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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:19

1885-1940 : le Parti Ouvrier Belge

Le POB voit le jour en avril 1885. Sa naissance est le résultat d'un lent processus de regroupement de plus d'une centaine d'associations ouvrières et démocratiques. La plupart d'entre elles, telle le premier Parti socialiste belge fondé en 1879, sont de création récente, mais certaines se présentent toutefois comme les héritières de groupements plus anciens.

Le congrès inaugural du parti eut lieu à Bruxelles, au café Le Cygne. Il prit alors, sur une proposition de César de Paepe, le nom de Parti ouvrier belge (POB) ou Belgische Werkliedenpartij en néerlandais (BWP).

Avant 1885, le mouvement ouvrier connaît, en Belgique, plusieurs phases déterminantes :

- dans les années 1840, le travail de précurseurs accompli par de nombreux intellectuels et beaucoup d'artisans avec l'aide d'exilés étrangers tels Karl Marx ;

- en 1848, l'effervescence révolutionnaire à l'exemple de la France, mais qui s'avère sans lendemain en ce qui concerne la Belgique ;

- à la fin des années 1850, c'est la création des premiers grands syndicats ouvriers ;

- dix ans plus tard, celle de l'Association internationale des travailleurs (AIT).

Issu, en 1885, de la volonté d'organiser toute la classe ouvrière par l'union de ses défenseurs et pour la conquête de réformes progressives, le POB se construit idéologiquement autour de divers courants de pensée socialiste. Cette synthèse sera incarnée par un de ses fondateurs, César de Paepe, puis par le futur président du parti, Emile Vandervelde, principal auteur de la Charte de Quaregnon ; document qui sera longtemps le seul texte doctrinal officiel de l'idéologie socialiste belge.

Dans cet esprit, le parti ouvrier agit dans plusieurs directions. D'une part, il conduit le difficile parcours vers l'égalité politique, en recourant à plusieurs reprises, entre 1890 et 1913, à la grève générale. C'est ainsi qu'entre autre, en 1893, le POB déclenche une grève, dans tout le pays, afin que soit voté le suffrage universel. Des heurts avec la police, lors de manifestations, feront plusieurs morts. A la suite de ces incidents, le vote censitaire (pour celui qui paie l'impôt) est remplacé par le vote plural (valeur ou "poids" différent du votant, suivant son niveau d'imposition). Dans le même temps on voit apparaître l'émergence d'un réseau de mutuelles, de coopératives, de groupes culturels et sportifs et de syndicats…

Dès l'année 1894, le congrès annuel du POB adopte à Quaregnon une charte portant encore son nom, et, qui décrit les fondements et valeurs adoptées par le mouvement socialiste belge. L'organe se définit notamment comme le défenseur de tous les opprimés, quels que soient leur nationalité, leur sexe, leur religion ou "leur race". Durant cette même année, les premiers députés socialistes entrent au Parlement.

Plus tard, le dernier jour de juillet 1914, le parti reçoit à Bruxelles des représentants de plusieurs organisations socialistes étrangères. Lors d'un grand meeting les représentants s'associent dans le but d'une action commune devant empêcher que n'éclate une guerre, celle d'août 1914. Cet espoir sera vain, face à une motion et le vote de crédits de guerre de la part des socialistes tant français, qu'allemands.

Durant la Première Guerre mondiale, alors que l'armée belge combat sur le front de l'Yser, le gouvernement belge s'exile en France, au Havre. Là-bas, le parti socialiste, en ce compris, Vandervelde qui s'est lui-même exilé, suspend son action antimilitariste.

Toutefois, en plein milieu de la guerre (1916), Camille Huysmans participe, à Stockolm, à une rencontre officieuse entre socialistes des pays belligérants ; cela, dans l'espoir de lancer un processus pouvant amener à la paix. Comme on le sait l'exercice s'avèrera sans effet…

Les socialistes prennent part, dès novembre 1918, à un gouvernement d'union nationale, aux côtés des Catholiques et des Libéraux. Ce type de coalition se maintiendra jusqu'en 1921.

En 1919, le suffrage universel est instauré. Le POB obtient d'entrée de jeu septante députés et quatre ministres au gouvernement. Cette période voit se réaliser un ensemble de réformes politiques, économiques et sociales revendiquées de longue date par les socialistes. Ainsi : la liberté syndicale, la journée de huit heures, la pension de vieillesse, l'assurance chômage, une loi promulguée pour contrer l'alcoolisme, la progressivité de l'impôt, en fonction de la hauteur des revenus...

En mai 1921, Joseph Jacquemotte et ses partisans quittent le POB, pour fonder le Parti communiste belge, qui se ralliera, quelques mois plus tard, au Parti communiste, dirigé par War Van Overstraeten. L'ensemble des effectifs formera, ensuite, le Parti communiste de Belgique.

En 1925, le POB devient le premier groupe à la Chambre. Il revient ainsi au pouvoir, allié à l'aile démocrate-chrétienne du parti catholique. Cette coalition de gauche ne durera que quelques mois, et, après une brève tripartite, les socialistes retourneront dans l'opposition jusqu'en 1935.

Face à la crise et à la politique gouvernementale de droite, le POB contre attaque en 1933, en prenant appui sur des théories économiques (Plan du Travail) élaborées par Henri de Man (régime d'économie mixte).

Lors du congrès de la Noël 1933, ce Plan est adopté par le parti. Cette prise de position rompt ainsi, avec plusieurs piliers fondamentaux du marxisme favorables à des socialisations et non à des nationalisations (… des outils de production).

