bataille. Depuis le début du mois de mai, les indices probants se multiplient à la connaissance des états-major.
Les équipements allemands venus du front de l’Est (Russie) continuent d’affluer en même temps que les 40 divisions germaniques assorties d’une partie de l'artillerie autrichienne.
Les secteurs d’Ypres, de Calais, d’Amiens, de Compiègne et de Chalons paraissaient plus particulièrement menacés.
Devant le Chemin des Dames, au contraire, le calme demeura quelque temps profond. Ce fait s'avérera à cause des conditions du secret liées à la préparation de l'attaque et émanant du tout haut commandement allemand lui-même.
Ainsi, et, afin d’être particulièrement discret… six divisions seulement furent transportées par voie ferrée ; vingt autres gagnèrent leurs positions de combat par le biais d’une série de marches de nuit.
Durant le jour, et dès 4 heures du matin, plus aucune colonne ne circula. Les effectifs allemands furent systématiquement abrités durant la journée ; les rues des cantonnements furent tenues désertes, afin de ne point attirer l’attention de guetteurs ou de l’aviation alliés.
Les itinéraires de circulation furent calculés de manière à éviter que deux régiments de brigades différentes ne puissent se croiser ; chaque unité restant, qui plus est, dans l'ignorance absolue de tous mouvements généraux.
De même, les cantonnements furent rigoureusement consignés aux militaires des unités voisines. Ainsi, jamais une localité particulière n'abrita des éléments appartenant à des divisions différenciées.
Les mouvements d'artillerie firent l'objet d'une attention particulière. Toute nuisance sonore fut évitée dans le voisinage immédiat des secteurs d'attaque.
Au sein des batteries amenées à prendre leurs positions de combat, les roues des voitures furent matelassées, les sabots des chevaux enveloppés de chiffons et même, les organes des pièces furent protégées de manière à éviter tous cliquetis métalliques intempestifs.
C’est ainsi qu’au soir du 26 mai, l’ensemble du dispositif fut à pied d’œuvre devant les positions françaises du Chemin des Dames.
Ainsi…, dix divisions allemandes face à la 22e ; six devant la 21e et cinq contre la 61e !
Une chance toutefois pour les Alliés, malgré les minutieuses précautions prises lors des préparatifs germains commencés le 1er mai, certains faits furent éventés dès le 23e  jour de ce même mois…
Comme au temps de Verdun, des déserteurs passèrent du côté allié. Ainsi, le général de Maud'huy, commandant le 11e corps, sut de manière précise, le 26 mai à midi, que le Chemin des Dames serait attaqué, dès la nuit suivante, à 3 heures du matin…
La seule surprise ne porterait -"que"- sur les seuls moyens qui seraient mis en œuvre, par les Allemands, afin de percer le front allié…
 
