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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 20:13

http://horizon14-18.eu

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 09:56

BADGE.jpg

 

14-18

 

L’histoire de la 42e division Rainbow (Arc-en-ciel) commence avec l’entrée en guerre de l’Amérique, lors du premier conflit mondial, en 1917. A cette époque-là, chacun des états qui constituent les USA est en compétition pour avoir l’honneur d’envoyer, le premier en Europe, ses unités au combat.

Afin de contrer les implications négatives que pourrait générer cette compétition entre états, le gouvernement américain décide la création d’une division regroupant des éléments d’une part, de la Garde nationale de 26 états, et, d’autre part, du district de Colombia. Ainsi, en août 1917, au Camp Mills de Long Island (New York) voit le jour la 42e Rainbow, qui sera parfaitement opérationnelle un mois plus tard.

Le Colonel Douglas MacArthur jouera un rôle déterminant dans la formation de la division.

La 42e division arrive en France en septembre 1917. Elle se retrouve projetée en première ligne en mars 1918. Elle demeure au contact de l’ennemi durant six campagnes majeures, et, pour un total de 174 jours de guerre.
C’est en mai 1919 que les hommes de la 42e seront officiellement démobilisés.

 

Situation dans le temps...

 

1)    Débarquement en France, du 1 novembre au 3 décembre 1917
2)    Entrainement sur le secteur de Rimaucourt et Rolampont en          

        Haute-Marne, du 26 décembre 1917 au 17 février 1918
3)    Secteur de Lunéville, Lorraine, du 21 février au 23 mars 1918
4)    Secteur de Baccarat, Lorraine, du 31 mars au 21 Juin 1918
5)    Secteur de Esperance-Souain, Champagne, du 4 au 14 juillet 1918
6)    Champagne-Marne, du 15 au 17 Juillet 1918
7)    Aisne Marne, offensive, du 25 juillet au 6 août 1918
8)    Saint-Mihiel-Exermont, du 12 au 16 septembre 1918
9)    Secteur d'Essey et Pannes, du 17 au 30 septembre 1918
10)  Meuse - Argonne, du 1er octobre au 11 novembre 1918
11)  Occupation d'une partie de l'Allemagne, à partir du 20 novembre 1918
12)  Retour aux USA en avril 1919

 *   *   *


39-45


Avec l’entrée en guerre des USA durant la Seconde Guerre mondiale, la 42e Rainbow reprend du service à partir de juillet 1943. C’est à ce moment précis que le Brigadier-général Harry Collins prendra le commandement de la 42e.

La division débarque en France en décembre 1944 et entre en Allemagne en mars 1945. En avril 1945 les 42e et 45e divisions libèrent le camp de concentration de Dachau. Elles y libèrent 30.000 détenus.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la division Arc-en-ciel détient le record d’être la première à être entrée non seulement, en Allemagne au travers de la Ligne Siegfried, mais également dans Munich, haut lieu du nazisme. Durant la campagne d’invasion de l’Allemagne, la 42e a conquière près de 10.000 kilomètres carrés de territoire tenus par les Nazis.

La division termine sa mission en tant que force d’occupation en Autiche. Ces hommes seront démobilisés en juin 1946.

La 42e revient au devant de la scène en 1947 en tant que division de la Garde nationale, constituante de l’armée et stationnée à New York.

Durant la « Guerre froide », elle sera maintenue sur pied de guerre.

En décembre 1989, le siège de la division sera déplacé de New York à Troy (Etat de NY), où elle y stationne toujours.

En 1991, bon nombre de ses soldats combattront durant la Guerre du Golf.   

En 1993, la 42e division retourne à ses racines, en tant que division "diversifiée", alors que des éléments des 26e et 50e y sont adjoints afin de former une division de la Garde nationale.
La division compte, pour l’heure, des éléments de huit états distincts. Ainsi, des soldats provenant de New York, du Vermont, du New Jersey, du Massachusetts, du Connecticut, du Delaware, de Rhode Island, et du Nouveau-Mexique.

Pour plus d’information
http://fermedelacroixrouge.fr/42nd-fr/

 

42-Infantry-Division-Insignia--1.5-.png (ici)

 

DRAP.jpg

 

001-rainbow-journal.jpg

 

Voir complément d'information (ici)

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 22:25

 

 

Bref historique...

 

Durant la Première Guerre mondiale, en moins de six mois, plus de 116.500 soldats américains sont morts sur le sol français.

 

L'été 1918 compte 300.000 belligérants blessés ou morts dans les deux camps rivaux ; 70.000 soldats, parmi ceux-ci, sont américains.

 

La seconde bataille de la Marne, qui a emporté Fère-en-Tardenois dans la tourmente, constitue, à elle-seule, la fin d'une série de succès à l'actif des Allemands.

Passage obligé des armées de l'Empire allemand pour gagner Paris, Fère-en-Tardenois se trouve, par la route, à tout juste 110 kilomètres de la capitale française.

 

L'inauguration

 

Ce 12 novembre 2011, c'est à 11 heures qu'a eu lieu, à la Ferme de la Croix-Rouge, au sud de la municipalité de Fère-en-Tardenois, localité voisine de Château-Thierry (22 km) et de Soisson (25 km), l'inauguration officielle du monument érigé, il y a peu, en l'honneur de la 42e division d'infanterie "Arc-en-Ciel" (Rainbow) ; corps d'armée constitué des 167e régiment Alabama et 168e Iowa. 

 

Pour l'occasion, on s'était déplacé des Etats-Unis, des quatre coins de la région, de Paris, de Belgique..., pour assister, dans la dignité et de manière solennelle, à l'évènement.

 

Ainsi, ils étaient plus de trois cents à avoir convergé, en cette belle matinée du 12 novembre, pour cette inauguration officielle. Celle-ci s'est par chance déroulée sous le soleil. On nota parmi les invités Monsieur l'ambassadeur américain en France, de hauts dignitaires civils et militaires, des anciens combattants, de jeunes élèves ainsi qu'un public revêtu d'habits civils ou de tenues militaires d'époque. Une manière pour ces derniers de raviver, au sein de l'assistance présente, la mémoire de ceux qui s'étaient sacrifiés, près de cent ans plus tôt, sur ces hauteurs de Fère-en-Tardenois, la ville natale de la sculptrice Camille Claudel. 

