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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 13:19

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La Seconde bataille de Champagne, de septembre 1918 : là où la 4e armée française du général Gouraud remporte une victoire offensive sur son adversaire allemand…  
 
Depuis le 8 septembre 1918, des préparatifs sont en place en Champagne et en Argonne. Le front d’attaque allié porte sur 70 kilomètres.
L'armée française aligne pour l’occasion sept corps d'armée en première ligne. Ainsi, les : 3e, 4e, 9e, 11e, 14e et 38e effectifs qui correspondent à 15 divisions françaises, pour 30  kilomètres, soit, la distance séparant Prosnes de Vienne-le-Château.
Derrière cette première ligne, se tiennent en réserve 12 divisions d'infanterie et 3 de cavalerie.
La première armée américaine du général Pershing dispose, quant à elle, en première ligne, de 3 Corps d'armée. Ainsi : les 1ère, 3e et 5e, représentant 7 divisions, plus, en réserve, 8 divisions (représentant à elles seules, en quantité d’hommes... 16 divisions françaises), sont là pour couvrir les 40 kilomètres qui séparent Vienne-la-Ville des berges de  la Meuse.
La gauche de Pershing, tenue par son 1er corps, est dans le "secteur mort" de l'Argonne, là où toute opération militaire est impossible, où précisément l'évacuation doit être obtenue par les succès remportés dans les secteurs avoisinants.
Devant ce front alliés et, derrière des fortifications "en dur", une partie de la première armée allemande du général von Mudra ; la 3e armée de von Einem, appartenant au groupe d'armées du Kronprinz, et, la Ve armée allemande, appartenant au groupe d'armées de von Gallwitz, se tiennent prêtes.
Les Allemands disposent en ce lieu précis du front de : 20 divisions, dont 4 en seconde ligne (équivalent français : 24 divisions).
Notons qu’au moment du déclenchement des hostilités, 4 divisions accourront en renfort depuis Laon, l'Alsace et le front du Nord…
Les effectifs des adversaires sont donc approximativement équivalents en quantité lors du déclenchement des opérations. Les Français bénéficient toutefois d’un moral d’acier par rapport aux Allemands qui ne cessent d’être défaits et abattus moralement…
Nerveux, les Allemands multiplient les reconnaissances par l’aviation, les coups de sonde, les tirailleries de nuit sans motif apparent.
Ils calquent également leur réaction en fonction du dispositif adopté par la 4e Armée française lors de la dernière bataille de Champagne. Enfin, ils évacuent leurs premières lignes et optent pour un dispositif défensif "tout en profondeur".
Côté français, on se conforte à l'idée que les Allemands "se sentent mal" ; les interrogatoires de déserteurs sont là pour apporter de l’eau au moulin en ce sens.
Le général Pétain a réglé tous les détails de l'opération…
Le transport des unités, venues en renfort de loin, parfois même des Vosges, est effectué de nuit, avec d'infinies précautions, du 16 au 25 septembre.
L'attaque est fixée au 26 septembre.
Dans la nuit du 25 au 26, on relève toutes les unités françaises qui se trouvent encore dans le secteur américain, afin que le général Pershing n’ait pas de souci à se faire quant à l’homogénéité de ses troupes disposées entre l’Argonne et la Meuse.
Le maréchal Foch est là, lui aussi pour bénéficier "du spectacle"…
Il fait établir un poste de commandement aux Trois-Fontaines, près de Saint-Dizier.
Pétain est, quant à lui, retranché à Nettancourt (PDF ici), non loin de Revigny, entre Châlons et Bar-le-Duc. Ainsi les deux chefs de guerre se trouvent en retrait et au Sud du centre des opérations, et, en mesure, là, d’intervenir dans le déroulement de la bataille.
Le 25 septembre, à 23 heures, une préparation d'artillerie est déclenchée. Les coups sont portés par delà les avant-postes évacués, sur les positions défensives réellement occupées par les Allemands, et, dont le plan d’installation est parfaitement connu des alliés (relevés aériens). 