L’attaque
 
Le 26 mai, à 17 heures, le général Duchêne alerte la VIe armée.
A 19 heures, le branle-bas de combat est activé en tous lieux des positions alliées.
A partir de 20 heures, l’artillerie de divisions, renforcée par tous les moyens disponibles, exécutent des tirs de harcèlement et de barrage prévus par le plan de défense. Ainsi, l’artillerie fait pleuvoir une pluie de projectiles de tous calibres sur les voies d’accès et les points de passage obligés des positions arrières de l’ennemi.
A la nuit tombante, des détachements allemands tentent de jeter des ponts de fortune sur l’Ailette. Ils sont immédiatement pris à partie par les mitrailleuses françaises ; ainsi, dans un premier temps, ils doivent renoncer à leur projet de franchissement du cours d’eau.
En même temps, le général Duchêne fait occuper la deuxième position, au Sud de l'Aisne, par la 157e division.
Le 27 mai, à 1 heure du matin, l’artillerie allemande déclenche un tir d'une extrême violence sur tout le terrain compris entre les premières lignes françaises et leurs unités d’artillerie, en même temps que les pièces lourdes exécutent un tir d’interdiction puissant afin d’empêcher toute progression allemande en territoire ou zone conquis.
Quatre mille pièces, de tous calibres, hurlent en même temps face à 1.030 canons français réunis à grand peine, et, qui se révèlent très vite insuffisants, malgré l’héroïsme des servants.
L'air empeste des rejets de gaz toxiques ; l’ennemi faisant surtout usage d’obus au gaz chargés d’ypérite.
Les batteries françaises sont, une à une, réduites au silence.
Les réduits de la première ligne sont écrasés, labourés, nivelés ; les mitrailleuses détruites.
A 3 heure 30, la fumée s'est à peine dissipée que les défenseurs survivants, hébétés, voient surgir, dans la semi-obscurité, l’infanterie allemande.
Dès le commencement de la préparation d’artillerie, les régiments de première ligne, ceux devant attaquer, s’étaient amassés à l’avant de leurs tranchées. Là, ils avaient franchi l’Ailette au moyen de passerelles de fortune ; ils étaient venus se rassembler tout près des réseaux de barbelés dans lesquels, à l’abri du feu de leurs canons, ils s’étaient hâtés de pratiquer des brèches à la cisaille.
Les groupes d’éclaireurs allemands emmènent chacun avec eux une compagnie équipée de lance-flammes, de renfort en mitrailleuses, ainsi qu’une batterie d’artillerie.
Les Germains semblent tout submerger sur leur passage, telle la marée.
Cette masse humaine progresse en avant, sans se préoccuper des intervalles qui doivent en principe être conservés, tels que ceux prescrits au règlement, au sein des troupes d’assaut françaises.
La masse humaine se ramifie en une multitude de petites colonnes s’infiltrant, à la façon d'un liquide, partout où elle en a la capacité. Ainsi, par ces voies d’accès cheminent, glissent, se faufilent partout des hommes munis de mitrailleuses, de mitraillettes (pistolets mitrailleur Bergmann), de fusils, de pistolets... formant ainsi un véritable et formidable barrage roulant capable d’une grande puissance de feu mobile...
Quelques îlots français, non atteints par l’artillerie, opposent une résistance farouche et désespérée.
Les braves qui occupent les lieux ne songent guère à se rendre, -le sauraient-ils ?-, avertissant comme ils le peuvent les camarades de l’arrière au moyen de leurs postes émetteurs, de pigeons voyageurs, de fusées...
Ils meurent sur place. Ainsi, pas un seul homme du bataillon Chevalier, du 64e régiment infanterie, ne reviendra de cet enfer.
Les unités de soutien, revêtues de masques, contre-attaquent vigoureusement, poussant jusqu’aux dernières limites l’esprit de sacrifice qui les anime.
Vers 8 heures du matin, les 21e et 22e divisions, dont les premières positions sont submergées, et, dont les réserves sont engagées dans des contre-attaques suicidaires, sont totalement anéanties.
L’ennemi grignote peu à peu, mètre par mètre, centimètre par centimètre, le Chemin des Dames.
Le terrain est disputé pied par pied.
Les généraux Dauvin et Renouard, commandant les 21e et 22e divisions, se retrouvent bientôt seuls à diriger leurs bataillons complètement disloqués, décimés…
Les reliquats des régiments combattent, entremêlés en un bloc uni, sur une seule ligne. Ainsi : la 21e division, le 64e RI, le 93e RI et le 137e RI ; la 22e division, le 19e RI, le 62e RI et le 118e RI rivalisent d’héroïsme.
Cinq colonels sur six sont ensevelis dans leur poste de commandement. Tous les chefs de bataillon de la 22e division sont morts... C’est l’enfer sur terre, l’horreur absolue.
Dès 5 heures du matin, le général de Galembert, commandant la 157e division, qui a pour mission de défendre la deuxième position, reçoit l’ordre d’envoyer 4 bataillons au Nord de l’Aisne, pour appuyer la 22e division.
Mais alors que ces 4 unités ont à peine franchi la rivière, elles tombent sous un feu violent provenant de l’infanterie et de ses mitrailleuses, et, d'un ennemi qui occupe déjà le Chemin des Dames.
Après un bref moment de surprise, ces bataillons se déploient, baïonnette au canon, face aux Allemands ; ils entrent au contact avec eux dans un affrontement bestial…
Anéantis, blessés, ces hommes demeurent sur place, alors que des éléments des 21e et 22e divisions sont repoussés, vers l’Aisne, par un ennemi supérieur en nombre.