En 1935, le POB revient au pouvoir dans une tripartite avec les libéraux et les catholiques. Le parti ne parviendra toutefois pas à faire accepter ses opinions par rapport au Plan de travail qu'ils ont élaboré…

Des tensions apparaîtront au sein même du groupe.

L'internationalisme et le réformisme de la vieille génération, emmenée par Émile Vandervelde, sont contestés par Paul-Henri Spaak et Henri de Man, qui, pour leur part, proposent un socialisme national visant à restaurer l'autorité.

Les affiliés socialistes ne comprennent pas l'attitude de P.-H. Spaak, en charge du ministère des Affaires étrangères, et, qui désire maintenir la représentation diplomatique belge auprès du gouvernement de droite espagnol. Spaak refuse d'impliquer la Belgique dans la Guerre d'Espagne, faute de représentativité (majorité parlementaire).

En 1936, alors qu'un vaste mouvement de grève bat son plein en Belgique, le gouvernement obtient du patronat la mise en place du régime des quarante heures semaine,  dans certaines industries, ainsi que le paiement de congés payés.

De 1936 à 1940, le parti socialiste participe à plusieurs gouvernements. Il soutient entre autre la politique de neutralité et de réarmement de l'armée. Ces dispositions sont par ailleurs largement soutenues par une majorité parlementaire.

Le 10 mai 1940, lorsque l'Allemagne nazie envahit la Belgique, le parti, unanimement anti-fasciste, fait bloc, avec les autres représentations parlementaires, toutes couleurs confondues.

C'est par ailleurs Paul-Henri Spaak, ministre des affaires étrangères, qui reçoit l'ambassadeur d'Allemagne venu lui signifier la déclaration de guerre de son pays à la Belgique.

Le 28 mai, à l'issue des combats (campagne des 18 jours), et alors que les armées françaises et anglaises sont encerclées (avec des éléments des forces belges, réfugiées à Dunkerque), le roi décide d'une reddition.

Le premier ministre, Hubert Pierlot (catholique) et le ministre des affaires étrangères Paul-Henri Spaak (socialiste) refusent de demeurer en Belgique sous diktat allemand ; ils quittent le pays, sans remettre leur démission au Roi, pour se réfugier en France.

Dans un premier temps installés à Bordeaux, plusieurs ministres, dont le socialiste Camille Huysmans, gagnent l'Angleterre, afin d'y continuer la guerre, avec ce qui demeure des forces belges ayant pu se soustraire aux Allemands.

Les ministres Pierlot et Spaak s'installent d'abord dans le Sud-Ouest de la France, auprès du gouvernement français avec lequel le gouvernement belge a voulu lier son sort (comme en 1914-18). Ce même gouvernement français, qui par ailleurs a dû quitter Paris face à l'avancée de l'armée allemande, se saborde, au cours d'une séance du parlement ("réfugié"). C'est dans ces conditions que le maréchal Philippe Pétain prendra, très peu de temps ensuite, les rênes d'un gouvernement fantoche et collaborationniste, sous autorité allemande.

Pour les ministres belges, mais essentiellement pour Spaak, "marqué" par sa couleur politique, par les Allemands, le périple sera dangereux, pour rejoindre Londres…

Ainsi, Hitler fait savoir, par l'entremise des autorités françaises, que les représentants du gouvernement belge en exil ont perdu toute protection diplomatique sur sol français. Dans ce contexte, et, comprenant qu'ils pourraient être livrés aux Allemands, Pierlot et Spaak quittent "leur refuge" de Sauveterre-de-Guyenne, pour l'Espagne.

Ils parviendront au Portugal, pays neutre, sans encombre, cachés dans le double fond d'une camionnette, afin d'échapper aux fascistes du général Franco, favorables aux  Nazis.

Durant toute la durée de la guerre, les socialistes siègeront dans le gouvernement d'union nationale exilé à Londres. Dès lors, comme durant la période 1914-1918, la représentation belge participera, loyalement à la politique de guerre de la Belgique et de ses alliés.

Par ailleurs, et, dans le domaine militaire, ce gouvernement chapeautera la mise en place d'escadrilles, parmi lesquelles 28 aviateurs belges opéreront auprès des Britanniques, lors de la prestigieuse et décisive bataille d'Angleterre.

Les soldats belges constitueront des forces déployées en Abyssinie (troupes du Congo Belge), au Proche-Orient, ainsi qu'ailleurs.

Sur le plan purement politique, l'action militaire belge offrira à Paul-Henri Spaak (comme à Charles De Gaulle) le moyen d'imposer la représentation de sa nation au sein des pays alliés. P.-H. Spaak sera, dès 1942, officiellement partenaire de l'initiative du Général De Gaulle (Comité des Français Libres).

Par ailleurs, un ambassadeur belge sera nommé, en 1943, à Alger.

Parallèlement à des initiatives impliquant des responsables politiques influents à l'extérieurs de la Belgique (diplomatie), Spaak sera impliqué dans les accords selon lesquels la Belgique fournira aux Américains du président Roosevelt, les minerais en provenance du Congo (uranium, etc.) ; produits qui contribueront de manière significative, pour part, à la victoire déterminante des USA sur le Japon.

Cette politique économique vaudra ainsi, à la Belgique, un crédit financier particulier auprès des Américains. Ces fonds joueront, dès lors, un rôle majeur dans le redressement économique de la Belgique d'après guerre (Plan Marshall).

