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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 07:44

Il est un coin du département de la Drôme et de la région Rhône-Alpes, où l'on ne commémorera pas la fin des hostilités guerrières qui ont coûté la vie de tant de Français. Ste-Euphémie a abandonné à la végétation le monument aux morts de sa commune. Mauvaises herbes, rouille, sous le regard navré du poilu en fonte, attendent que le passant vienne rendre hommage au courage de cette jeunesse sacrifiée. En ce 8 mai, si vous passez par là, venez y déposer une fleur fraîche au pied de ce monument, afin que la vie reprenne ses droits, dans la dignité et le respect.

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 13:04
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La Bataille de Waterloo a eu lieu le dimanche 18 juin 1815 et s'est terminée par la victoire décisive de deux grandes armées alliées.
 
La coalition faisant face aux Français était composée principalement de Britanniques, d'Allemands (contingents du Hanovre, du Brunswick et du Nassau) et de Néerlandais ("Belgo"-Hollandais).
Les troupes, dans leur ensemble, étaient commandées par le duc de Wellington, ainsi que par le maréchal Blücher.
Du côté français, l'Armée du Nord, qui comprenait quelques volontaires belges, était dirigée par l'Empereur Napoléon Bonaparte en personne.
 
La commune de Waterloo est située à un peu plus de vingt kilomètres au Sud de Bruxelles, en Brabant wallon (Belgique). Les combats du 18 juin n'eurent pas lieu précisément à Waterloo, mais un peu plus au Sud de cette localité, sur le territoire de Lasne et de Braine-l'Alleud.
La bataille a souvent été dénommée par les Français "Bataille de Mont Saint-Jean", lieu plus précis de l'engagement effectif. En Allemagne, elle est appelée "Bataille de la Belle-Alliance" ; l'endroit représente en effet une des trois imposantes fermes du site, celle "du centre" du dispositif, où se déroula une part importante des combats.
Cette confrontation militaire est la dernière à laquelle prit part personnellement Napoléon 1er. Rappelons, ici, que l'Empereur avait repris le contrôle de la France, durant la période dite des "Cent jours". Cela, après avoir remis pied sur le sol français (Route Napoléon), depuis son retour d'exil forcé sur l'Île d'Elbe, malgré son désir de poursuivre la lutte, après sa défaite à Waterloo, et, grâce à de nouvelles forces qui se reconstituaient, il dut, - faute de soutien politique -, abdiquer quatre jours après son retour à Paris, pour finir ses jours sur l'Île de Ste-Hélène (Grande Bretagne), comme on le sait...
 
Préambule
 
En mars 1815, une nouvelle coalition se constitue au Congrès de Vienne afin de combattre Napoléon, qui a quitté l'Ile d'Elbe. Louis XVIII a fui à Gand. L'armée alliée de Wellington, pour les Anglais, et, de Blücher, côté prussien, arrivent les premières en Belgique ; région alors sous autorité hollandaise, avec pour autre Allié, le Prince d'Orange installé dans l'actuel Palais d'Egmont (hauteurs de Bruxelles ; quartier du Palais de Justice).
Napoléon préfère ne pas attendre l'initiative d'une offensive des Alliés ; il se lance directement à l'attaque, espérant ainsi séparer Wellington et Blücher, pour mieux pouvoir les battre individuellement.
Repoussant les Prussiens, les Français franchissent la Sambre à Charleroi le 15 juin, sans toutefois parvenir à empêcher un ralliement partiel des unités alliées.
Le 16 juin, les troupes françaises sont opposées à des unités de Wellington aux Quatre-Bras (Baisy-Thy), lieu dit actuellement situé à une dizaine de kilomètres au Sud de la Butte du lion (champ de bataille de Waterloo proprement dit), et, à trois des quatre corps prussiens à Ligny, une bourgade située à une douzaine de kilomètres au Sud-Est et en arrière des Quatre-Bras.
Le commandement de l'aile gauche française (1er et 2e Corps) est confié au maréchal Ney, qui a pour mission de s'emparer des Quatre-Bras. Ney perd un temps précieux dans la manœuvre ; ce qui a pour conséquence de laisser à l'ennemi le temps de renforcer son dispositif sur le théâtre des opérations. Avec les 3e et 4e Corps, Napoléon parvient toutefois à fixer le dispositif prussien à Ligny.
L'Empereur veut saisir, là, l'occasion de neutraliser définitivement son adversaire. Pour ce faire, il ordonne au 1er Corps (réserve de Ney) de venir "couper" les arrières prussiens, quitte à ce que ça ait pour conséquence, de retarder la prise des Quatre-Bras.
Mal ou non informé du tout de cette décision de l'Empereur, Ney rappelle cette unité qui fera les frais d'un "aller-retour" inutile, privant ainsi Napoléon d'une victoire décisive sur les Prussiens.
L'armée de Blücher perd 12.000 hommes à Ligny.
Les pertes françaises s'élèvent, quant à elles, à environ 7.000 unités.
Le vénérable maréchal Blücher, âgé de 73 ans, dont le cheval a été tué, échappe de peu à la capture, alors que son brillant chef d'état-major, Gneisenau, organise un repli stratégique remarquable sur Wavre, gardant ainsi la possibilité de rejoindre les troupes de Wellington plus tard.
L'armée prussienne est battue mais non vaincue. Elle est, par ailleurs, parvenue à sauver l'essentiel de son artillerie, tout en conservant son esprit combatif.
Napoléon, pour sa part, surestime les effets de ce qui n'est qu'un succès tactique. Il pense les Prussiens hors combat, à faire retraite vers Namur et Liège…
Ce n'est que le lendemain, en date du 17, que Napoléon confie le commandement de son aile droite (34.000 hommes) au maréchal Grouchy. Celui-ci a pour mission de poursuivre les Prussiens.
Informé de la défaite des Prussiens, Wellington fait replier ses unités des Quatre-Bras sur la position reconnue de Mont Saint-Jean, là où Blücher s'est promis de le rejoindre. Le mouvement se fait discrètement, couvert par la cavalerie.
Le Maréchal Ney ne s'en aperçoit que trop tard, le 17, dans l'après-midi ; au moment même où l'orage gronde et où la pluie transforme le terrain en bourbier.
 