 

Une statue dédiée à la fraternité

 

La statue de bronze, du sculpteur James Butler, d'une hauteur totale de trois mètres vingt, en ce compris le socle, représente un soldat de la Rainbow, la tête inclinée, transportant un camarade mort aux bras ballants.

 

red-sculpture.jpg

Un soldat US portant son frère d'arme... 

 

Mais aussi... 

Le mémorial a pu être érigé conjointement grâce, d'une part au financement assuré par un citoyen d'Alabama, dont le père, le sergent William J. Frazer, avait été blessé le 26 juillet 1918, lors d'un assaut héroïque de la 167e ; et d'autre part, grâce à une fondation emmenée par sa présidente, Monique Seefried (USA).   

 

Un sculpteur

 

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James Butler, sculpteur

 

Entre autres membre de l'Académie Royale des Arts (UK), James Butler est né à Londres en 1931. Il a été élève à l’école de Maidstone et à l’institut d’art de Maidstone.
Pour plus d'information : (ici)

 

Un écrivain

 

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M. le Maire, J.P. Roseleux et Nimrod T. Frazer (auteur)

lui remettant un exemplaire de son livre...

 

Auteur du livre "Rainbow soldiers", Nimrod T. Frazer est le fils d'un ancien combattant américain, décoré de la "Purple Heart", et, ayant été blessé sur le champ de bataille, à hauteur de la Ferme de la Croix-Rouge. 

Pour plus d'information : (ici)

 

La nécropole d'Oise-Aisne, sur le territoire de Fère-en-Tardenois

 

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Le cimetière militaire US d'Oise-Aisne compte la présence de 6.012 sépultures

 

Les cimetières de Belleau et d'Oise-Aisne, qui totalisent à eux deux plus de 8.000 tombes de soldats US, ayant pour bonne part des racines européennes, sont là pour témoigner de la rudesse des combats de l'été 1918. Les noms et âges gravés dans le marbre blanc d'Italie rappellent, entre autres, aux visiteurs avisés, qu'un peu moins de 20% des combattants US étaient de jeunes immigrants fraîchement débarqués aux USA, en quête d'une naturalisation, notamment pour services rendus à la patrie...

 

CARTE-STATUE-copie-1.jpg

Emplacements : statue (pieds) en bas à gauche et cimetière US à hauteur de l'étoile...

 

Depuis Fère, le monument est situé sur la RD3, en direction du village de Le Charmel...

S'y rendre... carte / localisation (ici

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GoogleEarth001b

Sur cette vue, qui date d'avant l'inauguration, la statue (non encore visible à l'image) se situe actuellement à

l'opposé de la zone blanchâtre, marquée par les stigmates des combats de 1918....

 

42e-rainbow-flag.jpg

L'étendard de la 42e Rainbow...

.

 

Liens utiles :

http://fermedelacroixrouge.fr/

http://lpzpictures.over-blog.com/article-macarthur-et-la-42e-division-rainbow

La 42e sur YouTube

News from New York State Division of Military & Naval Affairs

Verdun-Meuse.fr

www.worldwar1.com

167e régiment...

Doc (UK)

 

Présent sur le site TripAdvisor depuis décembre 2011 (ici)

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 19:32

Elizabeth A. Richardson de la Croix-Rouge américaine

 

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Elizabeth, capitaine et toutefois dépourvue de grade militaire

 

Présentation

 

L'histoire d'Elizabeth Richardson permet de porter un regard singulier sur les évènements de la Seconde Guerre mondiale. Grâce à cette infirmière de 25 ans, la vision qu'on a généralement à propos des histoires de soldats, en service dans les forces terrestres, maritimes ou aériennes, se déroute de ce qui fait le quodidien du militaire lambda.

 

La vie d'Elizabeth commence dans l'Indiana, où elle y suit sa scolarité au collège. Suite a ses études, elle se déplace dans le Wisconsin, afin d'y travailler. Enfin, infirmière au service de la Croix-Rouge américaine, elle est détachée en Angleterre, où elle rejoint, via le Queen Elisabeth, le million d'Américains déjà présents sur le territoire. C'est par la suite, en France, qu'en 1945, elle trouve tragiquement la mort, dans un accident d'avion.

 

Bref historique

 

Lizbeth Richardson grandit à South Bend, dans l'Indiana, à 160 kilomètres de Chicago. Après avoir obtenu son diplôme à la Mishawaka High School en 1936, elle part s'installer au Milwaukee-Downer College où elle prend goût pour les arts (musique, littérature, photo, aquarelle), mais aussi, pour le business international. Comme beaucoup de jeunes Américains de sa génération, Elizabeth est favorable au fait que les USA ne doivent pas s'impliquer militairement dans le second conflit mondial. Guerre qui a embrasé l'Europe, l'Afrique et l'Asie. Son souhait de non interventionnisme de l'Amérique repose sur ce que les stigmates infligés à son pleuple, suite à la participation des USA au premier conflit mondial (France : 1917, Argonne / Verdun ; Marne...), sont encore présents dans la mémoire collective, une vingtaine d'années après les faits...

 

L'attaque japonaise sur Pearl Harbor aura toutefois vite fait de lui faire admettre que la politique revancharde des États-Unis, meurtris par ce qui vient de leur être infligé, dans le Pacifique, où sont stationnés 86 unités de leur force, ne peut être que suivi de représailles militaires.

 

Bien que peu encline à voir les USA entrer en guerre, elle souhaite que ceux-ci auront tôt fait d'y participer militairement, aux côtés des Alliés, et ce, afin de vite recouvrer la paix.

 

Début 1944, prenant conscience de ce qui arrive à ses amis partis à la guerre, elle quitte son emploi de publicitaire à Milwaukee, pour s'engager comme volontaire dans la Croix-Rouge, où deux amies et anciennes élèves d'école l'y précèdent. C'est à Hurst Hall, au Nord-Ouest de la ville de Washington, que les nouvelles recrues sont formées durant 6 semaines comme infirmières, à l'American University de Washington.

 

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Le centre de formation de la Croix-Rouge, à Hurst Hall, Washington DC (1944)

 

Plus tard, peu de temps après la fin de la guerre... 