 

Evolution des rapports sociaux dans les entreprises belges durant les XIXe et XXe siècles

 

Introduction

 

Au XIXe siècle, les avancées sociales, tant dans les mines que pour l'ensemble des autres secteurs industriels, sont mineures, et, la plupart du temps source de conflits. Les patrons souhaitent réaliser de gros profits en sous-payant les ouvriers (prolétaires), et ce, dans le but d'arriver à moderniser leur outil de production (machine à vapeur, mécanisation…). Le patronat ne souhaite en rien que des libertés soient accordées aux prolétaires, de peur que ces derniers s'instruisent, s'émancipent, et finissent par se rebeller contre leurs patrons.

 

1. Les mines liégeoises

 

Dès le XIIe siècle commence l'extraction d'une terre noire propice à produire de la chaleur. Ce matériau portera un nom wallon, la houille. Ce combustible provenant de l'âge du carbonifère contribuera grandement à la prospérité économique de la région liégeoise et de Charleroi. L'exploitation charbonnière ne cessera de se développer durant plusieurs centaines d'années. Grâce aux diverses améliorations techniques apportées dans le sillon de la révolution industrielle, le travail dans la mine s'avère moins dangereux. Toutefois, la nécessité de produire toujours plus, rend l'extraction des minerais plus risquée, en vertu du fait que les ouvriers ont peu de moyen de pression à opposer aux patrons.

La grande grève de 1886 permet toutefois des avancées sociales et matérielles. C'est également à cette époque que démarre véritablement une prise de conscience des laïcs, mais également de certains religieux, tels que l'Abbé Daens à Alost ou l'Abbé Pottier à Liège. Avec l'arrivée au parlement de Daens, les questions sociales relatives au prolétariat font leur entrée au plan politique. Dès lors, une législation sur le travail se met en place ; la représentation ouvrière se structure.

 

2. La situation ouvrière en 1850

 

A cette époque, moitié du XIXe sicle, la politique économique de l'Etat et la question ouvrière se présentent sous deux aspects distincts. D'un côté, il y a les problèmes liés à une législation rétrograde contenant des éléments véritablement discriminatoires à l'égard des ouvriers ; d'un autre côté, en présence de certaines conditions de travail déplorables, la question se pose de savoir s'il ne convenait pas de prendre des mesures prioritairement protectrices au niveau des postes de travail.

C'est dans ce contexte que débutèrent les premières négociations entre patrons et travailleurs, et, que n'acquirent les représentations syndicales.

 

3. Historique des évolutions sociales en Belgique et naissance des syndicats

 

Avant la fin des années 1700 n'existaient seulement que le travail artisanal, les corporations et les guildes ; des organisations structurées par métier et non par positions sociales ; les patrons (maîtres) et travailleurs (ouvriers et apprentis) s'y retrouvaient ensemble.

Seules les associations de compagnons étaient en droit d'exercer une forme de défense professionnelle des travailleurs à l'encontre des patrons.

L'invention de la machine à vapeur, sa mise en production et son commerce à grande échelle (première introduction en Belgique en 1785) permet le recours à d'autres modes et méthodes de production. La mécanisation fait ainsi son apparition en de nombreux secteurs d'activité, où les entrepreneurs, dans un premier temps, font appel à moins de travailleurs ; ces derniers sont dès lors soumis à des conditions de travail et de vie exécrables, inhumaines.

En 1789 éclatent les révolutions brabançonne et liégeoise. Les associations de compagnons prônent des augmentations salariales, la réduction du temps de travail et le paiement des heures supplémentaires… (Déjà !) La loi "Le Chapelier" de 1791, qui doit permettre de libérer l'économie de toute entrave, est promulguée en tous endroits où s'exerce l'autorité française, en ce compris sur le territoire "belge"…

Interdiction est décrétée de constituer des réunions de gens de métier, cela, tant pour les patrons que pour les ouvriers. Toute association ou coalition sera sévèrement punie. Très rapidement, toutefois, des associations, qui souhaitent se prémunir des violences patronales, sont fondées. Ces organes constituent la prolongation des anciennes associations de compagnons, avec une fibre ou une sensibilité sociales marquées par un souci de plus grande solidarité.

 

Avancées sociales et chronologie…

 

1813 : l'âge minimum pour le travail des enfants dans les mines est remonté à l'âge de 10 ans ;

1841 : création du syndicat des mineurs du Centre (Hainaut) ;

1859 : crise économique ; premier syndicat d'ouvriers des tisserands et fileurs de Gand ;

association de quelques mutualités du milieu artisanal et tentative de création d'associations professionnelles à Bruxelles. Apparition des syndicats de la  métallurgie ;

1860 : unification des syndicats de la métallurgie au sein de l'Union des Travailleurs ;

1885 : fondation du Parti Ouvrier Belge (POB) ;

1886 : importantes émeutes à Liège et dans le Hainaut, grève générale et emprisonnement de "meneurs". Alfred Defuisseaux publie son "catéchisme du peuple" en 260.000 exemplaires, afin d'exhorter les travailleurs à s'organiser pour obtenir le suffrage universel ; en Flandre sont créées une série d'associations professionnelles chrétiennes, en réaction au monde socialiste ; les syndicats ont existence légale, toutefois, aucune pression, ni violence ne peuvent être exercées afin d'empêcher le travail d'être exécuté.