Les forces et le plan de Wellington
 
L'armée de Wellington, également appelée "Armée des Alliés", comprend, à Waterloo, 68.000 hommes répartis comme suit : 25.000 Britanniques, 17.000 "Belgo"-Hollandais, 10.000 Hanovriens, 7.000 Brunswickois, 6.000 hommes de la King's German Legion et 3.000 Nassauviens.
Wellington a déployé son armée sur le plateau de Mont-Saint-Jean, face au sud, de part et d'autre de l'axe Charleroi-Bruxelles.
Par mesure de protection et pour garantir un "effet de surprise", la plupart des unités sont déployées sur la contre-pente. Le dispositif est précédé, d'Ouest en Est, par trois points d'appui constitués de grosses fermes brabançonnes "en carré", barricadées et défendues. Ainsi : Hougoumont, à l'Ouest ; La Haye Sainte, au centre et La Papelotte, à l'Est, en direction de Lasne (aile gauche du dispositif allié).
 
Les forces en présence et le plan de Napoléon
 
Au matin du 18 juin, l'armée de Napoléon, qui compte 71.600 hommes, prend position à environ un kilomètre au sud du plateau.
A l'Ouest de la route, le IIe Corps de Reille, fort de 20.000 hommes, précède le IIIe Corps de cavalerie de Kellermann, avec ses 3.400 cavaliers, et la division de cavalerie de la Garde de Guyot (2.100 cavaliers).
A l'Est de la route, le Ier corps de Drouet d'Erlon, et ses 20.000 hommes, précède le IVe Corps de cavalerie de Milhaud (2.700 cavaliers) et la division de cavalerie de la Garde de Lefèbvre-Desnouettes (2.000 cavaliers).
En arrière du dispositif offensif, se trouvent le VIe Corps de Lobau, qui compte 10.000 hommes, les divisions de cavalerie de Domon et de Subervie, disposant chacune de 1.200 cavaliers, et trois divisions d'infanterie de la Garde, forte de 9.000 hommes.
 
Numériquement, Napoléon n'a qu'une très légère supériorité en effectifs par rapport à ses adversaires ; son artillerie accuse toutefois un avantage numéraire certain face à l'ennemi.
 
Le plan de Napoléon consiste à mener l'attaque principale à l'Est et au centre du dispositif allié, en y incluant la Haye Sainte : ferme centrale du dispositif allié.
Pour cela, il fait déployer les 80 canons de la "grande batterie", devant le Ier Corps.
Afin d'attirer les réserves de Wellington vers l'Ouest, il charge d'abord le IIe Corps de lancer une attaque de diversion, à l'Ouest, sur la ferme d'Hougoumont, avec uniquement la division Jérôme, commandée par le frère de l'Empereur,
Durant toute la nuit du 17 au 18 juin, il a plu. Le terrain est détrempé. La mise en place des pièces d'artillerie, dans la boue et sur un sol glissant, est difficile.
Le début de l'attaque est retardé.
Par la suite, l'efficacité des tirs est réduite : les boulets s'enfoncent dans les terres détrempées, au lieu de rebondir par effet de ricochets…
La progression de l’infanterie et de la cavalerie n'est guère aisée...
 
L'attaque de diversion
 
A 11h30, à l'Ouest, démarre l'attaque de diversion menée par le Prince Jérôme contre la ferme d'Hougoumont. Le Prince s'acharne, et, malgré le renfort d'une brigade voisine, toutes les attaques françaises sont repoussées.
A 13h30, quelques hommes parviennent malgré tout à pénétrer dans la position adverse, par une brèche ouverte, mais également à coups de hache portés dans une porte de l'enceinte ; ces Français sont tous anéantis, excepté un jeune tambour…
Le site d'Hougoumont devient, durant toute la journée, une bataille dans la bataille.
Les combats qui s'y déroulent mobilisent inutilement 8.000 hommes, du côté français, contre "seulement" 2.000 pour les Alliés.
 
L'attaque du 1er Corps
 
La charge des éléments du Royal Scots Greys
A 13h00, à l'Est, les quatre-vingts canons de la "grande batterie", déployés sur une ligne de front de 1.400 mètres, ouvrent le feu.
A 13h30, le 1er Corps d'Erlon démarre sa progression fort de ses quatre divisions d'infanterie, et, dont chacune évolue sur un front d'environ 140 mètres (largeur de 180 hommes) et sur une profondeur de 24 rangs.
A l'ouest du dispositif d'Erlon, la division commandée par Quiot, en l'absence d'Allix, est chargée de prendre la position de la Haye Sainte. Elle est flanquée d'une brigade de cuirassiers du Corps Milhaud (deux,… selon certaines sources historiques qui citent les brigades Travers et Dubois).
La Haye Sainte est fermement défendue par le bataillon du major George Baring de la King's German Legion. A l'Est de la ferme, se trouve le général britannique Picton. Celui-ci mène une contre-attaque avec des régiments d'infanterie écossais, avant d'y trouver, plus tard, la mort.
Wellington charge le commandant de sa cavalerie, Lord Uxbridge, d'exécuter une contre-attaque par les brigades de cavalerie lourde de Sommerset et de Ponsonby, en cela compris les célèbres Scots Greys.
Les Français, surpris en plein déploiement, sont sévèrement mis en pièce. Dès lors, ils se replient, en désordre, et subissant, au passage, de lourdes pertes.
Dans leur élan, les deux brigades de cavalerie britanniques poussent l'audace jusqu'à attaquer la grande batterie. Dès lors, pour les Français, c'en est trop. Elles se font décimer par la cavalerie française postée en retrait, et ainsi, demeurent définitivement hors combat.
Malgré les déboires de la cavalerie lourde britannique, et, la mort de Picton, un nouveau succès défensif est porté à l'actif de l'armée de Wellington.
 