Le 26 septembre, à 5 heures 25, l’infanterie française et américaine se lance à l'assaut. Seuls, les obstacles naturels ralentissent l'élan des assaillants ; les Allemands semblent prostrés dans leurs abris, et, leur artillerie ne réagit que faiblement.
Les objectifs fixés sont enlevés par les Français. 
La 22e division française, celle qui a, entre autres, combattu au Chemin-des-Dames, et, dont le général Spire a pris le commandement, s’empare de ce qui reste de la Ferme Navarin ; les divisions françaises des généraux Michel et Schmidt enlèvent brillamment la Butte de Souain (PDF ici) et le Mont Muret, au cours de combats acharnés où les 149e, 158e, 170e, 174e et 409e régiments d'infanterie, ainsi que les 1er et 31e bataillons de chasseurs qui y laissent beaucoup de leurs hommes.
Là-bas, également, les tirailleurs de la 2e division française chassent l’ennemi de la Butte du Mesnil, et les 163e, 215e et 363e régiments d'infanterie, de la division du général Leboucq, conquièrent les hauteurs de la rive nord de la Dormoise. 
Les 87e, 51e et 272e régiments d'infanterie, de la division Nayral de Bourgon, enlevent aussi la Galoche, les Mamelles et le Fourmilier, par-delà la Dormoise, tandis que les 35e, 44e et 60e régiments d'infanterie de la division Baston s'emparent de Tahure et de sa Butte. 
En un autre endroit des combats, les 230e et 299e régiments d'infanterie, renforcés des 50e, 66e et 71e bataillons de chasseurs de la division du général Lardemelle se rendent maîtres de la Main-de-Massiges, alors que les cuirassiers et dragons de la 1ere division de cavalerie à pied avancent vers Cernay-en-Dormois.
Ce jour-là, l'armée française du général Gouraud fait prisonniers 13.000 Allemands. Elle met également la main sur 300 canons, alors qu’elle porte le front à 5 à 6 kilomètres en avant, en direction du Nord.
Les chars d'assaut français, notamment les FT17 Renault, ont rencontré toutes les espérances.
Les Américains ont pour leur part progressé de manière remarquable, eux aussi ; ils ont, en  profondeur, investi les territoires antérieurement occupés par les Allemands.
En Argonne, le 1er corps d'armée a dépassé, dans sa progression forestière, le hameau de Four-de-Paris (doc ici), au Nord de Ste-Menehould.
Le 5e corps US a enlevé Vauquois (et sa bute), ainsi que Varennes ; le 3e Corps a, pour sa part, refoulé l'Allemand depuis Malancourt jusqu'aux abords de Montfaucon.
De ce côté, il a progressé de 7 kilomètres et a fait 7.000 prisonniers.
Le 27 Septembre est une rude journée de combat. Se sentant en danger du côté de Mézières, Le général allemand von Einem fait appel, après avoir mis en ligne ses dernières réserves, à des renforts, auprès de Ludendorff qui accède à sa demande.
Côté artillerie, les Allemands, pour une fois, pêchent par excès de prudence, au bénéfice des Alliés. Les pièces d’artillerie ont été postées tellement en arrière du front, qu’elles ne peuvent efficacement entrer en action… pour soutenir l’infanterie débordée de toute part…
Les Germains bénéficient toutefois d'innombrables mitrailleuses savamment dissimulées, et, qui entrent en action au dernier moment, lorsque les Français sont à portée de tir immédiat.
Face à des tirs de barrage à l’arme automatique, des contre-attaques allemandes vigoureuses empêchent, en certains points de la zone de combats, les Alliés d’avancer comme ils le voudraient. 
Le 21e corps d'armée française réussit néanmoins à progresser de 2 kilomètres en territoire hostile. Dès lors, il parvient au bois de la Pince.
Le 2e corps français, en dépit des difficultés du terrain, se porte à 3 kilomètres en avant, alors que le 9e corps s'empare de Grateuil et de Fontaine-en-Dormois.
Les hommes du 11e corps subissent de puissantes contre-attaques qui retardent leur progression, sans toutefois arriver à l’entraver.