1888 : loi portant sur la création de l'inspection du travail ;

1889 : règlement portant sur l'emploi des femmes et des enfants ;

1890 : célébration de la Fête du Travail : à ce propos, en Belgique, ce jour ne sera considéré comme férié, qu'à partir de 1947 (fêter ce jour avant cette date était synonyme de perte de rémunération journalière) ;

1893 : grève générale pour l'obtention du suffrage universel ; le gouvernement accorde le vote plural : seulement les hommes ont droit de vote, sous certaines conditions (propriétaire, dirigeants, statut particulier…) des hommes obtiennent une représentation individuelle comptant 2, voire 3 voix…

1898 : loi portant sur les associations professionnelles et stipulant à quelles conditions les syndicats doivent répondre afin d'obtenir une personnalité juridique. Cette loi contraint le POB et d'autres syndicats, déjà existants, à démanteler leurs structures ;

1900 : premières élections selon le mode du vote plural à la proportionnalité ;

1905 : le repos dominical est instauré ;

1909 : la durée du temps de travail dans les mines est ramenée de 12 à 9 heures par jour ;

16 fédérations flamandes s'associent afin de constituer l'Union des Associations Professionnelles chrétiennes ; quelques mois plus tard, la Confédération générale des Syndicats Chrétiens et libres des provinces wallonnes est créée.

1912 : fusion des ailes wallonnes et flamandes dans une seule et même Confédération des Syndicats Chrétiens, la CSC.

1914 : loi sur l'enseignement rendu obligatoire, qui fait passer l'âge de la scolarité minimum, de 6 à 14 ans : à ce propos, la Guerre 14-18 ne rendra les effets possibles de cette loi, qu'à partir de 1919 ;

1918 : loi sur la journée des 8 heures légales, ainsi que sur la liberté syndicale ; création de la société nationale des habitations à bon marché ;

1919 : le suffrage universel masculin, un homme - un vote, entre en vigueur ;

1921 : instauration de la journée de travail limitée à 8 heures ; la liberté d'association est autorisée par la loi ; la reconnaissance des syndicats est un fait ; le mouvement syndical enregistre des résultats qui font que de 129.000 affiliés en 1914, ses membres passent à 690.000 unités en 1921 ;

1924 : la pension de vieillesse est un fait ;

1925 : création dans chaque commune d'une Commission d'Assistance Publique (qui deviendra plus tard, et, après la fusion des communes, le CPAS (Commission Publique d'Aide Sociale), en 1976 ;

1930 : création du fonds des allocations familiales ; il s'agit en cela d'encourager la natalité et d'augmenter les revenus des travailleurs (ménages), sans toutefois raboter les salaires.

1935 : après les USA et sa grande crise de 1929, c'est au tour du continent européen d'en subir les effets ; le regard porté à l'égard des chômeurs change ; le phénomène apparaît comme une menace potentielle pour tout un chacun ; l'Office National de Placement et de Chômage est instauré ; l'âge de la scolarité obligatoire passe de 14 à 16 ans.

1936 : après une grève générale, qui mobilise un million et demi de travailleurs, le gouvernement vote les premiers congés payés (durée : une semaine) ; dans le secteur des mines on décrète la semaine des 40 heures ;

1942 : les instituteurs, les postiers et les fonctionnaires fondent dans la clandestinité le syndicat général unifié des services publics (SGUSP) ;  

1944 : suite à des négociations menées à Londres, durant la Guerre 40-45, entre syndicats, patrons et gouvernement belge en exil, en décembre 44 sont créés officiellement les fondements de la Sécurité Sociale, avec un fonctionnement tel que nous le connaissons actuellement : ce modèle est basé sur la contribution des 3 piliers que sont… l'Etat ; les travailleurs et les patrons ;

1945 : création, en avril, de la Fédération Générale des Travailleurs de Belgique (FGTB) qui succède à la CGTB ;

1948 : les femmes obtiennent le droit de vote aux élections législatives, alors que sous certaines conditions elles pouvaient se présenter comme candidates aux élections, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, sans pouvoir prendre part au scrutin ;

1960 : durant l'hiver 60/61, le vote de "la Loi unique" provoque des "grandes grèves" qui paralyseront essentiellement la Wallonie, et ce, durant près d'un mois. En Flandre, l'opposition nettement affirmée de l'Eglise aura, pour sa part, des effets dissuasifs. Dans le même sens, en Wallonie, le ton fédéraliste infléchi par André Renard à l'égard de la grève en dissuadera plus d'un d'y participer.

1973 : la Belgique subit le premier choc pétrolier ; le taux d'inflation s'emballe ; la frange de travailleurs sous-qualifiés ou de marginaux que compte le pays (+/- 50.000) va être multipliée par 10, pour attendre le demi million de sans emplois.

La manière de faire des syndicats se transforme ; celle du patronat également. La catastrophe qui s'annonce est de taille ; il est impératif d'envisager autrement les relations sociales. Le moment est choisi ; l'Etat se posera dorénavant en arbitre lors des tensions, ou, pour soutenir financièrement vers une solution.

De nombreuses mesures seront prises mettant fin au processus vers un meilleur progrès social.

1983 : grève générale des services publics contre les mesures d'austérité prévues par le gouvernement "Martens-Gol" ; les différents gouvernements emmenés par un premier ministre CVP mettent en place des processus de démantèlement des acquis de la sécurité sociale ; réponse justifiée afin d'atténuer les effets de la dette sur les finances publiques. Le chômage demeure toutefois élevé, alors que le pouvoir d'achat ne cesse de diminuer. 

1986 : en mai de cette année là, grève des travailleurs des services publics à l'égard des mesures d'assainissement prises par le gouvernement, dans le cadre des pouvoirs spéciaux (sans vote au Parlement) ; 

1988 : changement de gouvernement ; reprise de l'activité économique et légère diminution du nombre de chômeurs.

1990 et plus… : ces 20 dernières années ont été marquées par de nombreuses fermetures d'entreprises et par une politique très contraignante de restrictions budgétaires, nécessaires à réduire le déficit chronique de l'Etat et la compétitivité entre les états.