Les charges de la cavalerie française
 
A 15h00, après la réorganisation du 1er Corps et un nouveau tir de préparation de la "grande batterie", une nouvelle attaque est menée pour s'emparer du verrou du champ de bataille que constitue la Haye Sainte.
Donnant suite à la canonnade, Wellington fait replier son centre.
Ney manque de jugement par rapport à cette action et croit en un repli général. D'initiative, il entraîne tous les cuirassiers de Milhaud, suivis par la division de cavalerie de Lefèbvre-Desnouettes, dans une zone située à l'Ouest de La Haye Sainte, endroit où  précisément l'infanterie alliée est demeurée intacte. Là également où a lieu le fameux affrontement entre la cavalerie française et des carrés formés par l'infanterie britannique. Lieu, où, encore, vraisemblablement, Victor Hugo, dans son œuvre, Les Misérables, aurait confondu l'endroit qu'il semble avoir transposé à hauteur du "chemin creux" (route pavée située, à l'opposé, et, plus à l'Est du champ de bataille).
Napoléon estime l'action prématurée. Toutefois, à 17 heures, vu la situation, il envoie, en renfort, le corps de cavalerie de Kellermann, ainsi que la division des cavaliers de Guyot.
Avec les effectifs de cavalerie déjà engagés, cela fait, au total, plus de 10.000 cavaliers français déployés sur le terrain.
 
Dispositif des armées en présence, lors de la Bataille de Waterloo, le 18 juin 1815
 
L'arrivée des Prussiens
 
De 14 à 16 heures, entre-temps, Napoléon a dû faire déployer, sur son flanc Est, les divisions de cavalerie Domon et Subervie, ainsi que le VIe Corps de Lobau. La manœuvre a pour but de faire face à l'arrivée inopinée de l'avant-garde prussienne.
Napoléon semble avoir négligé, ou, pour le moins ignoré, le risque d'une intervention prussienne.
Les premiers éléments du IVe Corps de Blücher ont pu déboucher du défilé de la Lasnes et occuper le bois de Paris, sans qu'aucune opposition française ne se fasse sentir.
A ce propos, Napoléon aurait fait envoyer à Grouchy un courrier lui adjoignant de se rapprocher de la zone critique. Notons que cet épisode de la bataille (heures d'envoi, de réception et l'interprétation du message) demeure actuellement encore l'objet de vives discussions entre historiens…
Le maréchal Soult, chef d'état-major à Waterloo, chargé de la transmission et de l'exécution des ordres de l'Empereur, n'avait pas, dans cette fonction, la rigueur et l'efficacité d'un Berthier.
Pour l'heure, il est trop tard, à cet instant même des combats, pour Grouchy, d'intervenir sur le champ des opérations…
A 16h30, le IVe Corps prussien attaque en direction de Plancenoit (aile avant gauche des Alliés).
Napoléon est face à une menace sévère et aux prises d'un risque de débordement sur son flanc droit.
 
La prise de la Haye Sainte
 
Sur le front principal, face à l'actuel Lion de Waterloo élevé à l'endroit même où le prince héritier des Pays-Bas fut blessé, la bataille continue à faire rage.
Lors de chaque charge française, les artilleurs britanniques se replient dans les carrés.
Les canons alliés, placés en position avancée, ne sont ni encloués (enfoncement d'un clou dans la lumière de mise à feu la rendant inopérante), ni emportés, si bien qu'ils redeviennent opérationnels, aussitôt fait, avant chaque nouvelle charge. Plus d'une dizaine de pièces sont présentes.
 
Ney verra cinq chevaux tués sous lui durant la durée des combats.
 
Les Français commettent certaines erreurs tactiques…
D'une part, en ne faisant pas suivre leur cavalerie par de l'infanterie, et, d'autre part… dans son chef, le IIe Corps de Reille, - moins les effectifs de la division Jérôme engagée à Hougoumont -, n'attaquera que fort tard, à 18h30…
 
A ce moment de la bataille, la Haye Sainte tombe - enfin - aux mains des Français.
Ney fait avancer des canons qui prennent d'enfilade les positions britanniques. La situation des Alliés est alors jugée critique.
Ney demande des renforts, pour en finir avec les Britanniques ; vu la menace prussienne, Napoléon n'accède pas à la requête de son Maréchal…
 
Les combats de Plancenoit
 
Sur le flanc Est, et, sous la pression des Prussiens du IVe Corps de Bülow, le corps de Lobau, débordé, a dû se replier.
Plancenoit tombe aux mains des Prussiens vers 18 heures.
La division de la Jeune Garde, commandée par Duhesme, est envoyée afin de reprendre le village. Mais…, à peine a-t-elle réussi à aboutir dans son assaut, que les Prussiens les en chassent.
Renforcés par deux bataillons de la Vieille Garde, les Français parviennent cependant à déloger les Allemands à la baïonnette, peu après 19 heures.
Le flanc droit de l'Armée impériale est momentanément stabilisé, grâce à l'utilisation d'une partie des réserves.
 
Napoléon fait donner la Garde
 
Protégé à l'Est par l'arrivée des Prussiens du Ier Corps de von Zieten, Wellington peut récupérer des unités utiles au renforcement de son centre.
Aussi, à 19h30, quand Napoléon fait donner la Garde sur les positions alliées, il est trop tard. Les grenadiers de Friant et les chasseurs à pied de Morant, au sein duquel est en service le célèbre général Cambronne, ne peuvent rien contre la coordination de l'artillerie, de l'infanterie et de la cavalerie de Wellington.
La Garde impériale entame un repli qui jette le désarroi au sein du restant des troupes françaises.
 
La déroute française
 
Le général Hill et le dernier carré…
A la vue d'une Garde en retraite, certaines unités françaises, démotivées, commencent à se débander. Les Prussiens de Von Zieten (Ier Corps) accentuent leur pression sur la ferme de la Papelotte, sur le flanc Est du champ de bataille (chemin creux), alors que les renforts continuels, que reçoit le IVe Corps prussien, lui permettent de conquérir définitivement Plancenoit… et ainsi, de menacer directement les arrières droits de Napoléon.
La panique gagne l'ensemble des positions françaises ; la déroute s'amplifie.
Wellington pousse l'ensemble de ses armées en avant.
Toute résistance organisée cesse.
Hormis quelques rares bataillons de la Garde, l'Armée du Nord quitte le champ de bataille, dans le plus complet désordre ; abandonnant l'essentiel de ses équipements et artillerie sur place.
 
Vers 22h00, Wellington et Blücher se rencontrent.
 