A ce moment de la bataille, il ne demeure plus, en deuxième ligne de front et à la défense des ponts sur l’Aisne, que… 4 bataillons de la 157e division, 1 du 214e, 1 du 233e et 2 du 252e…
Vers 10 heures du matin, le 9e corps britannique, ayant été refoulé sur la droite de l’offensive, leur position est enlevée, à revers, via Villers-en-Prayères (PDF ici).
Le corps d’armée allemand du général Vichura progresse vers Vailly ; de Pontavert à Reims, toute la ligne de défense française est enlevée, au même titre que le Chemin des Dames.
La VIe division de réserve bavaroise, ainsi que les Ve et VIe divisions ont débordé la forêt de Pinon, en réussissant à s’infiltrer par les ravins de Vauxaillon et de Chavignon. Les troupes allemandes sont parvenues à arracher le Massif de Laffaux, à la 61e division française.
A 11 heures, 12 divisions allemandes bordent l’Aisne depuis Chavonne, jusqu'à Berry-au-Bac et Reims. Le XVe corps, quant à lui, refoule les divisions britanniques.
Vers midi, l’Aisne est franchie par les divisions allemandes et les reliquats du 11e corps français.
Les positions de la deuxième ligne, trop faiblement défendues, sont encerclées et submergées ; et, le soir, à 20 heures, les Allemands ont atteint la ligne Vauxaillon, Vrégny, Braine, Bazoches et Fismes.
Sur un front de 30 kilomètres, ceux-ci ont creusé une poche d’une vingtaine de kilomètres, franchi l’Ailette et l’Aisne. Ils bordent également la Vesle, après avoir annihilé les divisions françaises de première ligne.
De la 22e division, guère d’hommes ont échappé au massacre. A peine y a-t-il là la quantité nécessaire à réunir deux compagnies… à reconstituer au moyen de permissionnaires rentrés le soir, de quelques prisonniers évadés, ainsi que des hommes des convois.
La 21e division a perdu un total de 160 officiers et de 6.000 hommes.
La 157e division ne compte guère plus de 1.200 hommes ; la 61e, à peine 800.
Les fragments des 19e, 62e, 64e, 93e, 137e, 214e, 219e, 252e, 264e, 265e, 333e et 118e régiments d’infanterie, auxquels se sont joints quelques artilleurs des 35e, 236e et 251e régiments de campagne, continuent de tenir tête à l’ennemi, de se battre héroïquement, se disputant le terrain, alors que les batteries demeurent là, faute de servants… le personnel étant soit asphyxié, soit tombé aux mains de l’envahisseur.
La nuit n’arrête pas pour cela la poursuite. Grâce à leur grand nombre, les Allemands arrivent à manœuvrer de façon à disloquer les effectifs du 9e corps britannique et de la 22e division française.
Fort heureusement pour les Français, des auto-canons et des auto-mitrailleuses, du 1er corps de cavalerie arrivent de Fismes. Ainsi, temporairement, cette brèche béante dans le front allié est provisoirement endiguée.
Le 28 mai, à 1 heure du matin, la Xe division allemande franchit le cours d'eau près de Bazoches(-sur-Vesles), à mi-route entre Soissons et Reims (PDF ici) ; elle pousse ensuite son avance en direction des bois de Dôle.
La Ve division de la Garde franchit la rivière, à l’Est de Fismes, et marche sur Courville.
Débordés sur leurs deux flancs, attaqués de front par deux divisions, les défenseurs de Fismes se replient vers deux heures du matin.
A midi, toute la ligne de la Vesle est perdue, et, les Allemands, contre lesquels les Français ne peuvent opposer de forces suffisantes, progressent lentement au Sud de la rivière, portant surtout leurs efforts sur les ailes de leur percée, afin d’agrandir la trouée.
Vaine tentative que la leur… En d’autres endroits où se porte l’attaque, comme sur le plateau de Crouy, les deux pivots, que constituent Soissons et Reims, tiennent bon. Fort heureusement, ce jour-là, l’avancée ennemie ne couvre "que" 5 à 6 kilomètres !
Devant la rupture inattendue et "trop aisée" de la première ligne alliée, le Haut Commandement allemand se surprend lui-même quant au fait que la "démonstration" initiale se soit transformée en une opération aussi retentissante dans ses effets…
Après ce coup d’éclat, la plupart des divisions allemandes, considérant comme atteint l’objectif qui leur avait été assigné, s’organisent le 28 au soir, sur les positions conquises.
C’est le moment que choisit l’état-major de Ludendorff' pour s’adresser aux troupes victorieuses…
Le message reprend en substance ce qui suit : Le combat prend désormais le caractère d’une guerre de mouvement, avec poursuite de l’ennemi, de manière rapide et ininterrompue. Aucun répit ne doit être laissé à notre adversaire, même durant la nuit. Ne point s’attendre mutuellement lors des progressions en territoire conquis…
Par le biais d’un communiqué à la presse, les autorités allemandes font état de l’importance des retombées stratégiques liées à la chute du Chemin des Dames. De la valeur morale que peut avoir cette défaite infligée à une armée française ayant à devoir prendre à sa charge l’étendue de la catastrophe militaire, alors que se sachant le pilier central du rempart armé de l’Entente.
On célèbre, côté allemand, la prestigieuse habileté dont a usé un haut commandement qui, non seulement, a su percer le centre du dispositif de la défense de Foch, qui plus est alors que les réserves alliées avaient été savamment attirées en d’autres lieux du front.
L’accent est également mis sur le formidable déplacement de forces, qui a été réalisé dans un secret fermement maintenu.
 