 

C'est dans la matinée du 25 juillet 1945, qu'Elizabeth Robinson saute dans un petit avion biplace militaire, pour Paris, alors qu'elle doit y rallier le siège social de la Croix-Rouge. Près de Rouen, alors que le pilote à peine à voler à cause d'un épais brouillard, l'avion s'écrase. Liz et le pilote, le Sergent William R. Miller, attaché à la 9è Force aérienne, se crachent et meurent sur le coup.

 

Après avoir été inhumée plus de deux années dans le cimetière militaire de Saint-André-de-l'Eure (Evreux), qui compte 19.954 sépultures, c'est en 1948 que les autorités américaines décident finalement de transférer la dépouille d'Elizabeth Richardson au cimetière de Colleville-sur-Mer (9.387 tombes), sur les hauteurs d'Omaha Beach.

Trois autres femmes accompagnent Liz dans la mort et dans cette nécropole militaire du Calvados (Mary H. Bankston ; Mary J. Barlow et Dolores M. Browne).

 

Ainsi, tragiquement, Elizabeth Robinson décède à l'âge de 27 ans sans même que l'Allemagne ne devienne son dernier lieu d'affectation, avant retour programmé au pays.

 

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La sépulture d'Elizabeth porte le matricule A21-5

 

A propos de ses écrits...

 

A ses parents, en septembre 1944, elle écrit : "c'est une vie rude, irrégulière et bizarre, mais c'est merveilleux - c'est, aussi merveilleux que tout soit 'dans les circonstances'."

 

A un de ses meilleurs amis du collège, elle avait plaisanté de la sorte : "et dire que j'ai un diplôme et il m'arrive de faire tant de beignets pour les soldats..." Et, d'ajouter : "je n'échangerais ma vie pour rien d'autre ; j'ai tellement de satisfactions dans ce que je fais de ma vie, qu'auparavent, je n'avais pas réalisées."

Les lettres de guerre d'Elisabeth Richardson, ses agendas, aquarelles et photographies sont la possession de  Charles M. Richardson Jr., son frère.

 

Les Archives Nationales du College Park, Maryland, proposent une importante collection de documents de première source sur la Croix-Rouge américaine, et, couvrant la période de 1935 à 1946. De même, une autre collection majeure se trouve au Hazel Braugh Center à Lorton, en Virginie. L'université de Harvard, l'American Red Cross Club, la Schlesinger Library, Radcliffe Institute, fournissent des documents utiles portant sur les femmes qui se sont engagées, comme Elizabeth A. Richardson, durant la guerre...

 

LIZ02.jpg

En Normandie, en compagnie de Marie Haynsworth, au centre de l'image.

Cliché, recadré pour les besoins de la mise en page, envoyé à ses parents, le 4 juin 1945...

 

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Plus que la chaleur dégagée par un café ou un beignet aux pommes...

 

 

Référence littéraire

 

James H. Madison

Slinging Doughnuts for the Boys : An American Woman in World War II

Bloomington : Indiana University Press, 2007

 

http://fleursdelamemoire.free

http://fermedelacroixrouge.fr/ (14-18)

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 20:22

 

La défaite de mai-juin 1940 et ses conséquences...

 

 

Dès le matin du 10 mai 40, et dans un "embouteillage monstre", les chars du général Rommel franchissent les frontières aux confins de la Belgique et du Luxembourg, dans les Ardennes, et se dirigent vers Dinant. Guderian, quant à lui, tient à percer les lignes adverses en direction de la Manche en passant, plus au Sud, par Sedan.

 

Dans un premier temps, l'objectif allemand n'a que pour seule ambition, de créer une tête de pont en bordure de Meuse.

 

Du côté des Alliés, le général Gamelin répond à l'agression qui est commise eu égard à la neutralité de la Belgique, en avançant dans son territoire, sachant que la place forte de Sedan constitue un verrou à l'intersection des plans d'invasion allemands.

 

Les Français doivent bien vite déchanter face aux Allemands..., reculer...

 

Combattant courageusement les armées de Guderian et de Rommel, les Alliés perdent Bouillon, situé au Nord et à quelques 22 kilomètres de Sedan. Dans l'après-midi, Guderian et sa 10è division de Panzers encerclent Sedan. A la nuit tombée, la ligne de front allemand s'étend de Dinant à Sedan. Les Ardennes, que d'aucuns jugeaient infranchissables, sont tombées.

 

Ensuite...

 

Les Allemands ne mettent qu'un mois pour traverser la France d'Est en Ouest, pour atteindre Dunkerque, en faisant par la même occasion un million et demi de prisonniers, dont 500.000 (?) Belges (la quasi-totalité de l'armée), pour un total de 27 divisions défaites... le 28 mai 1940, 205.000 militaires belges sont transportés en Allemagne. Ils furent 24.400 à y passer moins d'un semestre et 76.500, de six à douze mois. Le nombre de ceux qui séjournèrent plus d'un an dans les camps est de 75.200 unités. Ceux qui réussirent leur évasion furent au nombre de 780.

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, plus ou moins 1.500 Chasseurs Ardennais, entre autres, perdirent la vie.

 

Les Allemands poindront où on les attend le moins, dans les Ardennes... Au total, quatre-vingts divisions franchiront les frontières de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg... Les Allemands poindront où on les attend le moins, dans les Ardennes... Au total, quatre-vingts divisions franchiront les frontières de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg...


Situation géographique du village de Haut-le-Wastia par rapport à Dinant, au Sud (Google Maps) Situation géographique du village de Haut-le-Wastia par rapport à Dinant, au Sud (Google Maps)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux heures à Haut-le-Wastia, samedi 14 mai 2011...

Venus du Nord de la France, des quatre coins de la Belgique ou plus simplement du village même de Haut-le-Wastia, une cinquantaine d’hommes et de femmes s’étaient donnés rendez-vous, ces 14 et 15 mai, sur les hauteurs de Anhée et de la très touristique Vallée de la Molignée, pour commémorer ensemble, à leur manière et 71 ans plus tard, les évènements de mai 1940… mais aussi, ceux de septembre 1944…

Ainsi, ce groupe de figurants s’était mobilisé pour rappeler aux touristes, curieux de passage et autres passionnés d’histoire militaire qu’il s’était passé quelque chose de peu ordinaire, "de spécial", d’historique dans cette paisible cité du namurois, qui compte pour l’heure près de 400 habitants.