Les nouvelles technologies, la modification de comportement à l'égard du capital, l'unification européenne, l'euro, introduisent une ère visant seulement le maintien des acquis. Les combats syndicaux changent d'orientation. Ils ne peuvent plus guère être menés pour l'amélioration des conditions de travail… mais bien dans le souci d'un adoucissement des conditions de licenciement : qu'ils soient individuels ou collectifs…

Le régime de la pré-pension et l'appel au chômage partiel se répandent dans tous les secteurs d'activés, sauf en ce qui concerne les fonctionnaires et agents de l'Etat, où là aussi des mesures contraignantes sont prises en terme d'économie.

 

 

Bibliographie


B.S.Chelpner, cent ans d'histoire sociale en Belgique, ULB, 1956 CRISP, dossier n°18: Le système de la décision politique en Belgique, 1983. X.Mabille, dossier: les relations du travail: le rôle des associations de travailleurs et syndicats, 23/02/02 R.Proveur, Panorama d'Histoire sociale de 1830 à 1960, UCL, 1982 Th. Jamin, cours d'histoire sociale et politique, syllabus, Liège, 1998

http://www.wallonie-en-ligne.net/wallonie-histoire/hist-econom-sociale/chap8-1.htm
http://www.blegnymine.be
http://www.cgsp.be

http://www.helmo.be/esas/mapage/apropos/bdliege.html

http://www.emploi.belgique.be/defaultTab.aspx?id=497

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 16:42

AFP 1653177024.3

Photo AFP

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Alors que ce week-end, la France et l’Allemagne célèbrent le cinquantenaire de leur réconciliation et que Angela Merkel et François Hollande se rencontrent à Reims,  cinquante-et-une tombes de soldats allemands de la Première Guerre mondiale ont été profanées dans un cimetière allemand à Saint-Etienne-à-Arnes (Ardennes).

 

Selon les premiers éléments de l'enquête, une cinquantaine de stèles ont été arrachées. Certaines de ces stèles auraient été utilisées pour un feu de camp.

 

Dans un communiqué, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, a condamné fermement cette profanation.

 

Une enquête a été ouverte.

 

(Source : La Semaine des Ardennes)

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 17:07

Christian Laporte

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Mis en ligne le 31/01/2013

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Sophie De Schaepdrijver, principale historienne flamande de la Grande Guerre, monte au front contre les projets du gouvernement Peeters.

Le Parlement flamand a décerné à "la" spécialiste flamande de 14-18, Sophie De Schaepdrijver tout comme aux juges Koen Lenaerts et Christine Van den Wijngaert et à Sœur Jeanne Devos sa médaille d’honneur de "Flamande méritante à l’étranger" pour ses travaux et son enseignement à la Pennsylvania State University. Pourtant, la Flandre et son gouvernement la snobent pour leurs commémorations. L’historienne réagit pour "La Libre".

Comment expliquez-vous ce qui ressemble à un boycott ?

Comme le dit Geert Bourgeois, "l’accent du projet est mis sur le patrimoine et le tourisme, pas sur l’historiographie". J’avoue ne pas comprendre cette dualité. Comme si, dès qu’on fait appel aux historiens, le patrimoine en pâtirait et les touristes ne viendraient pas ! Or ailleurs, en France et en Grande Bretagne par exemple, la synergie entre l’historiographie professionnelle et les grands efforts commémoratifs produit d’heureux résultats. Pour arriver à une telle synergie, il suffit, d’une part, d’une ouverture au public de la part des historiens, et, d’autre part, une ouverture à la complexité de la part des instances officielles. Or les historiens belges n’ont pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de dialoguer avec le public. C’est donc de la part des instances flamandes que le bât blesse. On perçoit un certain refus à inclure le regard des historiens. Nous sommes les empêcheurs de penser en rond. C’est un compliment en creux, mais cela n’en reste pas moins un affront collectif. Ceux dont l’histoire est le métier ne comptent pas en tant qu’experts. Quiconque s’est fait une opinion sur’14-’18 en feuilletant Tardi ou en remâchant les mythes du Pélerinage de l’Yser, a autant voix au chapitre que les historiens, voire plus. On rate, là, une chance. Car le public est ouvert, et même largement ouvert, à la complexité et à la nuance. C’est ce qui fait les bons films et les bons romans, après tout. Un peu d’audace ! Il ne faut jamais sous-estimer le public.

Geert Bourgeois entend aussi faire de l’anniversaire un événement très flamand. Cette récupération vous dérange…

Oui, parce qu’elle est, d’abord, simpliste et schématisante, et, ensuite, anachronique. Les revendications flamandes furent un élément très important de l’expérience belge de la Grande Guerre, mais on ne les comprendra qu’en les mettant en contexte. L’année 1917 fut une "année impossible" - je cite le titre de l’ouvrage de Jean-Jacques Becker - non seulement sur l’Yser mais à travers tout le monde belligérant; le malaise flamand sur l’Yser - qui connut des fluctuations et des limites - s’y inscrit. Notons aussi que le poids flamand sur l’Yser change la donne pour toute l’armée belge. L’auteur Max Deauville a très bien observé qu’une armée où plus de la moitié des soldats ne parle pas ou peu la langue dominante, générera une culture plus ironique vis-à-vis de "l’éloquence militaire". Tout cela pour dire que, dans ce pays, nous avons agi les uns sur les autres, et qu’il en est sorti des spécificités autrement captivantes que les clichés ennuyeux à pleurer du nationalisme d’où qu’il vienne. Je me permets de faire référence à mon grand-père paternel qui a fait l’Yser. Il tenait deux journaux de guerre. L’un, en flamand, écrit sous forme de lettres à son frère jésuite, met en scène un jeune étudiant catholique conscient de son rôle : il parle notamment d’une visite au leader flamand Cyriel Verschaeve. L’autre, en français, est en fait une ébauche de roman : il s’y imagine sous les traits d’un officier anglais qui rencontre une belle femme dans un bar et se trouve confronté à cette idée lancinante : je ne veux pas mourir sans avoir connu l’amour Voilà tout un monde qui s’ouvre. Pourquoi s’exprime-t-il différemment selon la langue choisie ? Le bilinguisme permet donc un jeu sur différents registres ? . Nous sommes en présence d’un monde englouti, dont une connaissance plus approfondie nous enrichira tous, y compris pour aborder celui d’aujourd’hui. Pour ce qui est de l’anachronisme : n’en déplaise aux instances officielles, pour la grande majorité, l’identité flamande en’14-’18 se conjuguait avec l’être-belge. Ce n’est que dans l’entre-deux-guerres que l’écart s’est creusé. Tout se passe comme si la mémoire de la guerre a davantage divisé que la guerre elle-même.