Pendant ce temps Paris souffre…
 
Les avions survolent et bombardent la capitale toutes les nuits, alors que les impressionnants  obus de la "grosse Bertha" s’abattent, toutes les deux ou trois heures, çà et là, sur les habitations ; pendant que Georges Clemenceau lance en cette période de grande incertitude à la tribune de la Chambre :
"Nous remporterons la victoire si les pouvoirs publics sont à la hauteur de leur tâche. Je me bats devant Paris; je me bats à Paris ; je me bats derrière Paris."
Pénétré d'un imperturbable optimisme, le Président du Conseil s’emploie ainsi à motiver les Français, alors que 600.000 Américains débarquent sur le sol français, et, que bien d’autres arriveront ensuite.
La première armée américaine, forte de 5 divisions, est dépêchée sur secteur.
Elle est commandée par le général Ligget, dont le quartier général est à Neufchâteau.
Six divisions de la 2e armée sont à l’instruction, ainsi que trois divisions de la 3e armée.
Foch demeure serein. Il est convaincu que l'ennemi sera arrêté dès que les réserves auront pu être amenées dans les tranchées. A cet effet, il a fait prendre les mesures nécessaires pour que des troupes fraîches arrivent au plus vite sur le front.
Dans la nuit du 28 au 29, et, devant les progrès réalisés par l'ennemi, le généralissime commandant toutes les armées (Foch), avise le maréchal Haig de la nécessité de dégarnir de quelques divisions françaises le front britannique.
Foch ordonne au général Maistre de rapprocher du front affaibli, 4 divisions de la 10e armée déployées à l’Ouest, sur la côte, dans le Pas-de-Calais. Envoyant ainsi à Montmort le général Micheler, accompagné de l'état-major de la Ve armée, et, enjoignant au général Franchet d'Espérey, commandant le Groupe Armé du Nord (G. A. N.), d’assurer le commandement d'un groupe de 6 divisions destinées à tenir solidement la Montagne de Reims. Durant ce temps, les Américains seraient appelés en réserve sur la Marne...
Le Général Pétain aurait, quant à lui, en charge l'organisation d'une ligne de défense jalonnée des points suivants : La Crise, les hauteurs du Grand-Rozoy, Arcy-Sainte-Restitue et les mamelons du Tardenois, sur lesquels Ie corps d'armée (gauche) et le 210e corps (droite) auraient à recueillir, et, à encadrer, les éléments des 30e et 11e corps "disloqués".
Le 29 mai, au matin, les Allemands poursuivent leur offensive forts de leur succès.
On se bat dans Soissons.
Le général Micheler, dépêché à Cumières, improvise un front entre Arcy-le-Ponsard et Prunay, où il arrête net l'ennemi devant les faubourgs de Reims.
Le général Maud'huy se bat âprement aux abords de la forêt de Villers-Cotterêts avec ce qui demeure du 11e corps.
Au soir du 29, alors qu’ils tiennent Soissons en flammes, les Allemands ont surtout progressé vers le Sud, ayant enlevé Fère-en-Tardenois et franchi l'Ourcq, mais encore, poussé le gros de leurs troupes jusqu'à 5 kilomètres de la Marne.
Fort heureusement pour les Français, tant les hauteurs de Chaudun que les abords de Reims tiennent ; la poche de résistance prend l'aspect d'un triangle dont un des sommets s'allonge vers Jaulgonne (PDF ici), au Nord-Est de Château-Thierry, en bord de Marne.
 