Qu'en des temps pas si reculés que cela du nôtre, des habitants de l’entité de Anhée eurent à souffrir de l’âpreté des combats qui se déroulèrent, chez eux, dans leurs habitations, entre militaires rivaux. Mais aussi que des massacres de civils furent perpétrés, en quantité non négligeable, par la SS, au moment même de la libération de la région par les Américains…

 

Le village avait des allures de fête ce samedi 14 mai 2011, et, pour ne rien gâcher au spectacle, le temps était de la partie.

L’orage avait toutefois dû gronder, plus tôt, dans la matinée, avant que nous arrivions sur place… à voir les débris jonchant le sol…


Les habitants avaient sorti leur poste de TSF aux fenêtres ; jeunes et plus âgés s’étaient mis sur leur "trente-et-un", avant d’enfourcher tantôt une bicyclette, tantôt une motocyclette pour rejoindre le lieu des commémorations prévues en fin d’après-midi. Que ce soit du côté des civils ou celui des militaires, tous s’étaient accordés sur le fait que pour être crédible, la mise en scène devait s’avérer soignée afin d’éviter, dans la mesure du possible, les erreurs historiques ou tous autres anachronismes qui auraient eu pour conséquence de décrédibiliser l’ensemble de ce qui avait été, de longues heures durant, accompli avec grand soin… En cela, le pari fut réussi.

 

A voir, sur le haut du village, en contre-bas de l’église, les résistants côtoyer les civils, anciens ustensiles à la main, et, leurs collègues militaires en arme, Français, Belges, plus un Américain, à deux pas de leurs campements et véhicules respectifs, on s’y serait presque cru, en 44.

Comme à l’époque, cette bourgade, aux maisons construites en pierres du pays, avait été décorée, pour l’occasion, de drapeaux aux couleurs des Alliés ; ceux-ci étant tantôt fichés aux façades, ou, ça et là, tendus aux lignes électriques.

Mais, à y regarder de plus près, quelque chose avait dû se passer, ici, se rapprochant plus des âpres combats des 13 et 14 mai 40, si l’on se réfère aux reliquats d’explosifs retrouvés sur le sol. On n’avait assurément pas dû se battre "pour du beurre" dans le coin…

Ainsi, comme à l’époque de l’invasion, des tirs étaient venus s’écraser sur le haut du village, en provenance du bas et de l’Ouest de celui-ci, en réalité, des positions allemandes situées à une encablure de leur bivouac dressé au cordeau…

 

Fort heureusement…

Cette fois-ci, les 81 avaient laissé la part belle à de gros pétards, au plus grand bonheur du village et de ses visiteurs d’un jour.


Félicitations aux figurants de l’Historical Military Remember Association (HMRA), aux villageois, ainsi qu'aux "oubliés", pour l’ambiance recréée avec succès pour l’occasion.

 

Merci à eux tous d'avoir bien voulu se plier, le temps d'une série de clichés, aux exigences du photographe…


Même les motocyclettes étaient dans leur "jus" !

Même les motocyclettes étaient dans leur "jus" !


On s'y serait cru... On s'y serait cru...

 

Contenu du journal de la 4è DLC, en ces 13 et 14 mai 1940...

 

"A 5h30 du matin, le commandant de bataillon donne le signal de l’attaque. L’escadron Feuillatre, installé en base de feux, prend à partie avec ses mitrailleuses les lisières du village de Haut-le-Wastia. Les mortiers de 81 dirigent leur tir sur le carrefour de l’église.

Quelques instants après, dans un magnifique élan et sous le feu de l’ennemi qui réagit violemment, l’escadron Margot déployé en tirailleurs se porte à l’assaut. A sa gauche, l’escadron AMR/moto déborde le village par le nord, et ses 5 voitures de vieux modèle, dirigées personnellement par le lieutenant Gagnier, pénètre dans le village, prenant l’adversaire à revers.

Au sud, par contre, sur le front du 2° bataillon du 129° RI, personne ne bouge et n’avancera pendant l’attaque.

Le commandant de Longueaun dépassant l’escadron Feuillatre, se porte sur le village, suivit de son peloton de commandement. Plusieurs clôtures de fil de fer sont franchies (…). La situation de l’escadron Margot est alors difficile. En effet, les armes automatiques ennemies qui occupent la partie sud du village face au 129° RI n’étant pas inquiétées, prennent de flanc le bataillon. D’autre part, des éléments ennemis embusqués dans les maisons se défendent à bout portant.

C’est à ce moment que le lieutenant Cherière, adjoint au commandant de bataillon, magnifique officier, tombe mortellement blessé d’une balle au ventre. Quelques instants après, ce sera le tour du sous-lieutenant de Laitre, de l’escadron Margot, et de nombreux hommes.

Le commandant de Longueau donne au lieutenant Margot l’ordre de nettoyer la partie nord du village avec son escadron et prescrit à l’escadron Feuillatre de se porter à son tour en avant du carrefour de l’Eglise. L’occupation du village a lieu maison par maison. Les voitures Panhard tirent au canon de 37 à travers les fenêtres (…). La progression se poursuit ainsi jusqu’à la place de l’Eglise et aux maisons qui bordent cette place, dominant le ravin qui borde le village à l’est.

A ce moment l’ennemi lâche pied et se replie en désordre, abandonnant ses armes. Les mitrailleurs du peloton Sauvebeuf s’emparent des mitraillettes ennemies et, tirant par les fenêtres des maisons occupées, prennent à partie les éléments qui refluent dans le ravin à l’est. C’est ainsi qu’une arme anti-char ennemie que ses servants essayent de pousser jusqu’au village, est clouée au sol et abandonnée.

Cependant l’escadron Margot poursuit le nettoyage systématique de la partie nord du village : 46 prisonniers, appartenant au 13è Fusiliers de la 7° Panzerdivision et un officier, pris par le lieutenant Margot en personne, sont amenés au commandant du bataillon."