La thématique pacifiste traversera les commémorations flamandes. Une manière d’ôter la dimension belge du conflit ?

La thématique pacifiste domine partout la mémoire de 14-18. C’est bien de souligner que la guerre est une chose atroce. Cela préserve la mémoire européenne d’une certaine inconscience militariste qu’on voit aux États-Unis. Par contre, la perspective du pacifisme radical ne permet pas de comprendre la Grande Guerre, ni de reconstituer l’univers mental de ceux qui l’ont faite. Pour ce qui est de la dimension belge : de tous les belligérants, la Belgique mena la guerre la plus justifiable. L’armée belge a combattu l’envahisseur; ce fut une guerre de défense. La thématique pacifiste, qui prétend volontiers que ce fut une guerre "absurde" n’a pas de réponse à l’invasion. Eût-il fallu l’accepter car tout ça vaut mieux que la guerre ? Je veux bien, mais il faut avoir le courage de le dire et ne pas rester dans le flou. Et quid de la Flandre occupée ? Elle l’était au même titre que la Belgique francophone; les gens ont été massacrés à Aarschot, à Roulers et ailleurs; la misère matérielle était profonde; des ouvriers furent déportés sous des conditions horribles. Une partie du discours flamand d’aujourd’hui semble suggérer que la guerre fut un conflit entre la Belgique et l’Empire allemand qui ne regardait pas la Flandre. C’est faux.

Kris Peeters vous a aussi oublié dans son comité de patronage des commémorations. Seriez-vous trop Belge ?

Je ne pourrais pas vous le dire; je n’ai appris l’existence de ce comité qu’en lisant "De Morgen"

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http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/793921/un-affront-flamand-a-tous-ses-historiens.html

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 15:11
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(Belga)
La République démocratique du Congo (RDC) a rendu dimanche à ses anciens combattants qui ont servi sous le drapeau belge au cours des deux Guerres mondiales et dont seuls 65 restent en vie, a rapporté l'agence congolaise de presse (ACP), reçue lundi à Bruxelles.
Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale et des anciens Combattants, Alexandre Luba Ntambo, a salué la "bravoure" de ces anciens combattants congolais durant les deux conflits 1914-1918 et 1940-1945, dimanche, à la Maison des anciens Combattants, dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa, lors des manifestations marquant l'armistice du 11 novembre 1918 qui a mis fin à la première Guerre mondiale. La cérémonie s'est déroulée en présence de l'ambassadeur de Belgique en RDC, Michel Lastschenko, a précisé l'ACP (officielle). Des milliers de Congolais ont, durant la période coloniale, combattu en Europe et en Afrique au cours des deux Guerres mondiales. Au Cameroun et en Rhodésie (l'actuel Zimbabwe) durant le conflit 1914-1918 et au Nigéria et Moyen-Orient durant la seconde Guerre mondiale, avec un corps expéditionnaire de 8.000 hommes. Il ne reste plus en vie que 65 des 25.000 des anciens combattants ayant valablement pris part aux différentes campagnes toutes victorieuses sous la bannière belge, a indiqué un de leurs représentants, cité par l'ACP. (PVO)
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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 10:50

Jean-Charles Luperto, bourgmestre de Sambreville, a inauguré samedi soir le parcours commémorant les massacres perpétrés à Tamines lors de la Première Guerre mondiale, à l’approche du centenaire de 14-18. A l’époque, 384 habitants du village sont décédés, tués par les soldats allemands.

«C’est un devoir pour les autorités sambrevilloises de participer activement à ce que la mémoire collective relative à ces événements soit toujours aussi vivace car, comme le dit le bon sens populaire, l’homme peut mourir deux fois: une fois lorsqu’il disparaît, une fois lorsqu’on l’oublie», a indiqué Jean-Charles Luperto.

Ce parcours mémoriel est un premier projet à l’approche du centenaire de la guerre 14-18. «La première pierre que nous posons de ce parcours mémoriel Août 1914 permanent se prolongera sur les communes voisines d’Aiseau-Presles et de Fosses-la-Ville, notamment dans le cadre du centenaire», a indiqué Pierre Crappe, président du Syndicat d’Initiative de Sambreville.

Les trois sites principaux du parcours, proposant un itinéraire vélo et pédestre, sont le cimetière français du phare breton à Auvelais, le cimetière des fusillés et la nécropole militaire française d’Aiseau-Le Roux. L’ensemble de ces sites sont équipés de panneaux explicatifs équipés d’un «QR code» donnant accès, via smartphones, à des informations complémentaires et des commentaires audio.