La légende veut que ce soit à la ferme de la Belle-Alliance (nom prédestiné associé au fait qu'un mariage y ait eu lieu entre un valet de ferme avec sa riche patronne devenue veuve).
Plus vraisemblablement, cette rencontre aurait eu lieu au Sud de Waterloo, dans les environs proches de Genappe.
Napoléon réussit à fuir, échappant de peu aux soldats de l'avant-garde prussienne. Wellington, dont les troupes sont épuisées, laisse aux Prussiens l'honneur de poursuivre les Français.
Wellington rentre à son QG, dans le village de Waterloo, afin d'y rédiger son rapport. Il donne à la bataille le nom de l'endroit où il se trouve…
 
Conclusions
 
Les principales causes de la défaite française sont à porter au compte de ce qui suit…
•Sous-estimation par Napoléon de la cohésion au sein des troupes alliées, et mauvaise perception des résultats, non décisifs, résultant de la bataille de Ligny.
•Médiocres transmissions et ambiguïté relatives aux ordres adressés à Ney
(1er Corps à Ligny) et à Grouchy bloqué à Wavre : sachant que l'important ne fut pas que Grouchy eût rejoit Waterloo mais, plutôt, qu'il empêchât les Prussiens d'y arriver.
•Engagements tardifs le 16 juin aux Quatre-Bras et à Ligny. De ce fait, le 18 juin, à Waterloo, la bataille aurait pu commencer plus tôt (l'état du terrain se révélant favorable aux Prussiens). Là, la Garde aurait pu "donner" lorsque Ney demandait des renforts pour l'estocade à porter contre les Britanniques…
•Manque de coordination interarme : Jérome attaque Hougoumont, sans préparation d'artillerie et Ney, de son côté, lance des charges de cavalerie, "en oubliant" son infanterie. Enfin, la Garde "donne", sans appui d'artillerie, lorsqu'il n'y a plus de renfort en cavalerie.
•Mauvais choix du lieu choisi lors des dernières attaques… D'une part, Ney lance ses charges de cavalerie à l'Ouest de la Haye Sainte, là où la position alliée est la plus résistante, et alors que l'infanterie britannique n'y a même pas été fragilisée ; d'autre part, la Garde attaque à l'Ouest, emmenée par Ney, plutôt que de se porter sur la Haye Sainte.
Détail non négligeable, enfin…: les canons français capturés sont laissés en l'état,
permettant, en cela, à chaque prise, d'offrir, aux artilleurs de Wellington, de les réutiliser !
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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:18

La Révolution française, 1789

 

A propos du Tiers-Etat...

 

Le Tiers-Etat désigne dans les institutions françaises de l’Ancien Régime, les députés aux Etats généraux qui représentaient les villes privilégiées, c'est-à-dire les députés de la bourgeoisie. En effet, les Etats provinciaux et généraux étaient des assemblées purement à but fiscal, dont la fonction était de voter l'impôt et d'en décider la répartition entre les différentes circonscriptions administratives. Elles étaient constituées de trois sortes de députés, selon que les circonscriptions fiscales relevaient d'une seigneurie appartenant à l'un des trois ordres : ecclésiastique, laïc ou tierce (autre), c'est-à-dire relevant des villes ayant le privilège d'exercer elles-mêmes la haute justice. Dans la plupart de ces villes, comme Toulouse, la seigneurie comtale appartenait à la municipalité, et les fonctions de maire étaient nobles et anoblissantes. Contrairement à l'historiographie officielle apparue en 1789, avec la publication du célèbre pamphlet "Qu'est-ce que le Tiers-État ?" de l'Abbé Sieyès, les députés ne représentaient pas, chacun, les membres de leur ordre ; c'est-à-dire ceux de la noblesse, les nobles ; ceux du clergé, les ecclésiastiques, ou encore, les députés du Tiers-Etat, les roturiers, mais toute la population de leurs circonscriptions. Une fois leur montant global chiffré, les impositions étaient réparties par provinces, par généralités, par paroisses, et, enfin par feu (foyer). Il n'y avait donc pas lieu de considérer de répartition des impôts entre les ordres, puisque la noblesse et le clergé étaient exemptés, en raison du fait qu'ils n'exerçaient pas de fonctions économiques lucratives. Leurs revenus étaient ainsi constitués de recettes fiscales ou parafiscales ; elles étaient destinées à assurer des charges d'intérêt général au plan local ou au niveau national.

 

La Loi Le Chapelier

 

Introduction

 

Au Moyen-Age, les corporations règnent en maître sur le marché du travail, à tel point qu'on ne peut plus parler de (libre) marché. Celui qui désire travailler dans un domaine d'activité particulier doit obligatoirement commencer par l'apprentissage chez un maître. Ce dernier ne peut lui-même occuper d'apprentis, que si la corporation y consent. Ces cartels d'artisans s'assurent ainsi que la concurrence ne se développe pas, rationnant l'offre, lésant les consommateurs et s'attribuant une confortable rente.

La Révolution française accomplit en ce domaine un progrès "remarquable", puisqu'elle impose la libéralisation du marché du travail, par la Loi le Chapelier (juin 1789) et le décret d'Allarde (mars 1791), qui interdisent les corporations, les monopoles et les grèves. Le libre fonctionnement du marché du travail permet, dans une certaine mesure, d'allouer la main d'oeuvre de façon plus efficace, l'attirant vers les secteurs en développement, où elle est requise. Certes, l'interdiction de la "liberté d'association" peut paraître excessive, aujourd'hui, et à nos yeux. La Loi LeChapelier fut abrogée près de 100 ans plus tard, en 1884, par le biais la loi Waldeck-Rousseau, qui autorisa, en France, la naissance des syndicats.

La Loi Le Chapelier, promulguée le 14 juin 1791, est une loi proscrivant les organisations ouvrières, notamment les corporations des métiers, mais également les rassemblements paysans et ouvriers ainsi que le compagnonnage.

Connue sous le nom de l'avocat au parlement de Bretagne, puis député patriote aux Etats généraux, - Isaac Le Chapelier -, cette loi proscrit le régime général d'exercice collectif des métiers ouvriers (les corporations), avec toutes les réglementations sociales particulières, et, par voie de fait, le régime de dérogation des manufactures privilégiées, et, d'une façon générale tous les marchés paysans.

Rejetant les corps intermédiaires, ces groupements sociaux chers au sociologue et philosophe des Lumières, Montesquieu, dans l'esprit de la nuit du 4 août 1789, son préambule affirme : "ll n'est permis à personne d'inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de coopération" (rejet du monde associatif).