   


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

En manque de fumigènes, et sous les ordres de Rommel, l'armée d'invasion met le feu aux habitations qui bordent la Meuse... (1940) En manque de fumigènes, et sous les ordres de Rommel, l'armée d'invasion met le feu aux habitations qui bordent la Meuse... (1940)

 

Pont détruit (arrière-plan), la troupe s'apprête à franchir le fleuve. (1940) Pont détruit (arrière-plan), la troupe s'apprête à franchir le fleuve. (1940)


 

Suite à la destruction des ponts, le génie mettra jusqu'au 14, au soir, pour rendre la Meuse à nouveau franchissable à des Panzers de 38 tonnes... (1940) Suite à la destruction des ponts, le génie mettra jusqu'au 14, au soir, pour rendre la Meuse à nouveau franchissable à des Panzers de 38 tonnes... (1940)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pertes, côté allemand...

 

Le franchissement de la Meuse aura pour conséquence, côté allemand, la perte de 60 hommes dont 4 officiers et de 222 blessés, dont 15 officiers...

Nouvelles du front, côté français

 

Le 13 mai, dès 10 h 30, une réunion a lieu au PC de la 18è compagnie, en vue de monter une contre-attaque pour 18 heures. Les bataillons I/39 et III/39 du 39° RI, appuyés par la 3° de R35 du 6° BCC, et par l’artillerie du AD 18 qui doivent contre attaquer.

Dès que le colonel du 39° Régiment regagne ses troupes et part prendre position, il est prit sous le bombardement de Stukas et prend énormément de retard.

Le colonel reporte l’attaque de 19 à 20 heures...

 

"A 20 heures, quelques éléments seulement des deux bataillons sont en place. Presque pas de mitrailleuses. Impossible de réaliser une base de feu homogène. Pas de munitions, en dehors de celles portées par les hommes.

Pourtant, la préparation d’artillerie commence à 19h50, et, à 20h, les chars démarrent… Ils démarrent seuls, franchissant sans encombre la clairière profonde d’un kilomètre qui les sépare du bois de Surinvaux, y pénètrent, et n’y trouvent pour ainsi dire personne, et poussent alors, toujours en direction du nord-est jusqu’à l’extrémité du plateau qui domine la Meuse, zigzaguant autour des points d’appuis ennemis. A la vue des chars, des éléments allemands qui tiennent la partie sud de la poche s’apprêtent à se rendre (leur effectif étant à peu près d’un bataillon). Des hommes sortent de leur trou et lèvent les mains. Mais notre infanterie n’est pas là pour les cueillir et réoccuper le terrain. Finalement, la nuit étant complètement tombée, nos chars rentrent, l’un poussant devant lui sept prisonniers. On peut supposer qu’au retour, le commandant de la compagnie de chars aura une explication avec le commandant de l’infanterie, en tout cas, il rend compte à la 18° DI. "

 

Le plan Allemand

 

La tactique allemande a parfaitement fonctionné, étant donné, entre autres, l'écrasante supériorité numéraire, face à leurs adversaires.

Ainsi : 5 Panzers divisions plus des régiments d’infanterie mécanisés, mais aussi, à l'assaut, 3 divisions d’infanterie, dont deux sont anéanties (les 18° et 55° DI).

La présence soutenue de la Luftwaffe dans le ciel des Ardennes fut déterminante dans l'anéantissement de l’artillerie française.

L’armée de l’air française et la RAF concentreront, hélas, leur force sur le Nord de la Belgique à l'écart de ce qui se trame dans le Sud, sur la Meuse ("comme en 14").

L’extrême faiblesse des moyens de combat anti aérien (DCA) ne permettra pas de diminuer la pression venue du ciel.

 

Le GQG tardera à prendre conscience du fait que l’effort principal fournit par les Allemands est dirigé vers Sedan. Au soir du 14 mai, les Allemands auront établi des têtes de ponts suffisamment solides pour contrer l'adversaire.

 

La désorganisation liée à la rapidité de l'attaque allemande aura partiellement eu raison des forces françaises. L'incompétence de certains officiers du commandement de cette même armée française ne doit toutefois pas faire oublier la vaillance de leurs soldats, face aux cinq divisions blindées d'élite allemandes, plus "tout le reste"...   

 

Unités de combat en présence

 

Côté Alliés

 

Pour la Belgique

 

Division de Chasseurs Ardennais 

 

Seule unité belge dans le secteur. Composée de 3 régiments de Chasseurs Ardennais à pied, 3 régiments de cavalerie, d’un bataillon de motocyclistes, et d’un régiment de cyclistes. Ne possédant que 8 chars T 13, dotés d’un excellent canon anti-char de 47 mm.

Trop "étirée" sur la frontière, elle retardera néanmoins l’avance allemande par un jeu de destructions.

1 batterie de DCA disponible au 10 mai 1940...

 

Pour la France

 

Division Légère de Cavalerie (DLC) 

 

Les DLC sont des Divisions de prise de contact, essentiellement constituées pour s’opposer à l’infanterie ennemie. Elle se compose d’une brigade motorisée (12 chars H 35 ou H 39, 12 voitures de reconnaissance AMD 178 et 20 tankette AMR 35) composée d’un Régiment d‘automitrailleuses et d'un Régiment de Dragons Portés. Une brigade de cavalerie compose le restant de la division, formant deux régiments à cheval. Ces unités d’actives sont dotées d'un matériel en bon état (peu usé). 5 DLC sont disponibles au 10 mai 1940.

 

Division Légère Mécanisée (DLM) 

 

Les DLM sont de taille à affronter les Divisions de Panzers. Elles comptent 220 chars (140 H39 et 80 S-35) plus 40 automitrailleuses AMD 178 ; elles sont supportées par trois bataillons de fusiliers. Essentiellement composées d'unités d’actives, bien entraînées et possédant un matériel de bonne qualité, elles sauront s’opposer, seules, à plusieurs Divisions blindées allemandes.

Trois DLM sont disponibles au 10 mai 1940, une 4è le sera en Juillet 1940. 

 

Division Cuirassée de Réserve (DCR)

 

Les DCR ont été crées durant la "Drôle de Guerre", afin d’organiser des concentrations blindées permettant d’intervenir dans les secteurs les plus menacés, afin de colmater les brèches.