Les Américains avancent eux aussi sur 2 à 3 kilomètres, en dépit également des vigoureuses contre-attaques que l'ennemi déclenche vers Montfaucon.
Le 28 septembre, le général Gouraud est renforcé sur son aile gauche par des éléments du 4e Corps d'armée français qui, malgré une résistance extrême de la part des Allemands, s'emparent d’Auberive... Endroit où le 103e régiment d'infanterie, de ce même corps d'armée, avait laissé tant de ses hommes sur le carreau en 1915... 
De manière générale, l'ennemi s’est ressaisi ; les effets de son artillerie deviennent de plus en plus meurtriers.
Le 11e corps français s’empare malgré tout de Somme-Py (PDF ici), alors que le 9e a investi la localité de Maure ; les Américains parviennent, quant à eux, à Brieulles, au bois des Oignons, à Binarville ainsi qu’à la ferme d'Ivoy.
Les conditions météorologiques deviennent mauvaises ; la pluie commence à tomber en abondance. Le terrain crayeux de la Champagne, gorgé d’eau, se transforme très vite en un bourbier profond, dans lequel les assaillants éprouvent les plus grandes difficultés pour avancer ou déplacer leur artillerie.
Le 29 septembre, le 9e corps français progresse de 4 kilomètres, enlevant, après de durs combats le Mont Cuvelet, Séchault et Ardeuil.
Pour leur part, les Américains se heurtent à une résistance énergique qui les arrête net, tandis qu'une puissante contre-attaque arrive à leur faire perdre Apremont (PDF ici), une bourgade au-dessus de Varennes-en-Argonne. Toujours à cette date, la 10e armée française borde l'Ailette, tenant Pinon, Chavignon et prenant par la même occasion à revers les positions allemandes de l'Aisne. Foch, saisissant tout de suite l'importance de ce succès, pousse en avant sa 5e armée, qui attendait de pouvoir intervenir, alors que postée derrière la Vesle.
Le 30 septembre, les Allemands résistent férocement devant le 14e corps français, qui n’arrive pas à progresser. Toutefois, le 11e corps, qui tient Somme-Py, s’introduit profondément dans le dispositif ennemi. Le 21e corps dépasse brillamment le ravin d'Aure.
Le 2e corps gagne également du terrain. Le 9e occupe Marvaux ; il pousse ses tirailleurs jusqu'aux abords de Monthois. Le 38e Corps, de son côté, prend pied dans le bois de La Malmaison, alors que la 1ère division de cavalerie à pied s'empare vaillamment de Condé-lès-Autry (PDF ici).
Durant cinq jours d’offensive, les Armées de Gouraud et de Pershing ont réussi à progresser de 12 kilomètres en s'enfonçant dans le dispositif ennemi. Elles menacent à présent l'Est du massif de Moronvilliers, où l'armée du général F. von Bülow enserre étroitement Reims, et, avec le massif de Moronvillers sous son contrôle, le flanc oriental du Chemin-des-Dames. 
Depuis le 8 septembre, Ludendorff sait qu’il fait courrir un grave danger à ses divisions engagées dans le saillant de Laffaux.
Ce même-jour, après une tentative d’anéantissement des hommes de Mangin, au moyen d’une violente préparation d'artillerie exécutée au moyen d’obus à charge toxique, von Boëhm a entamé un retrait tactique derrière le canal de l'Oise à l'Aisne.
Le général Mangin, immédiatement averti du départ de l'ennemi par l’entremise d’un déserteur lorrain, a fait avancer son armée. Il talonne et bouscule à présent les arrière-gardes allemandes, et, dans la foulée, s'empare du fort de la Malmaison. 
A 5 heures 30, Berthelot se porte en avant, avec les 3e, 5e et 20e corps, sur un front d'une vingtaine de kilomètres, entre Braine et Jonchery(-sur-Vesles) (PDF ici).
Le soir, malgré une résistance acharnée de la part des forces allemandes, les trois Corps d'Armée ont rejoint l'Aisne. 
Le 1er octobre, le général Berthelot poursuit son avancée et refoule l'ennemi sur une profondeur moyenne de 4 kilomètres, enlevant Maizy et Concevreux. Ses troupes font, en deux jours, plus de 2.000 prisonniers.