Cette loi suit de très près le décret d'Allarde des 2 et 17 mars 1791 (Pierre d'Allarde fait supprimer les corporations datant du Moyen-Age), tant dans ses objectifs que par leur proximité historique. Elle interdit de fait les grèves et la constitution des syndicats au cours du siècle suivant, mais aussi certaines formes d'entreprises non lucratives comme les mutuelles. Notons, pour la petite Histoire, qu'elle ne visait ni les clubs patronaux, ni les trusts et autres ententes monopolistiques, ceux-la mêmes qui ne furent jamais inquiétés.

 

A propos d'Isaac Le Chapelier...

 

Isaac-René-Guy Le Chapelier est un homme politique français né le 12juin 1754 à Rennes. Il est guillotiné le 22 avril 1794 à Paris, pour être revenu à tort de revenir au pays (exilé en Angleterre), afin de sauver ses biens et sa fortune...

 

Il fait ses études à la faculté de droit de Rennes. Avocat à Rennes, il se fit remarquer en combattant les ordres privilégiés. Elu député du Tiers-Etat, il se montra brillant orateur.

Il fut d’ailleurs le quatrième président de |’Assemblée nationale constituante, du 3 au 16 août 1789, succédant en cela à François Alexandre Frédéric, duc de La Rochefoucauld-Liancourt et à Jean-Guillaume Touret qui avait refusé la présidence.

 

Avec Lanjuinais, Defermon et Coroller, il fut un des fondateurs du Club breton, ancêtre du Club des jacobins, où, quelques jours avant l’ouverture des Etats généraux, les députés de Bretagne se réunirent pour débattre ensemble de leur attitude, avant d’être rejoints par des députés d’autres provinces.

 

Lorsque, après les journées d’octobre 1789, le club se transporta à Paris, s’installant au couvent des Jacobins et prit le nom de Société des Amis de la Constitution, Le Chapelier en devint le premier président.

 

"ll n’y a de pouvoirs que ceux constitués par la volonté du peuple exprimée par les représentants ; il n’y a d’autorités que celles déléguées par lui ; il ne peut y avoir d’action que celle de ses mandataires revêtus de fonctions publiques. C’est pour conserver ce principe dans toute sa pureté que, d’un bout de l’Empire à l’autre, la Constitution a fait disparaître toutes les corporations, et qu’elle n’a plus reconnu que le corps social et les individus.[…] Il n’y a plus de corporations dans l’État ; il n’y a plus que l’intérêt de chaque individu et l’intérêt général. Il n’est permis à personne d’inspirer aux autres citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de corporation."

- Exposé des motifs de la proposition de décret sur les sociétés populaires, Assemblée nationale constituante, 29 septembre 1791, publié dans les Archives parlementaires, 1re série, t. XXXI, p. 617–619.

"Il me parait, à moi, qu’il n’y ait pas un homme sensé et véritablement humain qui puisse songer à proposer l’affranchissement des noirs."

Le Chapelier fut un de ceux qui réclamèrent la transformation des biens du clergé en biens nationaux et se consacra à la préparation des lois les plus importantes.

C'est ainsi, qu'il fut notamment l’auteur de la loi qui porte son nom, la loi Le Chapelier du 14 juin 1791, interdisant les corporations, le compagnonnage, les coalitions ouvrières et le droit de grève.

Certaines amitiés qu’il contracta au Club des Feuillants le rendirent suspect aux Jacobins, qui l’accusèrent de vouloir rétablir l’autorité royale. Se sentant menacé, il s’enfuit en Angleterre, mais rentra pour empêcher la confiscation de ses biens.

Retiré à Forges-les-Eaux, il envoya, le 26 pluviose, an II, une lettre à Barère se proposant pour une mission d’espionnage à Londres, où il disait "connaître beaucoup de monde". Arrêté, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire ; condamné à mort, il sera guillotiné le même jour que Malesherbes, en avril 1794.

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:17

La Belgique (temps modernes : 1482-1794)

 

Sous le règne de Charles Quint (1500-1555), la Belgique est une des régions les plus urbanisées au monde. Le port d'Anvers est un centre commercial important ; il est également un espace financier. Outre l'économie, l'art et la science sont également florissants et les intellectuels "belges" jouissent d'une renommée certaine à travers toute l'Europe. Dans la deuxième partie du XVIe siècle, les "Belges" et les Néerlandais se révoltèrent contre la tyrannie de Philippe Il (1555-1598), roi d'Espagne et des Pays-Bas. Au tumulte de la révolte s'ajoutèrent des conflits entre catholiques et protestants. Dans les années 1580, les protestants des Pays-Bas du Nord parvinrent à conquérir leur indépendance. Le roi d'Espagne reconquit le Sud où fut imposé le catholicisme. Les principaux commerçants et intellectuels migrèrent vers le Nord, emmenant avec eux leurs connaissances et leur fortune. En outre, les Néerlandais parvinrent à bloquer l'estuaire de l'Escaut jusqu'en 1794. Ce fait provoqua le déclin d'Anvers et favorisa l'essor d'Amsterdam...

En 1713, les Pays-Bas du Sud tombèrent aux mains des Autrichiens.

Aspirant à la prospérité, ceux-ci encouragèrent les échanges commerciaux. Dans les années 1720, la Compagnie ostendaise connut des relations commerciales prospères avec l'Orient, alors que les autres puissances européennes obligèrent l'Empereur autrichien à mettre un terme à ses activités. En Wallonie, le secteur industriel était caractérisé par l'innovation. La principauté de Liège, quant à elle, demeurera indépendante au sein du Saint Empire Romain germanique.

En 1794, la domination autrichienne prit fin, avec la conquête française des Pays-Bas du Sud et de Liège, ainsi que l'annexion de ces territoires à la France.

 

A propos de Charles Quint

 

Charles de Habsbourg, archiduc d'Autriche et prince des Espagnes...

Charles V est né le 24 février 1500 au Prinsenhof de Gand, en Flandre, et est mort le 21 septembre 1558 au monastère de Yuste, dans la province d'Estrémadure en Espagne.

Il est prince de la maison de Habsbourg, considéré comme le monarque chrétien le plus puissant de son temps.

Durant sa vie il cumulera les titres. Ainsi, il sera duc de Bourgogne (souverain des Pays-Bas) sous le nom de Charles ll (1515-1555), roi des Espagnes, sous le nom de Charles 1er (Carlos I), roi de Naples et de Sicile (1516-1556), mais il est passé à la postérité sous son nom d'empereur du Saint-Empire romain germanique (1519-1558), Charles Quint (Karl V) (… Quint signifiant cinquième en moyen français).