Souvent comparées aux Divisions de Panzers, les DCR n’ont seulement qu’une fonction défensive.

Comprenant une demi-brigade lourde (66 B1 bis), une demi-brigade légère (88 H 39), elles sont supportées par un bataillon de Chasseurs Portés.

La 4° DCR obtiendra 40 AMD178, mais elle sera la seule à en être équipée. La faiblesse des DCR résidera dans leur manque d’infanterie à leur service. Au 10 mai 1940, 3 DCR seront disponibles ; la 4° sera engagée avec des effectifs accrus à la fin mai.

 

Bataillon de Char de Combat (BCC)

 

Les BCC sont des unités indépendantes, pouvant être affectées à des unités, selon les besoins. Ils sont composés de 45 chars (3 compagnies de 13 chars + 6 chars de remplacement), de modèle différent, selon le type de BCC (à savoir, les : B1 bis ; R 35 ; H 39 ; FCM 36...).

 

Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI)

 

Les GRDI composent les unités motorisées de reconnaissance de chaque DI française. Au sein des DI ordinaires, les GRDI ont la taille d’un bataillon et sont doté de H35 et d’AMR35. Dans les DIM (motorisées), les GRDI sont plus puissants, et, de la taille d’un régiment.

 

Côté allemand 

 

"Panzer Divizion"

 

Les Division Blindées de Panzers sont très bien adaptées à la tactique du Blitzkrieg (guerre éclair). Leur dotation peut, en nombre, varier du simple au double, selon la date de création de l'unité.

Les Pz Div créés avant guerre seront mieux dotées que les autres. Les 1., 2. et 10. Pz Div qui franchiront la Meuse, au Sud, seront toutes composées de 2 Panzer Regiments (environ 170 chars légers type Pz I, Pz II et 90 char moyens et lourds type Pz III, Pz 38T, Pz IV), 1 Schutz Brigade et un sIG Kp., plus un Aufkl. Abt de reconnaissance. Les autres Panzer Divizionen seront moins équipées en chars. Sept Pz Div seront disponibles à l'aube du 10 mai 1940.

 

"Infanterie Divizion motoriziert"

 

Les ID (mot.) diffèrent des ID totalement hippomobiles, par leur complète motorisation. Elles sont composées de 3 Regiments d’infanterie et d’un groupe de reconnaissance, doté de 12 SdKfz 232 et de 36 SdKfz 221/222.

 

Considérée ainsi avec recul, cette "bien légère" Terrot... de la légendaire manufacture française de Dijon... Considérée ainsi avec recul, cette "bien légère" Terrot... de la légendaire manufacture française de Dijon...


 

Trois initiales, pour un équipement bicylindre BMW... Trois initiales, pour un équipement bicylindre BMW...


 

Ce soldat du 2è Régiment de Chasseurs ardennais (de Bastogne en 1940 / Belgique) ne sait pas encore que son destin sera scellé peu après le 14 mai, comme celui de bien des soldats français venus à son secours... Ce soldat du 2è Régiment de Chasseurs ardennais (de Bastogne en 1940 / Belgique) ne sait pas encore que son destin sera scellé peu après le 14 mai, comme celui de bien des soldats français venus à son secours...


Avec ou sans soutache ? Avec ou sans soutache ?

 

A propos du couvre-chef (calot)...

Au début du second conflit mondial, le "V" renversé (soutache) peut se décliner en 4 couleurs différentes (Waffenfarbe). Le rose est destiné aux équipages de blindés ; le jaune "or" aux unités de reconnaissance ; le jaune "citron" aux membres des transmissions, et, de noir ou de blanc pour les unités blindées du génie. Cette soutache disparait en septembre 1942, en même temps que les calots de couleur Feldgrau,... enfin, en théorie, car on retrouve sur les champs d'opération, jusqu'à la fin du conflit, des coiffures, de ce type, arborant une soutache...

Pour clore, notons que le calot porté par les officiers est bordé d'un liseré "argent", sur le pourtour du rabat.

 

Adossé à une Peugeot 202 de 30 chevaux, modèle fabriqué de 1938 à 1949, ce lieutenant insouciant qu'un capitaine, comme lui, français, perce du regard... Adossé à une Peugeot 202 de 30 chevaux, modèle fabriqué de 1938 à 1949, ce lieutenant insouciant qu'un capitaine, comme lui, français, perce du regard...

 

Ces deux mêmes officiers français posant plus sérieusement, en compagnie de leur estafette, et, tournant tous trois le dos au monument aux morts du village de Haut-le-Wastia Ces deux mêmes officiers français posant plus sérieusement, en compagnie de leur estafette, et, tournant tous trois le dos au monument aux morts du village de Haut-le-Wastia

 

En mai 1940, le capitaine Huet sert en qualité de chef d'escadron de cavalerie au sein du 1er Groupe de reconnaissance de division d'infanterie (1er G.R.D.I.), sous les ordres du colonel Henri Préaud. Le 1er G.R.D.I. retarde l’avance ennemie entre l’Ourthe et la Meuse, puis sur l’axe Haut-le-Wastia - Beaumont - Avesnes, du 13 au 17 mai...

 

Dans les premières heures du conflit, ce soldat semble sourd à l'idée que la grande Allemagne puisse perdre, cette guerre-là ! Dans les premières heures du conflit, ce soldat semble sourd à l'idée que la grande Allemagne puisse perdre, cette guerre-là !

 

En 47 jours de bataille à l'Ouest, 100.000 Français, Anglais et Belges sont morts. L'armée allemande a quant à elle perdu 2.000 hommes chaque jour durant ces combats (tués, blessés, prisonniers, disparus). Preuve en est que l'armée belge et celles de ses alliés n'étaient pas composées que de fuyards...

Septembre 1944, l'armée allemande est en pleine débâcle.

"Le dimanche 3 septembre dans l'après-midi, les Allemands massacrent cinq maquisards aux abords de la ferme de "Bruant", entre Bioul et Warnant. Arrivés à Anhée, ils passent sur la rive droite de la Meuse avant de faire sauter le pont d'Yvoir puis celui de Houx, dans le but de retarder l'avance alliée.

Le lendemain, le 4 septembre, la bataille fait rage, les Allemands sur la rive droite, alors que les premiers éléments Alliés sont sur la rive gauche, obligeant les habitants d'Anhée à se terrer dans les caves.