Le 2 octobre, le 38e corps, du général Gouraud, s'empare du nœud ferroviaire de Challerange, pendant que la 1ere division de cavalerie à pied parvient aux abords de Vaux-les-Mourons et d'Autry,… débordant par l'Ouest la défense de l'Argonne, alors que Pershing opère quant à lui par l'Est.
A l'Ouest de Reims, Berthelot progresse vers le bois de Gernicourt. Au soir, il atteint les abords de Loivre et de Courcy (PDF ici), au Nord de Reims.
Le 3 octobre, le général Gouraud précipite l'encerclement de la région des monts. Il pousse en avant son corps armé qui, après avoir enlevé le Fort Médéah, les crêtes du Blanc-Mont et de la Croix-Gilles, tout en ayant capturé 3.000 Allemands, réussit, dans la soirée, à atteindre les rives de l'Arne.
Parallèlement, Berthelot commence à faire franchir à ses troupes le canal de l'Aisne, alors qu’il menace, par Berry-au-Bac, les voies de communications allemandes des défenseurs de Brimont.
Le 4 octobre, Gouraud poursuit la manœuvre en franchissant la Py, en enlevant Saint-Souplet et Dontrieu, et en refoulant l'ennemi jusque derrière l'Arne. Par cette action, il arrive à déborder aussi largement qui lui est possible, par l'Est, le massif de Moronvilliers.
L’opération des généraux Gouraud et Berthelot ne se fait pas attendre. Bien que si von Einem résiste encore énergiquement, et qu’il réussit même un moment, par un vigoureux retour offensif, à arracher Challerange ; de son côté, le général von Bülow juge une manœuvre de repli inévitable…
Dans la nuit du 4 au 5 octobre, les autorités allemandes font détruire les approvisionnements en vivres et en munitions accumulés dans le massif des monts et dans les forts de Reims.
Le 6 octobre, au matin, Brimont, Bourgogne, Bétheny, La Pompelle, Beine et Moronvilliers sont évacués. 
Les éclaireurs français ont conservé le contact avec l'ennemi. Tout donne à penser, au vu de la manière dont il se défend, aux incendies qui éclairent la nuit, dans la vallée de la Suippe, que le mouvement de repli allemand n’en est qu’aux prémices…
Le 6 octobre encore, le général von Bülow recule toujours.
Le 7, il est sur la Suippe, où les avant-gardes françaises de Gouraud lui enlèvent Pont-Faverger. 
Les résultats engrangés lors de la bataille de Champagne, grâce aux actions menées par les 4e et 5e armées françaises et par la 1ere armée Américaine, sont des plus profitables. La ligne Hindenburg est disloquée, alors qu’une brèche de 70 kilomètres s’étend de Suippe jusqu'à la Meuse.
Les 1ere, 3e et 5e armées allemandes ont engagé toutes leurs réserves dans la bataille ; ces unités sont sur le point de s’effondrer. 
Face au seul Gouraud, sur 13 divisions allemandes engagées, trois ont été détruites. Les 42e et 103e division, ainsi que celle de l’Ersatz bavaroise, ont abandonné, aux mains des Français, trois-quarts de leurs effectifs…
Trois divisions (+/- 45.000 hommes) sont anéanties…
Sept autres ont éprouvé des pertes considérables, mais luttent encore, avec des effectifs restreints, sans savoir combien de temps elles pourront encore "tenir".
Pendant ce temps Reims est désenclavée, et cela, pour la première fois depuis 1914 !
L’ennemi est enfin refoulé à une distance de sécurité de 30 kilomètres de ses faubourgs.
Ce choc a un prix, à hauteur de... 27.000 prisonniers allemands pour 500 canons tombés aux mains des Alliés.
                              
 


PDF  "1918 : l'année de la victoire ; juin 1918 : la relance des offensives allemandes ; auteur inconnu" ici
PDF  "1918 : l'engagement de la 2e D.I.-U.S.; Le Thiolet" ; auteur inconnu" > ici
Visible sur : www.horizon14-18.eu

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