Le danger se trouve à présent sur la Marne.
 
Foch prévient Douglas Haigh qu'il va appeler la Xe armée à intervenir dans la forêt de Villers-Cotterêts ; qu'il aura probablement recours à des renforts britanniques ; que les effectifs commandés par le général Debeney seront à coup sûr affaiblis et qu’il demandera du support de la part des Anglais.
Foch ordonne à l'armée belge de prendre à son compte une partie du front britannique et de se déployer jusqu'à Ypres.
Ces dispositions ne pouvant être effectives plus tôt, le 27, la IIe armée britannique et le G.A.N. sont une nouvelle fois violemment attaqués, après une puissante préparation d'artillerie présageant une opération de grande envergure.
Pas même en Belgique le front avait résisté sans fléchir. La ligne de défense n'avait pas réussi à s'accrocher à l'Eclusette, à l'extrémité nord de l'étang de Dickebush (Dikkenbus en 1914) en Flandres, dans le secteur de Ypres-Dixmude…
Le 30 mai, deux nouvelles divisions allemandes, les 103e et 231e, viennent appuyer les colonnes qui se dirigent maintenant vers la Marne. C’est à 14 heures que la 231e division atteint la Marne, précisément entre Brasles et Mont-Saint-Père (PDF ici).
La 28e atteint, quant à elle, Jaulgonne, à 18 heures. Hélas pour elle, les ponts sur la Marne sont détruits.
Plus à l’Ouest, la progression est moins aisée. Les trois divisions du corps Winkler s'emparent de Vierzy et d'Oulchy-le-Château, non sans pertes sensibles…
A l'Est, le corps Schmettow et l'Armée du général von Bülow sont à l’arrêt devant Verneuil et Ville-en-Tardenois (PDF ici). La soldatesque allemande n’arrive pas à enfoncer le rempart de détermination dont font preuve les défenseurs de Reims.
Le 31 mai, le général Ludendorff appelle de nouvelles divisions à la rescousse. Il intensifie également ses efforts sur une ligne de progression d’Est en Ouest, afin d’élargir la poche trop restreinte qu’occupent ses hommes sur la Marne.
La 28e division allemande est appelée à renforcer la division de la Garde, vers Longpont (PDF ici).
La 232e division se porte, quant à elle, sur Château-Thierry.
Les Français, Maud'huy en tête, contre-attaquent héroïquement sur Chaudui et reprennent ainsi cette localité à l'ennemi.
Le général Robillot enraie la poussée des Allemands qui, maîtres de Neuilly-Saint-Front, étaient parvenus à infiltrer la vallée de l'Ourcq.
Cette lutte acharnée absorbe énormément d’énergie du côté allemand.
Ludendorff ne dispose plus à présent que de six divisions, s’il ne veut dégarnir d’autres secteurs.
Un conseil de guerre se tient ce jour-là à Fismes sous la présidence de l'Empereur lui-même.
Il est décidé alors que les six divisions en question seront bel et bien lancées dans la fournaise. 
Le 1er juin, un ordre (laconique) est adressé aux soldats allemands. Contenu selon lequel pour l'Empereur et pour le maréchal Hindenburg, l'offensive sera poursuivie non pas vers le Sud, -cette rivière constituant un rempart naturel-, mais bien entre Château-Thierry et Dormans. A cet endroit-là, une tête de pont sur la rive gauche facilitera(it) une progression ultérieure…
 