Vers 9 heures, un groupe de SS revient en barque sur la rive gauche pour envahir le village suivit, une heure plus tard, par une seconde bande. Ils investissent les maisons de la Grand-rue.

Courageux, le bourgmestre, M. Pluymers, tente en vain d'amadouer un sous-officier.

A 12h30, la population constate une accalmie et se hasarde dehors. Soudain, revenus sur la rive gauche à hauteur du pont de Houx, un officier allemand à la tête d'une cinquantaine de soldats réinvestit le village.

C'est le début de l'horreur...

Systématiquement, le feu est bouté aux maisons de la rue du Village sur près d'un kilomètre. Joseph Collin, 64 ans et son fils Firmin, 26 ans, fuyant leur domicile en feu, sont abattus.

Environ cinquante personnes se sont réfugiées dans "l'abri public". Les Allemands ordonnent aux hommes de sortir, ceux-ci à peine dehors, la fusillade éclate tuant Jean Ligot, 47 ans ; Jules Frippiat, 33 ans et Antoine Stevenne, 35 ans. D'autres, blessés plus ou moins grièvement parviennent à s'échapper par les jardins.

A cet instant, Madame Closset-Sovet, en uniforme d'infirmière sort de sa maison transformée en poste de la Croix Rouge, s'élance au-devant de l'officier pour le prier en vain d'arrêter le carnage. Celui-ci tenait en main son revolver encore fumant d'avoir abattu les trois hommes.

Madame Closset quitte l'officier et se précipite héroïquement vers les soldats allemands incendiaires pour leur arracher les torches des mains.

Vers 17 heures, arrive un officier français accompagné de deux soldats qui, passant devant la maison d'Isidore Scailteur, remarque la présence de trois Allemands, deux sont abattus sur place, le troisième parvient à s'enfuir. Trois jours plus tard, il sera retrouvé mourant caché dans un tonneau.

L'horreur ne s'arrête pas ici.  Durant la nuit suivante, les Allemands sont revenus dans la maison d'Isidore Scailteur dans le but de récupérer les deux cadavres. L'occupant des lieux âgé de 84 ans, effrayé par cette visite inattendue, tente d'apitoyer ses visiteurs en leur montrant une énorme hernie qui le handicape. Une brute saisi sa baïonnette et la plonge dans son hernie. Le malheureux est retrouvé le lendemain, soutenant de ses mains, ses intestins déchirés. Il meurt peu de temps après."

Trois jours plus tard, Anhée est libérée par les GI's.
                                                    -  -  -

Autres scènes d'horreur à Anhée en septembre 1944...

- Honoré Roland
Le jeune homme âgé de 20 ans est abattu sans raison devant ses parents et sa maison est incendiée.
- Joseph et Victor Bertrand
Les malheureux frères Bertrand (Joseph, 64 ans ; Victor, 67 ans) sont obligés de sortir de chez eux et ensuite abattus.
- Auguste Pintelon
Un habitant d'Ostende réfugié à Anhée et qui connait la langue allemande sort de chez M. Cailteur pour tenter de parlementer avec les criminels. A peine a-t-il ouvert la bouche qu'il est abattu.
- Edmond Puissant
Un jeune soldat SS âgé de 17 ans environ s'engage dans la rue du "Bon Dieu". Il y rencontre M. Edmond Puissant sortant de chez lui, et, accompagné de ses quatre petits-enfants qu'il conduit dans un abri.
Le Jeune SS lui intime l'ordre de lâcher les enfants et de s'approcher de lui. Pressentant le drame, le malheureux implore la pitié pour ses petits, mais en vain le "boche en herbe" l'abat sans autre formalité.

 

Par Jean et Hélène

Document publié dans "Période 1940-45"

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 19:50

L'espace extérieur et le mémorial sont ouverts tous les jours de la semaine et libres d’accès.

Compter minimum une heure et demi pour la visite du site…

 

Le domaine de Beaumont-Hamel, situé sur la D73 reliant les communes de Thiepval à Auchonvillers, s'étend sur une superficie de +/- 30 hectares.

Après achat, au sortir de la Première Guerre mondiale, par l'aumonier régimentaire Tom Nangle, grâce à des fonds recueillis en grande partie par des Terre-Neuviens, le terrain fut réaménagé en 1960. Il demeure à ce jour pleine propriété du Newfoundland et Labrador, province canadienne dont dépend Terre-Neuve. Cette île, d’une superficie de 115.220 kilomètres carrés (3 fois la surface de la Suisse ; 4 fois celle de la Belgique), située au Nord-Est du fleuve Saint-Laurent, à même latitude que Nantes-Paris-Anvers, vit partir au combat, vers les Dardanelles (Gallipoli) et ensuite en France (mars 1916), plus de 6.000 de ses hommes ; 1.305 ne revinrent jamais au pays.

 

Ce lieu de mémoire est consacré pour bonne part à ces Terre-Neuviens-là.

 

La visite commence en sous-bois par le monument dédié à la 29è division de l’Empire britannique, dont faisaient partie les soldats terre-neuviens.

 

Plus en avant, à quelques pas de là, du haut de son promontoire, un caribou de plus de 2 mètres de hauteur, dont l'effigie est présente sur la monnaie canadienne (25 cents), tout en étant le symbole du grand nord canadien, et, de Terre-Neuve particulièrement, surplombe une table d’orientation représentant la position des armées en présence. De là même où, à cette époque reculée, s’élancèrent, entre autres, les troupes terre-neuviennes, le 1er juillet 1916, après que l’explosion de mines (fourneau de mine) ait sonné le coup d’envoi de l’offensive, en même temps qu’elle faisait voler en l’air, au moyen de ses 18 et 27 tonnes de TNT, les positions allemandes de Hawthorn Ridge (crête des aubépines) et de Redout Mine, à Beaumont Hamel. Il était de 7H20 à 7H28 ; soit pour la dernière explosion, deux minutes précises avant l’heure (‘Z’éro) du déclenchement des hostilités proprement dit.