Exceptée cette dernière dignité, élective, cette accumulation de titres est le résultat involontaire d'une intense politique d'alliances matrimoniales qui a, faute d'autres prétendants, abouti à faire de Charles le seul héritier de cinq dynasties. Il est le dernier empereur germanique à nourrir le rêve carolingien d'un Empire prenant la tête de la Chrétienté. Cette ambition d'unité chrétienne face à la poussée du monde musulman dans les Balkans et en Méditerranée est brisée par l'opposition farouche et ininterrompue des rois de France François 1er et Henri ll, ainsi que par la rupture religieuse provoquée par Martin Luther et les Réformes protestantes à partir de 1517. Ces deux conflits extérieurs occupent ses finances et son énergie pendant tout son règne, tandis que des révoltes intérieures en Castille, en Allemagne et dans les Flandres, affaiblissent par moment les bases de son pouvoir.

Au terme d'une vie de combats et de voyages, miné et désabusé par ses échecs face à la France, aux luthériens et à sa propre famille, il finit par abdiquer et se dépouille en quelques années de ses possessions. Le 25 octobre 1555, il abdique, donc, en son palais de Bruxelles, cédant les Flandres, désormais unies et déliées du Saint-Empire, à son fils Philippe, déjà duc de Milan et roi de Naples. Il lui cédera également les Espagnes l'année suivante et la Franche-Comté au seuil de la mort. Notons encore, que, par une série de conventions avec son frère Ferdinand, il avait cédé, dès les années 1550, les duchés autrichiens à ce dernier. Fort de cette base germanique, c'est également Ferdinand qui héritera de la couronne impériale à la mort de son frère.

 

La Belgique (période française : 1794-1815)

 

En 1792, les Pays-Bas autrichiens et la principauté de Liège sont envahis par les troupes républicaines françaises. L'année suivante, ces territoires sont reconquis par les Autrichiens. Une nouvelle campagne militaire française repousse définitivement l'armée autrichienne. Les territoires annexés sont soumis aux mêmes lois et institutions républicaines qu'en France.

Lorsque Napoléon s'empare du pouvoir (coup d'état de 1799), la Belgique est intégrée dans l'empire français. L'empereur met en place un nouveau cadre juridique de droit civil : le code Napoléon. Ce code servira de modèle au futur code civil belge. Durant la période française, la révolution industrielle gagne nos régions. Depuis la Grande-Bretagne, des machines à vapeur sont introduites clandestinement en Belgique. Les usines se construisent, parfois avec l'aide d'immigrés britanniques. La Wallonie devient la région la plus industrialisée du continent européen. Gand est quant à elle la seule ville industrielle de Flandre. Le port d'Anvers tire profit de l'occupation française, grâce à la levée du blocus néerlandais. Le gouvernement français instaure le service militaire obligatoire. De nombreux Belges sont enrôlés, contre leur gré, dans les armées impériales. Sous le régime napoléonien, la liberté politique est inexistante. En Flandre, l'usage de la langue néerlandaise est réprimé et les publications dans cette langue sont interdites. En 1815, la défaite de Napoléon à Waterloo met fin au régime français.

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:15

La peste noire : 1347-1352

 

Transmise à l'homme, par l'entremise de la puce du rat, la peste noire est une pandémie de peste bubonique, causée par la bactérie Yersinia pestis, qui a touché la population européenne entre 1347 et 1352. Elle n'est ni la première, ni la dernière épidémie de ce type, mais elle est la seule à porter ce nom. D'autre part, elle est la première pandémie de l'Histoire à avoir été précisément décrite par les chroniqueurs de l'époque.

On estime que la peste noire a tué entre 30 et 50 %, selon les régions, de la population européenne en cinq ans, faisant ainsi environ vingt-cinq millions de victimes ; presqu'autant que la grippe espagnole de 1918.

Cette épidémie eut des conséquences durables sur la civilisation européenne, d'autant qu'après cette première vague, la maladie refit régulièrement son apparition dans les différents pays touchés. Ainsi : entre 1353 et 1355, en France, et, entre 1360 et 1369 en Angleterre, notamment.

En France, de 1340 à 1440, la population décrut de 17 à 10 millions d'habitants ; ces chiffres représentant une diminution globale de 41 %. Pour illustrer ce fait... Le registre paroissial de Givry, en Saône-et-Loire, l'un des plus précis, montre que pour environ 1.500 habitants, on a procédé à 649 inhumations en 1348, dont 630 de juin à septembre, alors que cette paroisse comptait habituellement environ 40 ensevelissements annuels (taux de mortalité équivalent à 40,6 %).

 

Conséquences…

 

Ces résurgences de la peste furent durement ressenties ; la peur qu'elles éveillèrent fut sans doute plus vive, que lors de la première attaque. Le mal, ou son spectre, se transforma en inquiétude permanente au sein des populations. Surtout, elles empêchèrent, par leur répétition, toute reprise démographique. De sorte, elles inclinèrent vers un abaissement progressif l'évolution démographique européenne. Ce faisant, la maladie devint moins meurtrière, tandis que l'organisme humain s‘accoutumait à se défendre contre ses effets. En Angleterre, où les études statistiques ont été les plus poussées, on constate un taux de mortalité décroissant et régulier au cours du XIVe siècle, et ce, à chaque retour de l'épidémie.

Notons que son retour, en 1360, fut presque aussi destructeur que l'attaque l'ayant précédée. La maladie avait alors spécialement frappé la tranche d'âge des enfants, ce qui hypothéqua d'avantage les chances d'avenir. La peste noire n'est certes pas à l'origine d'une régression démographique dont on constate les effets évidents avant son apparition ; toutefois, elle a considérablement accentué son empreinte. Sans ce mal, l'Europe n'aurait pas dû faire face à un fléau la rendant deux fois moins peuplée en 1400… qu'un siècle auparavant...

L'épidémie est tenue pour un facteur prépondérant dans ce que sera le frein de l'essor économique de la fin du Moyen-Age.

En premier lieu, la maladie provoquera une crise majeure en terme de main-d'œuvre (avec le déclenchement des premières grèves...), dont ont souffert les exploitants des grands domaines, mais aussi les entrepreneurs aux commandes des secteurs de la production artisanale.