Deux axes seront choisis : à l’Est, contre Reims ; à l'Ouest en direction du massif forestier de Compiègne et vers Villers-Cotterêts (PDF ici), au sud-est de celui-ci.
 
L'attaque de ce massif nécessitera deux opérations simultanées : l'une partant de l'Est contre Villers-Cotterêts et l'autre portant vers le Nord, contre Compiègne : le but de la manœuvre étant d'encercler les forces françaises, évidemment massées là pour bloquer la route de Paris et/ou de les obliger à faire retraite sur la capitale...
 
L’offensive vers Compiègne aura lieu du 1er au 12 juin 1918…
 


PDF  "1918 : l'année de la victoire ; juin 1918 : la relance des offensives allemandes ; auteur inconnu" ici
PDF  "1918 : l'engagement de la 2e D.I.-U.S.; Le Thiolet" ; auteur inconnu" > ici
   
Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 16:48
Le cimetière militaire britannique de Sissonne couvre une superficie de 1.135 mètres carrés et se situe sur la départementale D18, à 2 km au Nord-Est de Sissonne, en direction de Lappion. Il jouxte le cimetière militaire allemand de Sissonne.
 
Cette petite nécropole fut établie après la guerre. Elle honore 291 combattants du Commonwealth initialement ensevelis dans le cimetière allemand ou en d'autres lieux du champ de bataille. Tels que :
-le vieux cimetière communal d’Aguilcourt ;
-les cimetières allemands d’Amifontaine, d’Ardon, d’Asfeld-la-Ville (Ardennes), de Dizy-le-Gros, de La Malmaison, de Lappion, de Menneville, de Montaigu, de Montcornet, de Laon (Morlot) et de Veslud ;
-les cimetières militaires français d’Athies-sous-Laon et de Roucy ;
-les extensions allemandes des cimetières communaux de Chambry et de Neufchâtel ;
-le cimetière de l’église de Troyon.
 