 

Au pied de la butte figurent 3 plaques sur lesquelles sont inscrits les noms des 814 Terre-Neuviens demeurés sans sépulture ; ceux-ci représentant à eux-seuls soixante pour cent des effectifs morts au combat ou décédés en mer (marine).

 

Le domaine en lui-même est resté en l’état depuis la Première Guerre mondiale, même si les années et la végétation ont contribué quelque peu à éroder, combler… tranchées, boyaux de communication, abris, et autres trous de bombes ou d’obus… Pour l’heure, une quinzaine de moutons errent en semi-liberté et assurent l’entretien du domaine, en même temps qu’un circuit bétonné permet de circuler aisément sur le site qui compte également un petit cimetière militaire en contrebas.

 

C’est à la mi-novembre 1916, soit, après quatre mois et demi de féroces combats dans la région, que la 51è division britannique parvient à prendre les positions allemandes de Beaumont-Hamel.

 

Un monument à la gloire des Highlanders écossais est érigé, non loin et en hauteur de la ravine en "Y", à l'extrémité Sud-Ouest de la propriété. En son sommet, un Ecossais, la jambe fléchie, se tient là, surplombant deux lions, comme pour rappeler aux passants que les positions allemandes lui faisaient face... Mais, aussi, sachant qu'il se trouve non loin de lui, dans le prolongement du regard, un autre monument, moins prestigieux cette fois, mais, tout aussi symbolique : une croix celtique sculptée dans le bois et symbolisant le sacrifice des officiers, sous-officiers et hommes de troupe de la 51è division ayant combattu à "High Wood".


* * *

 

La première journée de la Bataille de la Somme, le 1er juillet 1916, détient le triste record de la journée la plus sanglante pour l'armée britannique, avec 58.000 victimes dont 19.240 morts. En l'espace d'une demi heure, l'effectif du Bataillon des Terre-Neuviens passe de 802 à... 68 hommes.

 

En  ce qui concerne la Bataille de la Somme, il s'agit là d'une, voire de la confrontation la plus meurtrière de l'histoire humaine (hors victimes civiles) avec, parmi les belligérants, environ 1.060.000 victimes, dont approximativement 442.000 morts ou disparus.

 

 

Durant la Grande Guerre, les pertes britanniques, en ce compris les colonies, s’élevèrent à elles-seules à 1.200.000 tués et disparus.

 

Pour la France : 1.393.000

Pour l'Empire allemand + Autriche-Hongrie : 1.950.000 + 1.047.000

 

Pertes humaines reportées au nombre d’hommes actifs

 

10,5 %  France
  9,8 %  Allemagne
  9,5 %  Autriche-Hongrie
  5,1 %  Royaume-Uni


Chargé de symbolique...

 

Chargé de symbolique...

Monument au bas duquel figurent les noms des 820 Terre-Neuviens ayant servi dans le bataillon d’infanterie, ainsi qu’au sein de la marine royale et de la marine marchande, et, n'ayant pas de sépulture connue.

 

Un Highlander, le regard fixé en direction de l'ennemi d'hier... Un Highlander, le regard fixé en direction de l'ennemi d'hier...

Tranchées et trous d'obus... Tranchées et trous d'obus...
Sépulture visible dans le petit cimetière à côté de la ravine en "Y" Sépulture visible dans le petit cimetière à côté de la ravine en "Y"

Les trois cimetières britanniques : du ravin en Y ; de Hunter et n° 2 de la crête de Hawthorne furent aménagés pendant la guerre, après le repli allemand de mars 1917 sur la ligne Hindenburg, située un peu plus au nord. Le cimetière Hunter offre la particularité d’avoir été aménagé dans un grand trou d’obus.

Les mines...

La mine explose à 7h28, heure "Z"... La mine explose à 7h28, heure "Z"...

Le cratère de La Boiselle compte 420 000 mètres cube de terre déplacée, pour 300 mètres de circonférence et 40 mètres de profondeur...

 

Pour information...

Le LOCHNAGAR CRATER MEMORIAL fait l'objet d'une cérémonie du souvenir, tous les 1er juillet à 7H30 du matin. A cette occasion, des milliers de coquelicots sont alors jetés au fond de l'entonnoir...

 

Le point de l'explosion (mine) en haut à gauche... Le point de l'explosion (mine) en haut à gauche...

Position des armées, le 1er juillet 1916

En bleu, les lignes allemandes...

La rivière Ancre divise, par son tracé courbé, les lignes de défense des deux armées (arrondi de 3 à 6 heures)...

 

Les gueules cassées


Le défilé de la victoire, 1919

Par Jean Galtier-Boissière

 

La Grande Guerre a laissé entre 10.000 et 15.000 démobilisés défigurés, certains d'entre-eux n’ayant même plus de lèvres ou de mâchoire pour retenir leur salive. Ces "gueules cassées" constituent un des pires héritages de la guerre 14-18. Pour ces jeunes hommes, toute réinsertion au sein de la société de l’après-guerre allait être très difficile, alors que, sur le champ de bataille, ils avaient déjà perdu une part de leur identité. Mais aussi... Aux épreuves morales eurent à s'ajouter de dramatiques problèmes matériels ou professionnels, alors que se profilaient déjà les difficultés économiques des années 1920... guère propice à l’embauche de mutilés...

ATTENTION !

Les images présentes, à l'adresse suivante (YouTube), pourraient choquer les plus sensibles...

http://www.youtube.com/watch?v=mvWno7l1dcc&NR=1

 

Effectifs mobilisés

La guerre de 14-18 vit s'affronter +/- 65 millions de soldats, parmi lesquels on compte : 12 millions de Russes ; 11 millions d’Allemands ; 8,9 million de Britanniques ; 8,4 million de Français ; 7,8 million d’Austro-Hongrois ; 5,6 million d’Italiens, 4,3 million d’Américains ; 2,8 million de Turcs et 1,2 million de Bulgares… Sans oublier les soldats recrutés au sein des colonies françaises et anglaises.

Mais également...

Côté français, la guerre de 14, c'est :

30 à 40.000 mutins ; 554 condamnations à mort prononcées ; 45 fusillés...

 

 

Docmentaire de l'Office National du Film du Canada


Nos remerciements vont en direction du personnel rencontré sur les différents sites visités, et, qui a contribué à la bonne réalisation de ce reportage.

 

 

 

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