Cette crise brutale et généralisée déterminera un désordre au niveau des salaires. Situation à laquelle les souverains essayeront en vain de remédier par des édits sensés ramener les gages à leur niveau d'avant le déclenchement de la pandémie. Vaines seront donc les tentatives.

L'élévation des frais d'embauche, conjugués à la diminution du nombre de sujets susceptibles d'être mis au travail, a porté un sérieux coup aux seigneuries rurales et a, ainsi, précipité leur perte.

Améliorant la situation économique des travailleurs survivants, l'épidémie fut à l'origine d'une "concentration" des patrimoines. La tonalité nouvelle que revêt l'économie européenne après le milieu du XIVe siècle, se caractérise d'une part, par un affaiblissement consécutif à la raréfaction des producteurs et des consommateurs, et, d'autre part, par la hausse du niveau de vie, particulièrement sensible aux différentes strates de la société.

 

Répercussions sociales et psychologiques sur les populations européennes...

 

L'épidémie du milieu des années 1300 eut des répercussions sur toutes les structures de la société moyenâgeuse. L'ignorance des causes, l'impuissance des médecins, face au mal, la rapidité de la propagation et la terreur devant ce fléau provoquèrent différentes réactions individuelles et collectives :

- la fuite (migration), parfois en étant porteur des germes de la maladie, et, de ce fait vecteur "actif" de sa propagation ;

- des parents, des enfants abandonnèrent tout simplement en leurs propres domiciles les membres de leur famille, malades, isolés ainsi à leur triste sort ;

- errance, vagabondage, et, en ce compris la criminalité se développèrent de manière incontrôlée ;

- la ferveur religieuse : les individus virent dans l'épidémie une manifestation de la colère divine. De ce fait, ils cherchèrent à l'apaiser, organisant des pèlerinages. C'est ainsi qu'en 1350, plus d'un million de pèlerins se rendirent à Rome ; la majorité périrent d'ailleurs en chemin. Des rites de pénitence collective, comme les processions de flagellants se développèrent ;

- les antagonismes sociaux : les inégalités sociales se trouvèrent dans certains cas très marquées ; les plus aisés pouvant organiser leur exode, loin des grandes villes ou des foyers de contamination (à ce propos : voir l'ouvrage Le Décameron de Boccace ; recueil de cent nouvelles écrites en italien et non en latin…) ;

- débauche et luxure furent pour certains la manière de profiter, une dernière fois, des "plaisirs de la vie" ;

- les antagonismes religieux... Les juifs furent désignés comme boucs émissaires. On les accusa de tous les maux, et, particulièrement d'avoir empoisonné puits d'eau, et autres marchandises... C'est à cette occasion qu'on organisa les premiers pogroms en Europe ;

- un sentiment de peur et d'insécurité se développa dans la population, face à la brutalité de la mort et l'incompréhension de ses causes ;

- un bouleversement social : dans certains villages et villes, de nombreuses familles furent complètement anéanties.

Remarque : en l'an 1400, l'Europe compte deux fois moins de sujets qu'au début du siècle précédent (an 1300).

Le nombre des décès fut suivi d'une vague de mariages et de naissances. A ce propos l'âge du mariage, relativement élevé antérieurement, fut abaissé, afin de hâter cette reconstruction du patrimoine humain ;

- le domaine artistique, la peinture, surtout, nous a laissé des œuvres caractéristiques telles que les portraits de St-Roch ; personnage dont on dit qu'il survécut à l'épidémie de peste.

Mais encore...

Florence conserve les stigmates de cette lointaine époque. Pour preuve, certaines constructions, pour l'heure toujours inachevés, et, qui attestent de ce que purent engendrer comme ravages les effets de la peste rapportés au domaine bien spécifique de la construction des édifices religieux...

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 13:22

Dans le sud de l’Ukraine, un important cimetière de l’armée française remontant à la guerre de Crimée vient d’être découvert.

Les restes de milliers d’hommes de l’armée de Napoléon III ont été retrouvés sur le site du siège de Sébastopol (1854 -1855). 

 

Des ossements jaunis transparaissent à travers de gros sacs plastiques sur un chantier à Sébastopol, dans le sud de l’Ukraine. « Plusieurs dizaines de dépouilles ont été trouvées et je pense qu’il va y en avoir d’autres car le site est assez vaste », estime Oleksandre Natalitch, un bénévole de l’ONG de recherche historique Dolg (le devoir). Alertés par des habitants, des membres de l’organisation se sont précipités sur le chantier situé en périphérie de cette ville historique des bords de la mer Noire pour examiner les restes humains déterrés lors du creusement des fondations d’un immeuble résidentiel. Des experts ont trouvé dans une des tombes des boutons du 39e régiment d’infanterie de ligne de l’armée française, qui avait participé sous l’Empereur Napoléon III, au siège de Sébastopol pendant la guerre de Crimée.

Cette guerre qui opposa l’empire russe, dont l’Ukraine faisait alors partie, à une coalition menée par la Turquie, la Grande-Bretagne, la France et la Sardaigne, s’acheva par une défaite russe. Les armées britannique et française étaient allées stopper l’expansion de l’Empire russe vers le sud, visant à lui assurer un débouché vers la Méditerranée, sur fond de décadence de l’Empire ottoman. Fondée comme port d’attache de la flotte russe en 1783, pendant le règne de l’impératrice Catherine II de Russie, Sébastopol fait aujourd’hui partie, comme toute la péninsule de Crimée, de l’Ukraine.

Des analyses menées par des médecins légistes ont également confirmé que les restes avaient plus de 100 ans. Enfin, la piste française a été étayée par des documents historiques sur un énorme cantonnement de l’armée française situé dans ce quartier, où des dizaines de milliers d’hommes se trouvaient pendant le siège de cette ville (septembre 1854 – septembre 1855), explique Arkadi Baïbourtski, un responsable du musée de la ville. « L’ensemble de ces données nous permet d’affirmer qu’il s’agit selon toute vraisemblance d’un cimetière hospitalier du contingent français », souligne-t-il. « C’est la première découverte si importante de restes d’Occidentaux ». Les tombes individuelles, creusées à la même profondeur de 0,8 à 1,4 mètre, sont toutes alignées la tête vers l’Occident.