Repose entre autres en cet endroit, J. Hudson ("Private", mat. 9714 du 1er Bn. West Yorkshire, Prince of Wales's Own et décédé le 26 septembre 1914).
Pour plus d'info : ici
Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 16:46
Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 15:55
Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article
14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 17:30
.
Culminant à une altitude de 190 mètres au dessus du niveau de la mer, le Chemin des Dames (ici) est un plateau calcaire orienté d’Est en Ouest, et situé entre les vallées de l'Aisne (Sud) et de l'Ailette (Nord). Ce promontoire escarpé permet une observation Nord-Est, entre Reims et Laon, mais aussi, vers le Sud, en direction de Soissons.
Les Allemands occupent la position depuis leur offensive de août-septembre 1914.
Là haut, sur la montagne, ils ont eu soin de transformer ce gigantesque observatoire naturel en une forteresse imprenable, aménageant, à l’abri de l’artillerie, les carrières de craie souterraines, à l’endroit même où se trouve actuellement le musée, la Caverne du dragon. Mais aussi, en creusant des souterrains d’accès qui leur permettent de relier les positions arrières aux premières lignes, le tout étant truffé de redoutes et de meurtrières garnies de nids de mitrailleuses crachant le feu.
Depuis l’automne 14, et, plus précisément la fin 1915, l’endroit n’a guère fait l'objet, de grosses offensives.
Les Allemands tiennent la ligne de crête et, face à eux, les Français sont établis sur les pentes qui forment un dénivelé de 100 mètres.
En avril 1917, décision est prise, côté Alliés, d'effectuer une percée de grande ampleur.
L’offensive du 16 avril 1917 débute à 6 heures du matin. Elle doit, en principe, être la dernière de la guerre, après toutes les hécatombes enregistrées les années antérieures (1914 : 300.000 morts ; Artois - Champagne en 1915 : 200.000 et Verdun 160.000 autres).
En décembre 16, le général Nivelle succède à Joffre, alors que ce dernier promettait une victoire rapide et certaine pour le début de l’année 1917. La percée du front allemand doit avoir lieu entre Soissons et Reims, là, où Napoléon a déjà combattu, cent ans plus tôt, les Prussiens, en 1814,… sur la crête du Chemin des Dames.
Les grandes lignes de l'offensive sont alors dessinées.
Les dés sont jetés, l’attaque se fera de manière coordonnée avec les Anglais. Ces derniers porteront leurs efforts sur un front compris entre Vimy et Soissons, alors que les Français attaqueront sur une ligne comprise entre Soissons et Reims.
Cette tactique permettra de porter leur riposte contre l’ennemi dans deux directions distinctes, "à angle droit", alors que peu de temps auparavant les Britanniques, les Canadiens, les Australiens, les Néo-zélandais et les Terre-neuviens auront déjà fait diversion en portant leurs coups aux Allemands à hauteur de Saint-Quentin et Arras, à l’Ouest, et au Sud et à l’aplomb de Vimy…
Pour prévenir une telle offensive, dont l'ampleur ne permet pas de garder le secret absolu quand on sait le nombre de soldats faits prisonniers, les Allemands se replient du 15 au 19 mars 1917 sur la ligne Hindenburg. Leur front est ainsi réduit de septante kilomètres. La manoeuvre permet par ce simple fait d'aligner moins de divisions face aux Alliés.
L'angle droit que forme la ligne de front en cet endroit est balayé.
La ligne d’attaque, côté franco-anglais, s'étend désormais dans la direction Nord-Ouest à Sud-Est, de Vimy à Reims, en passant par le Chemin des Dames. Les Alliés mettront une semaine pour mesurer l'ampleur de ce retrait tactique et stratégique opéré par les Germains. Les plans initiaux de l'offensive sont désormais caducs. Le GQG de Nivelle adapte ses projets à la nouvelle topographie du champ de bataille.
L'effort anglais portera sur Vimy et celui des Français se concentrera sur le Chemin des Dames…
Le sort de la bataille se jouerait-il en cet instant de l’Histoire ?
Cinq mille canons, - un, tous les 13 mètres -, des chars.
Mais encore…
Une fois sortis des tranchées, les combattants devront progresser en quatre bonds, à raison de 100 mètres toutes les 3 minutes, et ce, malgré la trentaine de kilos d’équipement emportés sur le dos, et, par delà une zone labourée par huit jours de bombardements intensifs.
 
Le 16 avril, malgré des préparatifs soignés, c’est pourtant l’échec, excepté dans le secteur de Vailly.
Les assauts ne parviennent pas à dépasser la première ligne allemande, alors que des positions teutonnes sont pratiquement intactes.
L’effet de surprise n’a pas joué !
 
Les conditions météorologiques défavorables ont gêné les observations indispensables aux réglages des artilleurs. Au matin du 16 avril, elles sont calamiteuses, alors que pluie glacée et bourrasques de neige s’abattent sur des combattants venus parfois d’Afrique noire, et victimes d’engelures ou tout simplement paralysés par le froid.
 