Le 22 août 1914, les soldats allemands ont fait prisonniers 600 hommes, femmes et enfants. Captifs, ces Taminois sont conduits jusqu’à la place Saint-Martin. 384 d’entre eux seront exécutés ce jour-là.

 

Référence : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20121110_00230165

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 10:37

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ESTAIMPUIS (10-11 novembre 2012)

 

Des actes de vandalisme ont été commis dans la nuit de samedi à dimanche dans un cimetière d’Estaimpuis où le drapeau belge a été arraché et le monument des anciens combattants souillé.

«C’est inqualifiable», regrette le député-bourgmestre de la commune Daniel Senesael. Un groupuscule nationaliste flamand pourrait être l’auteur de ces actes, selon les premiers éléments de l’enquête.

Dimanche, le bourgmestre Daniel Senesael se disait outré par ces actes commis dans le cimetière d’Evregnies (Estaimpuis). «Vers 1h du matin, entre 30 et 100 personnes, selon les informations, sont entrées dans le cimetière. Le mât sur lequel flottait le drapeau belge a été détruit. Le monument aux morts a aussi subi des dégradations», déclare le bourgmestre.

Malgré ces incidents, toutes les manifestations de ce jour d’Armistice ont été maintenues dans l’entité. «Avec Mouscron, nous sommes la commune la plus proche de la Flandre. Je ne comprends pas. De surcroît, mon discours de ce 11 novembre était axé sur l’esprit national, pas le nationalisme. C’est scandaleux, ignoble», s’indigne encore le bourgmestre.

Une enquête a été ouverte par la police du Val d’Escaut.

 

Carte : ICI

 

Références :

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20121111_00230198

Mais encore :

http://www.horizon14-18.eu 

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 20:14

 

 

Impossible de se rendre à Belfast, sans s'imprégner de ce qui s'est passé dans certains quartiers, là où catholiques, protestants et forces de l'ordre se sont "cognés" dessus, comme à (London)Derry (Bloody Sunday : U2)...

Bref rappel socio-politico-historique...


L'Irlande du Nord, en anglais Northern Ireland et en gaélique irlandais Tuaisceart Éireann, est restée attachée à la Grande-Bretagne, après l'indépendance des comtés du Sud en 1921, et formant avec elle le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord...

L'Irlande du Nord est aussi communément appelée l'Ulster, car elle est issue du morcellement de l'ancienne province de l'Ulster dont elle comprend six des neuf comtés historiques. L'île de Rathlin et un chapelet de petites îles au large lui sont rattachés. Limitée, au Nord-Est, par le canal du Nord et, au Sud-Est, par la mer d'Irlande, l'Irlande du Nord est limitrophe, au Sud et à l'Ouest, de la république d'Irlande...

La capitale, Belfast, située sur la côte orientale, est la plus grande ville d'Irlande du Nord avec une population de 277 200 habitants. Elle concentre le tiers de la population et les quatre cinquièmes de l'équipement industriel du pays (chantiers navals, textile)...
Lisburn, dans la banlieue de Belfast, compte 108.694 habitants. Londonderry, au Nord, est la troisième ville du pays avec 105.066 habitants...

La plupart des habitants sont d'origine écossaise ou anglaise. Ils sont appelés communément Scot-irlandais. Les autres sont Irlandais de souche, natifs d'Ulster principalement. La seule langue officielle est l'anglais. À la différence de la république d'Irlande, l'Irlande du Nord n'encourage pas le parler gaélique...

L'Irlande du Nord est formée de six comtés de l'ancienne province d'Ulster (Antrim, Armagh, Derry, Down, Fermanagh, Tyrone). Le pays est divisé en vingt-six districts, chacun doté d'une Assemblée élue...

La population d'Irlande du Nord est majoritairement protestante. Toutefois, les catholiques (près de 30 % de la population totale du pays) constituent une très forte minorité. Ils sont surtout nombreux à proximité de la frontière avec la république d'Irlande et dans certains ghettos urbains de Belfast et de Londonderry. Les protestants représentent 60 % de la population, mais sont divisés en plusieurs communautés. La plus importante est celle des presbytériens (23 %). À la différence de l'Angleterre, il n'y a pas d'Église établie en Irlande du Nord. Les années 1970 et 1980 ont été le théâtre de violents conflits entre catholiques et protestants...

 

À l'origine, il n'y a pas de culture d'Irlande du Nord distincte de celle du reste de l'Irlande. Mais les vagues de colonisation anglaise et surtout écossaise, au cours du xviie siècle, ont fait se développer une identité culturelle propre à l'Ulster. La différence fondamentale entre les deux Irlande est la religion. Par ailleurs, l'Irlande du Nord est davantage urbanisée et industrialisée que la république d'Irlande. Des chantiers navals et une puissante industrie textile s'y sont implantés dès le xixe siècle, y fixant une population nombreuse...

L'Irlande du Nord partage, avec le reste de l'île, les gloires du passé. Le principal musée du pays se situe à Belfast. Il abrite une collection d'antiquités irlandaises...

Le Parti unioniste d'Ulster (Ulster Unionist Party, uup), favorable au maintien de l'union entre l'Irlande du Nord et le Royaume-Uni, dirige l'Irlande du Nord de 1921 à 1972. Dans les années 1970, les militants de droite du parti fondent le Parti démocratique unioniste (Democratic Unionist Party, dup) et les unionistes libéraux, le parti de l'Alliance (Alliance Party). Son principal adversaire politique est le Parti travailliste social-démocrate (Social Democratic and Labour Party, sdlp) et le Sinn Féin, parti des catholiques nationalistes...