L’âge moyen des défunts, pour la plupart vraisemblablement décédés de maladie, ne dépasse pas 30 ans. Mais les chances de les identifier sont « proches de zéro » faute d’affaires personnelles ou de documents, estime Arkadi Baïbourtski. La guerre de Crimée a été marquée par le nombre élevé de pertes chez les alliés à cause du choléra et d’autres maladies, qui se sont propagées en raison de mauvaises conditions sanitaires et des problèmes d’approvisionnement.

Selon certains historiens, les Français ont ainsi perdu 95 000 hommes, dont 75 000 de maladies. Des diplomates français se sont rendus à Sébastopol début février, selon l’ambassade de France en Ukraine.

Alors que les fouilles sur le chantier continuent, l’inhumation des dépouilles – selon toute vraisemblance dans le cimetière militaire français qui existe par ailleurs à Sébastopol depuis la guerre de Crimée – n’est envisageable que dans quelque mois.

 

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/03/10/les-fantomes-de-crimee

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 16:48

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Le Ross, excellente arme de concours, avait tendance à s'enrayer et à se bloquer dans des conditions de tir rapide. Les Canadiens en eurent la fâcheuse confirmation sous les gaz asphyxiants devant Ypres. En désespoir de cause, plusieurs soldats se débarrassèrent de leur long et lourd Ross pour s'emparer du plus fiable Lee-Enfield s'ils en trouvaient. Peu après, le général Alderson exprima, à Ottawa, le désir de remplacer l'arme fautive. Hughes forma un comité chargé de rétablir la vérité, comité sous la présidence de sir Charles Ross, l'inventeur de l'arme. L'affaire du Ross demeura une pomme de discorde entre le ministre et le commandement militaire.

 

Source : ici

 

D'autres info sur : www.horizon14-18.eu

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 13:07
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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 13:04
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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 12:56

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http://pourquoipas.blogs.lalibre.be/archive/2008/07/22/les-mythes-flamands-1-14-18-la-chair-a-canon-flamande.html

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14-18 Les soldats flamands chair à canon parce qu'ils ne comprenaient pas les ordres des officiers francophones.


Les Faits

Le récit de ces pauvres soldats flamands massivement, atrocement -mais surtout stupidement- tombés au cours de la première guerre mondiale parce que leurs officiers francophones et arrogants ne prenaient même pas la peine d'apprendre le néerlandais est très tenace.
Dans la famille flamande moyenne, ce récit fait aujourd'hui encore partie intégrale de l'imagerie consacrée.


Vrai ou Faux ?

Sophie De Schaepdrijver, historienne à l'Université de Pennsylvanie et auteur du livre « la grande guerre : le royaume Belgique dans la première guerre mondiale », appelle ce type de récit « un mythe purement externe » : « Externe dans le sens où ni dans les journaux des soldats flamands, ni dans les souvenirs qu'ils ont rapportés après la Grande guerre ce récit n'apparait. C'est une construction idéologique qui après la guerre, surtout à partir des années vingt, a été largement diffusée. L'origine précise est difficile à retrouver, mais elle apparait clairement a travers les appels à la revanche (Vlaams-nationalistische, BB/JV) Frontbeweging initiés progressivement après la guerre par les collaborateurs flamands. Le mythe avait été diffusé tellement largement que De Schaepdrijver y a encore cru elle-même, mais sa recherche détaillée n'en a trouvé aucune trace.


Selon ce même mythe, l'armée belge était composée pour 80 pour-cent de Flamands, ce qui a conduit certains à la conclusion revancharde de ce que les francophones ont dû fournir beaucoup moins de chair à canon. De Schaepdrijver nie formellement ce chiffre : « Il est difficile d'estimer le pourcentage précis – c'est en tout cas moins et je l'établirais prudemment à 65 pourcent de Flamands - mais pas 80 pourcent.
Ce récit des 80 pourcent de flamand a été repris par le gouvernement belge. Le Premier ministre pendant la guerre, de Broqueville, a été fier de ce chiffre : c'était un compliment aux Flamands et à la Belgique, car il montrait aussi combien l'Etat belge pouvait compter de loyauté même parmi les Flamands.


Qu'il n'y ait rien de réel dans ce mythe ressort encore plus du fait que tant avant que pendant la guerre beaucoup d'attention a été portée aux questions linguistiques dans l'armée, mais que l'on ne retrouve aucune trace de ce mythe dans les documents militaires : « Biensur la langue française était prédominante, mais les récits relatifs à de la malveillance systématique à l'égard du néerlandais doivent être sérieusement nuancés. On a plutôt fait des efforts systématiques pour remédier à ce genre de chose. Les discussions intenses au sujet des médecins militaires ignorant le Néerlandais ou du nombre excessif de bibliothèques militaires francophones ont bien été documentés.

Quant aux Flamands, abattus parce qu'ils n'avaient pas compris le français parlé par leurs officiers, il n'en est absolument pas fait mention.

En outre la question de savoir si plus d'officiers Néerlandophones aurait changé le cours des choses reste ouverte: « Le taux de mortalité dans l'armée belge a été plus bas que celui des armées unilingues. » 

Pour conclure, citons cet autre  mythe, celui des frères Van Raemdonck, morts en 1917. L'Histoire les a décrits entrant dans la mort enlacés, symbolisant la fraternité et la solidarité flamandes. Ils ont été inhumés dans les années 30 sous la tour de l'Yser, devenue depuis l'emblème du mouvement flamand.
Ils y reposent toujours, même si par la suite, l'un des deux s'est révélé être un caporal wallon..., ce dont on se garde bien d'informer les pélerins qui ont pris pour habitude de s'y réunir chaque année...

 

Précisions : le taux de mortalité a été de 1/50 dans l'armée belge et de 1/6 dans l'armée française...

Remarque : le mythe du patient flamand victime d'erreur médicale parce qu'incompris par des médecins francophones sévit toujours aujourd'hui à propos des soins prodigués dans les hôpitaux bruxellois.
Aucune étude du SPF Santé Publique n'a à ce jour montré un plus grand nombre d'erreurs médicales dans les hôpitaux bruxellois par rapport aux hôpitaux des deux autres régions...

Une des caractéristiques du mythe par rapport à une "simple" rumeur, c'est qu'il persiste dans le temps. Une autre caractéristique, c'est qu'il est réinterprèté dans les contextes sociétaux historiques : de la guerre 14-18 nous sommes à présent passés aux hopitaux bruxellois...

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