Les premières heures de l’offensive sont particulièrement meurtrières.
Certaines unités perdent le tiers, voire, la moitié de leurs effectifs.
A l’échec militaire s’ajoutera un désastre sanitaire, alors que les colonnes de blessés et d’éclopés s’enliseront parfois dans la boue et ainsi n’atteindront jamais les postes de secours.
 
Face au désastre certains blessées seront transportés au fin fond de la France, afin d’éviter que Paris n’ait à devoir prendre conscience de cette catastrophe humaine qui s’est déroulée aux portes de la capitale…
 
Le 15 mai, Philippe Pétain sera appelé à remplacer Nivelle.
 
La déception est grande et à la mesure de ce qu’avaient été les espérances.
Avant le printemps 1917 le front avait connu des désertions et des refus d’obéissance, même à Verdun.
Après le Chemin des Dames, les "actes d’indiscipline", comme les rapportent les officiers, se multiplient dans des unités qui doivent repartir pour les tranchées.
A Villers-sur-Fère, à Missy aux Bois, et dans d’autres villages où les troupes ont été envoyées au repos, les soldats, par compagnies entières, refusent de remonter au front…
 
On fait bientôt état de mutineries, alors que le plus souvent, les "mutins" refusent, non pas de se battre, mais la perspective de boucheries inutiles.
Quarante divisions, soit près de 100.000 hommes sont concernées.
Le haut commandement cherche à enrayer le mouvement, l’épidémie.
Les conseils de guerre prononcent 3.400 condamnations, dont 600 à mort, la plupart sont commuées en peines de travaux forcés à effectuer dans les colonies…
 
C’est le moment choisi pour qu’enfin le commandement lâche du lest face aux grévistes en arme.
Ainsi sont décrétés : l’augmentation du nombre des permissions ; l’amélioration de la vie quotidienne des soldats…
Fin juin, l’ordre est rétabli, alors que la réputation de Pétain se forge, à cet instant là, dans le cœur de ses hommes.
 
Tout espoir de grande offensive est suspendu.
Philippe Pétain, contre les aspirations de Georges Clemenceau, mène des opérations limitées, dans l’attente de blindés et de l’arrivée des Américains.
Les combats se poursuivent toutefois sur le Chemin des Dames jusqu’à l’automne, alors que la "bataille des observatoires", une succession d’attaques et de contre-attaques, qui ne se font pas sans pertes, se déroule, pour s’assurer le contrôle des points hauts du plateau, comme le monument d’Hurtebise ou l’Epine de Chevregny.
 
C’est au cours de ces opérations que, le 25 juin, sera prise par les Français la désormais célèbre Caverne du Dragon.
 
Le point culminant de la bataille interviendra lors de l’attaque lancée le 24 octobre dans le secteur de Laffaux-Chavignon, mais également à l’occasion de la reprise du fort de La Malmaison, au moment même où les Allemands décident de définitivement abandonner le plateau du Chemin des Dames.
 
Ainsi, ils se replient sur les hauteurs dominant l’Ailette d’où ils lanceront, au printemps 1918, une fulgurante offensive, en direction du Sud, à près de soixante kilomètres de Paris, via Braine, Fère-en-Tardenois, Château-Thierry. Là, où ils seront stoppés, entre autre, grâce à l’héroïsme et à la ténacité des Américains…
Carte (ici)
Repost 0
Published by lpzpictures - dans Histoire
commenter cet article

Présentation

  • : lpzpictures sur overblog
  • lpzpictures sur overblog
  • : dans le futur, ce blog s'efforcera, au gré du temps et des opportunités qui s'offriront à leur concepteur, de vous tenir informés sur des sujets qui, espérons-le, retiendront votre attention tant, par la diversité des thèmes proposés, que dans la manière dont ils seront traités ou soumis à votre critique...
  • Contact

MERCI !

A vous, de passage...

Merci de vous êtes arrêté(s), le temps d'un instant, sur mon blog...

A voir : www.horizon14-18.eu !

Recherche

Pages

Catégories