Les catholiques nationalistes, hostiles à la partition depuis le premier jour, refusent de s'accommoder d'un régime politique qui fait d'eux des citoyens de seconde zone. Ils sont, en effet, l'objet d'une discrimination multiforme et systématique dans le domaine de l'emploi, du logement social et des droits civiques. En 1968, ils organisent une campagne en faveur de l'égalité des droits civiques. Celle-ci entraîne par contrecoup le réveil de l'extrémisme protestant, incarné par Ian Paisley, et la situation devient vite explosive. En 1969, les manifestations anticatholiques de l'ordre d'Orange dégénèrent en bagarres, puis en émeutes. À Londonderry, le ghetto catholique de Bogside se mue en camp retranché. À Belfast, cent cinquante maisons catholiques sont incendiées (six morts, trois cents blessés). L'armée britannique est envoyée pour soutenir la police locale débordée. Le gouvernement de Londres tente de promouvoir des réformes. Mais Ian Paisley est élu, et la militante catholique Bernadette Devlin, députée au Parlement de Londres, est arrêtée en juin 1970...

Cette arrestation, qui entraîne de nouveaux combats, a pour effet de renforcer l'état de guerre civile régnant dans le pays depuis juillet 1969. L'IRA, tout en assurant la protection des quartiers catholiques, commence à multiplier les actions terroristes, notamment contre l'armée britannique. En 1972, la Grande-Bretagne, supprimant l'autonomie de l'Irlande du Nord, impose un gouvernement direct. En décembre 1973, une conférence tripartite historique réunit les chefs des gouvernements anglais, irlandais et d'Irlande du Nord. Un accord de coopération est signé, destiné à favoriser la coopération économique entre l'Ulster et la république d'Irlande. La réaction protestante est particulièrement violente... Des extrémistes déclenchent une grève générale insurrectionnelle, obligeant le gouvernement d'Irlande du Nord à renoncer à toute action de rapprochement avec la République d'Irlande...

Dans les années qui suivent, les mesures de police (internements préventifs), l'action de l'armée britannique, les actes terroristes commis par l'IRA (assassinat de lord Mountbatten en 1979) et par les extrémistes protestants (attentat contre Bernadette Devlin en 1981) entretiennent la haine et la peur entre les deux communautés religieuses...

En 1981, l'IRA adopte une nouvelle tactique destinée à raviver les sympathies internationales envers la lutte des catholiques nord-irlandais. Les membres de l'IRA détenus dans les prisons anglaises entament une grève de la faim, objet d'une grande médiatisation. Chaque décès provoque un nouveau cycle de violence et la situation reste politiquement et militairement bloquée pendant encore plusieurs années. La conférence intergouvernementale de 1985 est accueillie comme un pas important vers une coopération transfrontalière sur la sécurité, les problèmes économiques et sociaux. L'accord anglo-irlandais laisse entrevoir la possibilité d'une paix future. Toutefois, les unionistes protestants et quelques nationalistes irlandais dénoncent l'accord...

 

De Belfast à Derry (Référence aux événements tragiques du dimanche 30 janvier 1972)...


"Sunday Bloody Sunday" - Album "War" du groupe irlandais U2, 1983

 

I can't believe the news today
I can't close my eyes and make it go away
How long, how long must we sing this song ?
How long ? Tonight we can be as one
Broken bottles under children's feet
Bodies strewn across a dead end street
But I won't heed the battle call
It puts my back up, puts my back up against the wall
Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Sunday
And the battle's just begun
There's many lost, but tell me who has won ?
The trenches dug between our hearts
And mother's children, brothers, sisters torn apart
Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Sunday
How long, how long must we sing this song ?
How long ? Tonight we can be as one
Tonight, tonight
Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Sunday
Wipe the tears from your eyes
Wipe your tears away
Wipe your bloodshot eyes
Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Sunday
And it's true we are immune
When fact is fiction and T.V. is reality
And today the millions cry
We eat and drink while tomorrow they die
The real battle just begun
To claim the victory Jesus won
On a Sunday, bloody Sunday
Sunday, bloody Sunday...

 

Traduction...

 

"Dimanche, Dimanche Sanglant"


Je ne peux pas croire les informations aujourd’hui
Je ne peux même pas fermer les yeux et faire disparaître tout ça
Combien de temps, combien de temps devons-nous chanter cette chanson ?
Combien de temps ? Ce soir, nous pouvons être unis
Des bouteilles brisées sous des pieds d'enfants
Des corps qui jonchent une rue sans issue
Mais je n’écouterai pas le cri de guerre
Il me met dos au mur, dos au mur
Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant
Et la bataille vient de commencer
Beaucoup sont perdus, mais dites-moi qui a gagné ?
Des tranchées sont creusées dans nos cœurs
Et des mères, des frères et des sœurs déchirés
Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant
Combien de temps, combien de temps devrons nous chanter cette chanson ?
Combien de temps ? Ce soir, nous pouvons être unis
Ce soir, ce soir
Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant
Sèche tes larmes
Essuie tes larmes
Essuie tes yeux injectés de sang
Dimanche, dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant
Et c'est vrai que nous sommes immunisés
Quand les faits sont de la fiction et la télé, réalité
Et aujourd'hui des millions de gens pleurent
Nous mangeons et nous buvons tandis que demain ils mourront
La vraie bataille vient de commencer
Pour clamer la victoire remportée par Jésus
Un dimanche, un dimanche sanglant
Dimanche, dimanche sanglant.

 

http://www.youtube.com/watch?v=JFM7Ty1EEvs

 

Copyright Luc Pottiez . com

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